vendredi 13 mars 2009

Entre Moscou et Zürich

C'est avec un peu de retard sur mon programme que je reprends les rênes de mon blog. J'ai disparu quelques semaines non pas parce que j'étais en rupture d'idées mais plutôt pour cause de déménagement. Je ne suis plus à Moscou mais à Zürich. Je dois donc avec beaucoup de tristesse laisser le blog plus ou moins dans son état actuel. Il me reste encore quelques articles dans mon tiroir mais je vais certainement créer un nouveau blog sur la Suisse et Zürich en particulier... je remercie en tout cas mes fidèles lecteurs et vous donne rendez-vous prochainement sur la blogosphère helvétique.

vendredi 5 décembre 2008

L'image du jour

Loukoïl vous souhaite une bonne année 2009 et une joyeuse crise!

mardi 2 décembre 2008

Skier toute l'année à Moscou!

Bien que moins spectaculaire qu'à Dubaï, Moscou l'a fait également: offrir aux moscovites la joie de la glisse toute l'année et à l'intérieur! pour plus de renseignements, mais en russe uniquement http://www.snej.com/
Comment y aller:
Depuis la station de métro Touchinskaïa (ligne rose), prendre la sortie "k prigorodnim poezdam". Depuis là repérez les bus au logo "snej.com" à l'avant. Les bus desservent le complexe toutes les heures de 8h30 à 22h30. Pour s'y rendre en voiture aller en direction de Pavchino par la Novorijskoïe Chausse, 3km après le MKAD.
Les horaires: ouvert tous les jours de 10h à minuit. En semaine le tarif est de 150 roubles de l'heure jusqu'à 17 ans, et 300 roubles pour les adultes.

lundi 1 décembre 2008

Conversation au goulag...

" Tu es ici pour quoi, toi?
-Paresse.
- Comment ça, paresse?
- Ben oui, on était trois à boire un soir, on s'est raconté des histoires drôles politiques. Je suis rentré chez moi, et avant de me coucher, je me suis dit qu'il faudrait peut-être aller rapporter tout ça à qui de droit. Mais j'ai eu la flemme, je me suis dit que j'irai le lendemain. Et bien les autres y sont allés le soir même."
L'article 58-12 du code pénal de la RSFSR prévoyait d'ailleurs que l'on pouvait être condamné à six mois pour ne pas avoir dénoncé un crime contre-révolutionnaire.
Tiré du livre d'Amandine Regamey, "Prolétaires de tous pays, excusez-moi!", Ed. Buchet Chastel, Paris 2007.

jeudi 27 novembre 2008

La cathédrale Saint-Nicolas-des-Marins

La cathédrale est un monument de la gloire maritime de la Russie. Élevée dans un quartier autrefois peuplé de marins, l'église a donc été consacrée à Saint-Nicolas, leur patron. Toute bleue, blanche et dorée, elle ressemble par son aspect extérieure au monastère de Smolny. Construite en forme de croix et surmontée de cinq coupoles dorées, elle est peinte en bleue et décorée de 68 colonnes corinthiennes.

La cathédrale réunit deux églises: l'église haute consacrée à l'apparition du Christ ressuscité et l'église basse consacrée à Nicolas, saint patron des marins. Cette église est toujours restée ouverte au culte pendant la période soviétique.


dimanche 23 novembre 2008

L'image du jour


Vendredi 3 octobre 2008, il fait un temps magnifique. Dans le fond la tour stalinienne abritant le ministère des affaires étrangères.

lundi 17 novembre 2008

La galerie Glazounov (peinture)


Située dans une très belle demeure de style Empire, facilement reconnaissable à sa couleur bleue (en face du musée des Beaux-Arts Pouchkine), la galerie expose sur quatre étages les oeuvres soviétiques et post-soviétiques du peintre Ilia Glazounov (né en 1930). Cette exposition est impressionnante et vous pouvez facilement y passer la journée. Glazounov est célèbre pour ses immenses toiles colorées où il représente des centaines de personnages, de lieux et d'événements de l'histoire russe en une gigantesque et unique scène. Son oeuvre la plus connue est "la Russie éternelle".


Adresse: Volkonka Oul.,13. Métro Kropotkinskaïa. Ouvert tous les jours de 11h à 19h sauf les lundis. La caisse ferme à 18h15. http://www.glazunov.ru/
Possibilité de faire des visites guidées sur place mais uniquement en russe ou en anglais. Tél (excursions) 691 86 34.

mercredi 12 novembre 2008

"Arbat, mon Arbat"





Ce n'est pas la première fois que je vous emmène sur la vieille rue Arbat, mais cette fois-ci, j'y ai fait une visite guidée. J'ai donc un peu plus d'informations à vous communiquez. Le temps ce jour-là n'était pas beau, même très pluvieux; voilà pourquoi j'ai décidé de ne pas prendre de photos ce jour-là mais d'y retourner un jour de beau temps pour vous en offrir des moins tristes! c'est chose faite aujourd'hui. Voici donc mon circuit "vieil Arbat" revisité sur les très bons conseils de ma guide et ses anecdotes, que vous ne trouverez pas dans les livres touristiques...




Nous commençons la visite par le côté ouest de la rue, c'est à dire du côté de la station de métro Smolenskaïa du côté du "calzo". Notre point de départ est le ministère des affaires étrangères, l'une des sept tours staliniennes qui dominent la ville et lui donnent ses points de repères. Cette tour-ci fut la première à être achevée du vivant de Staline. Et le fait que se soit celle-ci n'est pas le fruit du hasard. En effet, Staline se rendait quotidiennement au Kremlin depuis sa datcha, et le chemin le plus direct passait à l'époque par la vieille rue Arbat qui était ouverte à la circulation (rue piétonne depuis 1986). Par conséquent, il contrôlait chaque jour depuis sa voiture l'avancée des travaux. S'il y a bien une des tours qui devait être terminée en premier c'était bien évidemment celle-ci. Staline, mort en 1953 n'aura alors vu que deux tours de son vivant: la tour qui abrite le ministère des affaires étrangères, et la tour du quai des chaudronniers, communément appelée par les étrangers "la maison Haute".




Pour information, le Mac Donald de la rue Arbat fut le second de Russie. Le premier, ouvert en 1992 se situe non loin de la place Pouchkine. Ce fut alors, comme le rappelle ma guide, un choc culturel immense pour tous les russes mais un choc typiquement russe que l'occidental par définition ne peut pas comprendre. Les clients étaient accueillis à l'entrée par des "bonjour", et le service était si rapide que nos russes post-soviétiques en étaient tout déboussolés... Mc Donald était devenu le symbole d'un grand changement culturel, et les gens peu coutumier de ce type de service "occidental" s'y rendaient tirés à quatre épingles! il n'était pas rare d'y croiser des amoureux y dîner en tête à tête. Cette usine à hamburgers était devenue, pour un temps et pour tous ces anciens citoyens soviétiques the place to be.




En continuant votre chemin, vous remarquerez cette jolie maison bleue turquoise, faisant face à une célèbre statue du sculpteur Alexandre Boulgakov, datant de 1999. Il s'agit d'une statue représentant Pouchkine et sa femme Nathalie. L'endroit ne fut pas choisi au hasard, puisque c'est dans cette maison que le jeune couple fraîchement marié (Nathalie était moscovite), habita en 1829 après leur mariage. Ils y passèrent une longue lune de miel de quelques mois qui se solda par un déménagement précipité. En effet, Pouchkine, connu surtout pour sa grande poésie et son roman en vers avait plusieurs vices dont le jeu, où malheureusement il perdit beaucoup. Faute d'argent il quitta ladite maison et s'en repartit pour Saint-Pétersbourg. Par la suite la maison fut occupée par le non moins célèbre Modeste Tchaikovski, le frère de l'illustre compositeur Piotr Tchaikovski. Ce-dernier y passa même un Noël. Par la suite, comme il se devait, la maison fut transformée en plusieurs appartements communautaires dans les années soixante. À la fin de la période soviétique, et après une bonne rénovation, la maison se transforma en musée littéraire Pouchkine. Les nostalgiques seront très déçus car il s'agit de la seule maison dans laquelle Pouchkine n'a malheureusement écrit aucun livre!







Pouchkine, grand séducteur, croisa et fit chavirer le coeur et la vie de nombreuses femmes. L'une d'entre elles, Ekaterina Ouchakova, habita la maison située non loin de là, sur le côté gauche, au numéro 42 (photo ci-dessous). Très éprise de l'écrivain, elle vécut très mal son mariage avec Nathalie, et ne décida de se marier à son tour qu'après le décès de Pouchkine, donc bien des années plus tard. Ekaterina était la petite fille du général Alexandre Souvorov, qui prit en 1799 le commandement en chef des armées austro-russes.



Quelques années plus tard, en 1812, c'est par la Vieille rue Arbat que Napoléon entra dans Moscou, puis s'installa quelques jours au Kremlin, avant de battre retraite dans une ville en flammes.







Un peu plus loin sur votre droite, se trouve la statue de Boulat Okoudjava, un chansonnier soviétique d'origine géorgienne très populaire en Russie. Il est devenu populaire car ses chansons exprimaient l'horreur de la guerre, l'observation de la société soviétique. Elles étaient simples et parlaient de la vie de tous les jours. On quittait avec lui les discours de propagande récurants de l'époque et les chanssons formatées de toute pièce. Il fut d'ailleurs très proche de Vladimir Vissotski (mari de Marina Vlady), pour qui il composa une chanson d'adieu après son décès par crise cardiaque, durant les jeux olympiques de Moscou en 1980. Boulat Okoudjava composa entre autres la très célèbre chanson "Arbat, mon Arbat". Ceci explique le titre de mon billet...






Nous laissons Boulat dans ses pensées pour se faufiler sous un arche, traverser une cour, puis une autre avant d'arriver devant "la maison coupe". Dans les guides touristiques, elle peut être mentionnée sous le nom de "maison Melnikov". Je vous avoue que toute seule je ne l'aurais jamais trouvée! sa forme particulière, ressemblant à un cylindre est unique, et est l'oeuvre de l'architecte Melnikov, très connu dans les années 20 pour son architecture constructiviste. Moi qui trouve l'idée très spéciale, j'imagine qu'à l'époque elle n'a pas du être perçue autrement par les habitants. En tout cas elle a plu à Staline puisqu'il lui donna l'autorisation d'y séjourner jusqu'à sa mort. Melnikov fut alors l'un des rares moscovites autorisés à vivre dans une résidence privée. La maison ne se visite pas, car elle est toujours habitée et appartient toujours à des descendants de l'architecte.












Revenons sur nos pas, et prenons la ruelle Spassopieskovski, un peu plus loin sur votre droite. Je ne l'avais jamais vue, et pourtant j'en ai fait des allers et retour sur Arbat. C'est typiquement Moscou, il ne faut pas hésiter à s'engager dans toutes les ruelles, vous avez de forte chance d'y trouver des trésors!



Notre trésor est un petit square bordé par une charmante église (l'église du Sauveur-sur-les-Sables), et de jolies demeures de style néoclassique. Un joli petit décor paisible, sachant qu'à deux pas se trouve la bruyante et horrible rue Novi Arbat!




À l'autre bout du square, au numéro 10, se trouve l'hôtel Vtorov qui est aujourd'hui la résidence de l'ambassadeur des Etats-Unis. Vous remarquerez que la rotonde ornée de colonnes ioniennes nous fait tout de suite penser à une petite version de la Maison Blanche, quel joli fruit du hasard.



Au numéro 8 de la même rue, la résidence de l'ambassadeur d'Espagne est presque mitoyenne à son homologue américain. Vous ne me croirez peut être pas (moi même j'avais un doute et suis allée y regarder de plus près), mais la maison datant de 1820 est en bois. Il s'agit d'une maison typiquement russe construite après l'incendie de Moscou. Les colonnes en tout cas sonnent creux!





Dans le square, nous retrouvons une jolie statue de notre poète Alexandre Pouchkine. Nous quittons ce bel endroit pour retourner sur Arbat et son animation.






Au numéro 37, la longue maison jaune fichue d'une porte en bois en son milieu, est la plus ancienne maison de la rue ayant survécu à l'incendie de 1812.








En continuant, un peu plus loin à droite, vous tomberez sur l'un des rares murs de barbouilles de la ville. Depuis que j'habite à Moscou je n'ai du voir que deux tags par ci par là, et je peux vous dire que venant de Suisse, pays réputé pour sa propreté légendaire j'en ai pris un coup. Ce mur de graffitis est appelé le mur de Vitertsoï, du nom d'un groupe de rock populaire du temps de Brejnev, qui revendiquait le changement. Aujourd'hui, les jeunes s'y regroupent, chantent, boivent, griffonnent, s'exaltent, en deux mots s'amusent.





Un peu plus loin, toujours sur Arbat, se trouve une statue scintillante de toute sa couleur dorée; il s'agit de la princesse Turandot, dont Puccini adapta l'intrigue dans son célèbre opéra du même nom.




Juste en face de la statue, se trouve "la maison centrale des acteurs", un tristounet bâtiment gris construit dans le style néo gothique. Si vous levez la tête vous apercevrez deux chevaliers en armures. Construite sous le régime soviétique, elle abritait à cette époque des appartements privatifs qui comptaient parmi les plus beaux de la ville. Ces locataires privilégiés ont cependant connus le même sort que la plupart des aparatchiks habitant dans la fameuse maison sur le quai, puisque de nombreuses arrestations y ont eu lieu.






Je termine ma petite ballade par une jolie maison en bois située au début de la rue Starokoniouchenni, au numéro 6. Impossible de la rater puisqu'elle est tout en bois et de style néo russe. Elle appartenait à une très riche famille, propriétaire de fabriques textiles situées à Yvanovo, une ville industrielle située au nord de Souzdal. Le caveau de cette famille dont j'ai oublié le nom, se situe dans l'enceinte du monastère Novodievitchi, en face de l'entrée de la cathédrale de Smolensk.






vendredi 7 novembre 2008

Le monastère Novodievitchi

Et oui, ce n'est pas la première fois que vous avez du apercevoir des photos du monastère sur le blog. Et bien je ne m'en lasse pas, il suffit qu'il fasse beau pour que je prenne quelques photos. Cette fois-ci j'ai fait une autre visite guidée, donc vous y trouverez d'autres informations qui vous donneront peut-être envie d'y jeter un oeil!


Le monastère Novodievitchi (nouveau couvent des jeunes nonnes) est, comme le Kremlin, une ville dans la ville. À l'origine, il est une des parties des grandes fortifications élevées sur ordre du prince Dmitri Donskoï (XIV ème siècle). Au sud du Kremlin, ce chapelet de monastères fortifiés (monastère Danilovski, monastère Donskoï etc...) constituait l'avant-garde militaire de Moscou contre les invasions mongols. Rien ne subsiste de ces très anciens édifices. L'actuel Novodievitchi date de 1524. Il s'agit d'un des plus beaux sites de Moscou, et aujourd'hui un véritable havre de paix dans cette immense Moscou qui déborde bien au-delà de ses murailles.



Dans un registre un peu plus "excitant", le monastère est un des hauts lieux de l'histoire russe. C'est ici que la princesse Sophie paya sa trahison envers son frère Pierre (futur Pierre le Grand).


photo: la cathédrale Notre-Dame-de-Smolensk




Boris Godounov, assassin de l'héritier légitime du trône, Dimitri, fils d'Ivan le Terrible, s'y réfugia en 1598 en compagnie de sa soeur Irène, au lendemain de la mort du tsar Feodor I dont il était le Régent. Les boïars (nobles) de Moscou lui demandèrent d'accepter la couronne et le proclamèrent tsar. C'est ainsi que commença le terrible "Temps des Troubles" et les aventures des faux Dimitri, au cours duquel, en 1610, des combats eurent lieu à Novodievitchi contre l'envahisseur lituanien et polonais (c'est pas tout simple!). Mais la plus sinistre part d'histoire vécue entre ces murs est le châtiment de Sophie Alexeïevna après la révolte des streltsy*.




Nommée régente à la mort de son père le tsar Alexis I Romanov, Sophie soutint l'idiot Ivan V au détriment de son demi-frère cadet Pierre (futur Pierre le Grand). Mais Pierre, les yeux enfin ouverts sur la trahison des streltsy et sur celle de la régente, se vengea cruellement. Assignée à résidence à Novodievitchi, Sophie eut droit à une nuit d'horreur suivie d'un long cauchemar. Les quatre chefs de la révolte furent pendus à la hauteur de la pièce où elle était enfermée. Pierre ordonna que les corps se balancent jusqu'à la rupture des chairs pourries. Sophie ne s'en remis pas, prit le voile et mourut cloîtrée. Elle est enterrée dans la cathédrale de Smolensk, à côté de la tombe d'Eudoxie, la première femme de Pierre le Grand. Cette dernière, fille de Vieux Croyants opposés aux réformes de son mari, trahit aussi le tsar qui la poursuivit de sa haine.


photo: le grand clocher de la cathédrale


La cathédrale Notre-Dame-de-Smolensk est l'église principale du monastère. L'ensemble de la cathédrale est décoré de fresque datant du XVIème siècle. Même au Kremlin il n'en reste que des fragments, c'est dire son intérêt immense. L'iconostase splendide est en bois sculpté. Elle est dite "classique" car elle comporte cinq rangées. Les églises de Russie portent toujours le nom de l'icône la plus importante de l'iconostase (elle est toujours située dans le premier rang, à gauche de la porte Sainte), qui est dans ce cas l'icône Notre-Dame-de-Smolensk, datant du XVI ème siècle. La Russie a toujours énormément vénéré la Vierge, c'est ainsi qu'on appelle souvent la Russie "le pays de la Vierge". L'icône la plus connue est celle de la Vierge de Vladimir, vous avez certainement du en entendre parler. L'originale se trouve dans l'église de l'ancienne galerie Tretiakov de Moscou, mais de nombreuses copies ornent les édifices religieux du pays.



photo: l'iconostase de la cathédrale Notre-Dame-de-Smolensk


À l'époque il fallait débourser 1000 roubles pour pouvoir être enterré dans l'enceinte du monastère. C'était une somme énorme. Durant l'époque soviétique de nombreuses tombes ont été détruites. Seuls les gens bien vus par le régime se sont vus épargnés. Voilà pourquoi il reste encore les tombes de quelques généraux et nobles qui ont fait la guerre contre Napoléon. Quant aux nonnes, elles y ont été enterrées à partir du XVIème siècle mais seules deux tombes (les deux tombes blanches contre la cathédrale de Smolensk), ont été préservées.


photo: Le caveau de la famille Prokhorov (aucun lien avec le golden boy qui a fait parlé de lui à Courchevel), ancienne famille qui était connue dans l'industrie du textile en Russie.

photo: plan de l'iconostase (c'est l'une des rares églises dans laquelle on peut y trouver un plan de l'iconostase)


Incoutournable: Dans le monastère se trouve une exposition permanente consacrée à l'histoire des églises russes. Très riche exposition avec des fresques provenants de diverses églises de Russie...


Adresse: Novodievitchi Proïezd, 1. Métro: Sportivnaïa. Bus: 64 ou 132. Trolleybus: 5 ou 15. Ouvert de 10h à 17h. Fermé le mardi. Pour connaître les expositions du musée: www.museum.ru/M337



* streltsy est le nom de la troupe de soldats d'élite fondée par Ivan le Terrible. Leur charge était hériditaire, et ils ne tardèrent pas à se considérer comme un Etat au sein du Kremlin.

dimanche 2 novembre 2008

Les plus belles stations du métro de Moscou

Un premier projet de métropolitain fut déjà soumis à la Douma en 1902. Il ne fut pas adopté de crainte que le passage des trains à faible profondeur n'ébranle cathédrales et églises. Lorsque la population de Moscou s'accrut fortement dans les années suivant la révolution, le métro devint une nécessité. Lorsque commencèrent les premiers travaux en 1931, les techniques de l'époque autorisaient un percement à grande profondeur (à ce sujet il est très intéressant de visiter le musée de la construction du métro situé dans la station "Sportivnaïa").En 1935, treize stations étaient inaugurées. Aujourd'hui, ses trains commandés automatiquement par ordinateur transportent plus de neuf millions de passagers quotidiennement! Ses stations ont chacune leur propre personnalité et ressemblent à des galeries de château décorées d'une façon parfois excessive. Les stations les plus récentes sont très modernes. L'amélioration du réseau et l'allongement des lignes permet de relier la banlieue qui prend chaque jour un peu plus de terrain.


photo: photo prise dans le musée de la construction du métro. La foule en liesse brandit des pancartes au lendemain de l'inauguration des premières stations "Il y a un métro"


La majorité des belles stations du métro se trouvent tout au long de la ligne circulaire, mais on peut dire que toutes les anciennes stations du centre ont un intérêt architectural intéressant. Il faut savoir que le métro moscovite se voulait une vitrine du régime soviétique, et bien que sa construction ait été, comme tous les grands ouvrages, construit au péril de la vie d'innombrables personnes, ce métro est encore aujourd'hui le plus beau, le plus rapide, le plus fréquenté et le moins dangereux du monde!



photo: métro Komsomolskaïa (ligne circulaire)


À mon avis, l'une des plus belles stations du métro moscovite, avec la station Arbatskaïa et Plochad Revolioutsi. Elle est vaste, grandiose et très lumineuse. Les nombreuses colonnes de marbre et les chandeliers recréent l'ambiance d'une immense salle de bal. Ses neuf panneaux en mosaïque de 12 m2 chacun relatent les grandes victoires russes.



photo: station "Plochad Revolioutsi", ligne bleue foncée



Située en plein centre de Moscou, vous pouvez facilement y jeter un coup d'oeil si vous vous promenez du côté de la place Rouge, de la place du Manège ou de la place de la Révolution. La station est composée de 76 (le nombre de statues varie selon les sources) statues de bronze. Toutes ces statues racontent d'un bout à l'autre de la station l'histoire du socialisme et de la création d'une société nouvelle. Il faut comprendre l'histoire en partant des statues représentant les soldats tout en marchant jusqu'à l'autre bout de la station: Les soldats font la révolution, combattent l'Ancien régime, puis viennent les bâtisseurs d'une société nouvelle (statues représentants les artisans...), et les différents représentants de cette nouvelle société (gymnastes, écoliers etc...).


photo: statue de bronze de la station "Ploshad Revolioutsi", ligne bleue foncée



photo: station Kievskaïa

photo: vitrail de la station de métro Novoslobodskaïa (ligne circulaire)


Cette station est la seule qui soit composée de vitraux. La diversité des couleurs rend la station chaleureuse. Six d'entre eux comprennent un écusson circulaire représentant un métier artistique.


photo: métro Novoslobodskaïa

photo: métro Bieloruskaïa (ligne circulaire)

photo: métro Kievskaïa et grand tableau de la période soviétiquetrois stations portent le nom Kievskaïa et deux d'entre elles sont particulièrement belles)


Trois stations portent le nom "Kievskaïa", deux sont particulièrement belles (ligne brune et ligne bleue foncée), mais ma préférée est peut être cette dernière. Elle se compose de différents "tableaux" représentant la vie des ukrainiens dans les années 30. Belle propagande soviétique qui montre des paysans jouflus et heureux, alors qu'au début des années 30 sévit une forte famine qui fera des millions de morts.




photo: métro Kievskaïa (ligne circulaire)

photo: métro Kievskaïa (ligne circulaire) et ses nombreux "tableaux" représentants l'amitié russo-ukrainienne.



Toutes les photos à l'intérieur du métro ont été prises par Caroline Guillois

mardi 28 octobre 2008

Ne bavarde pas!



"Ne bavarde pas", intime sur une célèbre affiche de 1954 une femme au visage sévère, un doigt sur la bouche, "sois vigilant, de nos jours les murs ont des oreilles. Il n'y a pas loin des bavardages et des commérages à la trahison".


Cette crainte que toute parole imprudente puisse être utilisée par les ennemis de l'URSS renvoie à la tendance de la société soviétique des années trente à voir partout des espions, des saboteurs ou des agents des puissances étrangères. Toute parole qui n'est pas soigneusement pesée est une imprudence, car sérieusement ou non, "Bavarder, c'est aider l'ennemi".


Tiré du livre d'Amandine Regamey, "Prolétaires de tous pays, excusez-moi!", Ed. Buchet Chastel, Paris 2007.

jeudi 23 octobre 2008

La maisonnette de Pierre le Grand



Une halte devant la maisonnette de Pierre le Grand fait partie du circuit touristique si vous demandez à un taxi de vous faire un tour de ville de Saint-Pétersbourg. Située non loin de la forteresse Pierre-et-Paul, "Domik Petra Piervovo" fut la première habitation digne de ce nom sur le territoire de la future ville en construction. Afin de surveiller les travaux de la forteresse, qui fut le pemier grand ouvrage de la ville, le tsar avait installé ses quartiers dans une très modeste cabane en bois.


Voilà tout le paradoxe de cet homme. Il est motivé par des projets grandioses et ambitieux mais en même temps il est capable d'une très grande simplicité naturelle. Il était d'ailleurs un homme aux intérêts très variés, et était très doué pour les métiers manuels (menuiserie etc...), c'est d'ailleurs lui qui a construit le petit voilier derrière la maison. Bref, cette maison fut la première habitation de la ville, construite dit-on en trois jours. Par la suite elle a été conservée à l'abri d'un bâtiment en briques rouges.

samedi 18 octobre 2008

Sotheby's: la plus grande exposition avant-vente jamais tenue en Russie!


"Portrait d'un indien américain" (1976) d'Andy Warhol. Propriété d'un collectionneur privé. Estimation $1,500,000-$2,000.000

Sur les conseils d'une amie, je pars voir l'exposition avant vente de Sotheby's qui a lieu en ce moment à Moscou. C'est la première fois qu'un événement d'une telle ampleur à lieu en Russie, et je me dis que ça vaut le coup de se rincer un oeil, et de voir certaines oeuvres classiques et contemporaines estimées, pour certaines, entre 40 et 50 millions de dollars. Bien évidemment l'estimation n'est un prix de départ!

"Still Life #58, 1969-1972, de Tom Wesselmann. Estimation $3,500,000-$4,500,000

Ça tombe bien car aujourd'hui le temps couvert ne donne pas envie de passer des heures dehors. J'arrive au 10 Gogolevski Boulvar, dans une des annexes du Musée d'art moderne de Moscou. Les gens entrent et sortent, je me dis que cette exposition de trois jours attire les foules. Je présente mon passeport à l'entrée, et hop je me retrouve dans les salles d'expo. Entre vous et moi je n'y connais pas vraiment grand chose dans le marché de l'art, mais j'ai quand même de la peine à comprendre pourquoi certains tableaux contemporains se vendent à de tels prix. Certes, les connaisseurs diront que c'est de l'art abstrait, et quand partant de là il suffit d'imaginer, d'interpréter comme on l'entend etc.... Et attention évitez parfois de dire que vous n'aimez pas, car on vous dira que vous n'avez rien compris. Je pense que certains artistes se sont bien éclatés devant leur toile et qu'ils sont aujourd'hui ravis de les voir partir à des prix exorbitants (je serai aussi contente qu'eux). Je pense tout de même que nos Monet, Manet, Degas et autres doivent se retourner dans leur tombe...

"Interior with Red Wall", 1991 de Roy Lichtenstein. Propriété d'un collectionneur privé. Estimation: $8,000,000-$10,000,000
Heureusement pour moi, l'exposition Sotheby's qui est une pré-vente des oeuvres sélectionnées, en vue des enchères qui auront lieu à New York et Londres en novembre, est dans l'ensemble plutôt sympa. Et puis pour vous donnez une idée de certaines estimations (c'est le plus intéressant), on peut voir notamment: la "Danseuse au repos" d'Edgar Degas (mis en vente au prix de 40 millions de dollars), le célèbre "Arlequin" de Pablo Picasso (30 millions), le "Portrait d'un homme assis" d'Amadeo Modigliani (18 à 25 millions), ainsi que le "Vampire" d'Edvard Munch (plus de 35 millions). Du doux délire...


"Eva Mudocci (after Munch), 1984, d'Andy Warhol. Propriété d'une collection privée européenne. Estimation: $1,500,000-$2,000,000

Que ce type d'exposition ait lieu à Moscou n'a rien d'étrange, puisque le pouvoir d'achat de certains moscovites en ferait pâlir plus d'un. La vente de toiles et d'objets de grande valeur a pris un essor particulier en Russie ces dernières années et ne cesse d'augmenter. Et puis il y a aussi les artistes russes qui vendent de plus en plus chez eux mais surtout à l'étranger. Pour vous donnez une idée, En 2005, l'art russe figurait en sixième position du classement des ventes de Sotheby's, après les impressionnistes, l'art moderne, les anciens maîtres, l'orfèvrerie et l'art chinois, contre la 26e position en 2003 et la 12e en 2004.

Toutes les photos ont été prises à l'exposition

mardi 14 octobre 2008

La cathédrale de Smolny



Rastrelli (et oui! toujours le même), le plus russe de tous les architectes italiens, qui mit tout son talent au service de la tsarine Elisabeth, commença la construction du couvent Smolny en 1748, mais il ne termina pas son oeuvre. L'impératrice désirait cette demeure pour y terminer sa vie mais elle mourut trop jeune, à l'âge de 52 ans. Cette intention orienta alors les idées de l'architecte vers la réalisation d'un palais religieux. Cependant le projet initial et grandiose baroque de Rastrelli n'a jamais vu le jour. En effet, bien qu'Elisabeth I soit une ardente adepte du baroque, ce ne fut pas le cas de Catherine II qui y préférait le classicisme. Elle congédia alors Rastrelli et le fit achever par Stasov.


Catherine II, malgré son aversion pour le baroque, installa à Smolny un institut d'éducation pour jeunes filles de la noblesse. Cette école allait environ cent cinquante ans plus tard connaître un destin moins douillet.



Le 4 août 1917, le bâtiment déserté par les demoiselles en vacances fut envahi par une troupe d'hommes: le Soviet des députés ouvriers et soldats de Petrograd s'installait chez les pensionnaires. En quelques jours, l'Institut devint le coeur de la Révolution, le centre où aboutissaient les ordres du jour de Lénine. C'est de là que partaient les détachements armés vers le palais d'Hiver, où le gouvernement provisoire vivait ses dernières heures...

dimanche 12 octobre 2008

Kremlin Cup 2008 - Finale

Finale homme Marat Safin (RUS) et Igor Kunitsin (RUS)




Igor Kunitsin

Marat Safin



Igor Kunitsin remporte le match


Intermède musical

Elena Jankovic (SRB) et Vera Zvonareva (RUS)

Elena Jankovic (SRB) et Vera Zvonareva (RUS)

La mère d'Elena Jankovic, son entraineur (casquette bleue) et son père

Elena Jankovic (numéro 1 mondiale) remporte la finale simple dame de la Kremlin Cup 2008



Beauté des mains!

"PALCHIKI"

Au détour d'une rue, par le plus grand des hasards, je suis tombée sur une vitrine très "juicy" qui me rappelait un peu les dégradés de couleurs à la Paul Smith. J'y suis entrée et c'est un salon de beauté qui ne fait que les manucures et pedicures. Je n'ai pas encore testé mais les prix sont très corrects...reste à voir si le travail est bien fait! suite au prochain numéro. Il y a plusieurs adresses à Moscou mais le site internet n'est qu'en russe.
м. Тверская Б.Палашевский пер., д. 14/7. Тел.: (495) 699-35-93 .Часы работы: с 0800 до 2400
Métro: Tverskaïa. Bol, Palachevskii oul. 14/7, Tél: (495) 699-35-93. Ouvert tous les jours de 8h à 24h.

samedi 11 octobre 2008

Kremlin Cup 2008 - les demi finales


Fabrice Santoro (FRA)

Elena Jankovic (SRB)

Dinara Safina (RUS)

vendredi 10 octobre 2008

Sotheby's: la plus grande exposition avant-vente jamais tenue en Russie

La maison Sotheby's organisera du 16 au 19 octobre à Moscou la plus grande présentation en Russie d'oeuvres d'art sélectionnées pour les ventes aux enchères qui auront lieu cet automne à Londres et à New York. L'exposition est ouverte au public. 10, Gogolevski Boul.
Ria Novosti du 7 octobre

mercredi 8 octobre 2008

Kremlin Cup 2008



Mardi 7 octobre - rencontre Marat Safin (RUS) et Noam Okun (ISR)


Noam Okun

Marat Safin



Mardi 7 octobre - rencontre Nicolas Davidenko (RUS) et Florent Serra (FRA)

Nicolas Davidenko

Florent Serra

Mardi 7 octobre - rencontre Venus William (USA) et Flavia Pennetta (ITA)
Flavia Pennetta

Venus Williams



Yuri Schukin (KAZ) au lendemain de son match perdu contre Fabrice Santoro (FRA)

mardi 7 octobre 2008

Week-end automnal


L'arrivée de l'automne est synonyme pour les moscovites d'une prochaine période qui n'est pas des plus agréables. Je ne pense pas à un grand froid sec continental, comme cela devrait être le cas; avec beaucoup de neige et un beau ciel bleu, comme il était coutume d'en avoir il y a encore quelques années. Les hivers moscovites ont bien changés ces derniers temps. C'est une période de l'année qui s'est adoucie, la neige arrive tardivement, et elle ne tient vraiment qu'à partir du mois de janvier. Ces deux dernières années, il n'y avait pas un flocon de neige dans les rues de Moscou avant le 10 janvier; et puis quand elle arrive enfin, les températures sont trop douces. La neige ne tient que quelques jours puis se transforme d'abord en une gadoue brunâtre puis en une eau tout aussi sale, qui s'agglutinent dans les innombrables trous qui ornent les chaussées et les trottoirs. Le temps est couvert et une épaisse couche nuageuse nous tombe sur la tête et ne semble plus vouloir laisser place au ciel. L'hiver semble alors terriblement long et dur pour les expatriés et les moscovites! Certains choisiront alors l'option luminothérapie, ce n'est pas vraiment mon truc, je suis plutôt du genre à illuminer mon appartement de dizaines de bougies; ça à le mérite, d'éclairer, de réchauffer et de créer une atmosphère festive qui met du baume au coeur...



Lorsqu'on a pas de chance, ce temps peut durer jusqu'au mois de mai. On a d'ailleurs coutume de dire ici que le printemps n'arrive que le 1er mai. Une paire de bottes ne dure alors que deux mois, la neige et la glace se transforment vite en une espèce de gadoue mouillée, et les voitures qui roulent sur des routes qui ne sont pas toujours aussi plates que les nôtres nous éclaboussent sans vergogne. Les chaussées défoncées sont notre pire ennemi jusqu'au printemps. Il m'est bien arrivé deux ou trois fois d'arriver au théâtre à moitié trempée parce que je n'avais pas pris garde de longer les murs des immeubles! On ne m'y reprendra pas...



Sinon dans un registre un peu plus atypique, c'est à Moscou, où les filles sont connues pour rester élégantes et féminines malgré les épreuves du temps que j'ai remarqué quelque chose de rigolo. Enfin disons que j'étais très moqueuse lorsque je voyais ses filles aux jambes qui n'en finissaient plus se balader sur la glace avec des talons aiguilles. C'est une image que les étrangers (ères) ont du mal à comprendre. Je me disais à quoi bon se dandiner avec des talons de 10 cm, voir plus, dans la neige et sur la glace alors qu'on pourrait opter pour une tenue plus confortable et tout aussi élégante. Et bien j'ai testé, résultat, le talon fait crampon et dans bien des cas on peut éviter certaines glissades! par contre parcourir des kilomètres par jour, comme je le fais, à 15 cm du sol c'est au dessus de mes forces et même avec la meilleure volonté du monde je ne veux pas sacrifier mon dos. J'ai donc opté pour la méthode new-yorkaise: chaussures tout confort et mes escarpins dans un sac à main. J'avoue que la féminité slave fait ces preuves sur le terrain!


Des bruits courts murmurant que cet hiver sera rigoureux. Et bien, si c'est le cas je ne peux que m'en réjouir. Je ne rêve que d'une chose: voir le soleil cet hiver! En attendant, l'automne tente de vouloir se frayer un dernier chemin entre un mois de septembre désespérément pluvieux (ça fait 120 ans qu'il n'a pas autant plus en Russie!) et un mois de novembre qui est moche partout. Nous voici dans une période charnière où les feuilles jaunes et dorées semblent nous donner un dernier éclat avant l'hiver.

Le week-end dernier il faisait entre 17 et 23 degrés, autant vous dire que j'ai passé un moment très agréable. Nous avons sauté dans la voiture direction l'ouest, à environ 40 kilomètres de Moscou, et j'y ai respiré l'odeur de la montagne, un mélange de résine et de feuilles. Ce qui est génial à Moscou, c'est que lorsqu'on quitte la ville, nous arrivons très vite dans une énorme forêt de sapins et de bouleaux, ce qu'on appelle la taïga. Les arbres sont partout, et même les routes qui s'y enfoncent semblent ne plus pouvoir en sortir. C'est un endroit magique, que je ne cesse d'imaginer à une époque où il n'y avait pas de voitures, et que seuls des traineaux et des troïkas s'y aventuraient...
La nature respire tout autour de vous, les odeurs ont une teinte humide et vit ses derniers instants avant que les températures ne baissent. Les lacs ne sont pas encore gelés, alors on fait une dernière sortie sur l'eau. Il n'y a plus un bruit dans ce pays immense.













vendredi 3 octobre 2008

Le Ministère des Affaires Etrangères (Moscou)


mercredi 1 octobre 2008

Le "Garage", le nouveau centre d'art contemporain de Daria Joukova


En septembre 2008 s'est ouvert le centre d'art contemporain de Daria Joukova, la nouvelle compagne de notre milliardaire russe expatrié Roman Abramovitch. Ce nouveau centre d'art futuriste se trouve dans un ancien garage de bus, construit en 1926 par l'architecte constructiviste K. Melnikov, sur un espace de 8,500 mètres carrés. Un lieu plutôt insolite, épuré et qui ne manque pas d'espace...
Pour sa première exposition qui aura lieu jusqu'au 19 octobre, le "Garage" se lance dans une rétrospective de l'artiste soviétique Ilia Kabakov. En exil depuis 20 ans aux USA, et après avoir exposé dans le monde entier, c'est la première fois en 20 ans que ses oeuvres sont exposées dans sa ville natale.
La prochaine exposition sera consacrée à la collection d'art contemporain de l'homme d'affaire François Pinault.




http://http://www.garageccc.com/

Adresse: Obraztsova 19, métro: Novoslobodskaïa ou Mendeleevskaïa.
Du lundi au jeudi ouvert de 11h à 21h et du vendredi au dimanche de 11h à 22h.

samedi 27 septembre 2008

Du palais d'Hiver à l'Ermitage

Le palais d'Hiver, devenu le musée de l'Ermitage, est le dernier de cinq édifices qui se sont succédés sur le terrain. Le palais impérial commença à prendre une forme luxueuse et grandiose sous le règne d'Elisabeth, la fille de Pierre le Grand, de 1754 et 1762. C'est encore une fois Rastrelli, le maître incontesté du baroque russe qui travailla sur les plans du palais. Les intérieurs n'étaient pas terminés lorsque Catherine II renvoya Rastrelli en 1762. Le chantier intérieur fut terminé par différents architectes européens (français, allemands et italiens).


Le palais d'Hiver depuis la forteresse Pierre et Paul



C'est Catherine II, dont la collection de tableaux devenait sans cesse croissante, qui ordonna la construction d'un nouvel édifice qui devait jouxter le palais d'Hiver. C'est ainsi qu'au fil des ans quatre bâtiments nouveaux firent construits, respectivement le Petit Ermitage, le Vieil Ermitage, le Grand Ermitage et le Nouvel Ermitage. C'est le Petit Ermitage qui donna son nom à tout le musée. La fondation de l'Ermitage en tant que musée remonte à 1764, date à laquelle Catherine II fit l'acquisition de sa première collection de tableaux. Actuellement, les collections du musée, comprennent environ trois millions d'oeuvres.



Le palais-musée en quelques chiffres: il occupe une superficie de 10,400 mètres carrés. Il compte 1050 salles, 1886 portes, 1945 fenêtres et 117 escaliers. Les reliefs au dessus des fenêtres sont tous différents, 90 sculptures et 40 vases s'alignent le long du toit. Le bâtiment est tricolore: vert, blanc et or. Le musée de l'Ermitage est aujourd'hui l'un des plus grands musées du monde. Sa collection occupe 400 salles. Accrochez-vous! pour admirer chaque objet d'art pendant 10 secondes, il vous faudra plus de 300 jours pour tout voir...



Anecdote: Pendant très longtemps le palais d'Hiver était le plus haut édifice de Saint-Pétersbourg, et il était interdit d'en construire un plus haut. La raison en était la suivante: sur son toit étaient disposées des lanternes, qui selon un jeu de lumière permettait de renseigner sur les déplacements de la famille impériale entre notamment Tsarskoïe Selo et Saint-Pétersbourg.


mardi 23 septembre 2008

La cathédrale Saints-Pierre-et-Paul

Le principal édifice de la forteresse Saint-Pierre-et-Paul est sa cathédrale. Son architecture mélange les styles russe et européen mais ce dernier est le plus frappant. C'est ici que reposent les tsars russes de la dynastie des Romanov de Pierre I à Alexandre III. Le 17 juillet 1997 y furent enterrées les sépultures du dernier tsar Nicolas II et de sa famille, exécutés en 1918. Assez difficile à trouver, leurs sépultures se trouvent dans une chapelle sur la droite en entrant.


La cathédrale fut fondée par Pierre le Grand le jour de son anniversaire, le 30 mai 1714, et sa construction ne fut achevée que sous le règne de sa nièce, Anna Ivanovna en 1733. La pointe de la cathédrale est un élément gothique et ne rappelle en rien ce que l'on peut voir à Moscou. Le clocher, couronné par un ange portant une croix, à une hauteur de cent vingt deux mètres. À l'époque c'était la plus haute construction s'élevant en Russie. La pointe de la cathédrale domine la ville comme le symbole d'affermissement de la Russie sur les rives de la Neva et de la mer Baltique.



Tous les tsars reposent sous des sarcophages en marbre blanc tous identiques, seuls les noms inscrits en grosses lettres dorées permettent de les identifier. Vous remarquerez très certainement que deux tombes se détachent assez facilement (photo ci-dessous). La verte est celle d'Alexandre II-grand-père du dernier tsar-considéré (après coup) comme le tsar libérateur qui abolit le servage. La rouge est celle de sa femme Maria. Chacune pèse six tonnes.

À droite de l'iconostase, juste avant de sortir de la cathédrale (généralement s'y trouve un attroupement de personnes), se trouvent les tombes de Catherine la Grande et Pierre I.


vendredi 19 septembre 2008

L'église de Tchesmé




Sans conteste l'une de mes églises préférées de Saint-Pétersbourg. Très originale, d'un style encore jamais vu, elle ressemble à une pâtisserie délicatement décorée de crème! L'église de la Nativité, communément appelée l'église de Tchesmé, se dresse aux abords de la ville sur la route menant à Tsarskoïe Selo. Autrefois située en pleine forêt, sur un terrain marécageux, elle fut construite en 1780 en souvenir de la victoire navale remportée par A. Orlov sur les Turcs en 1770 (bataille de Tchesmé). Elle forme la première église d'inspiration néo-gothique élevée en Russie. C'est ici que Catherine II s'arrêtait parfois lorsqu'elle se rendait au palais d'été de Tsarskoïe Selo.

lundi 15 septembre 2008

Tsarskoïe Selo "village du tsar"

Pendant deux siècles, Tsarskoïe Selo fut l'une des résidences de campagne préférées des tsars et tsarines de Russie. En 1710, Pierre le Grand offrit à sa seconde épouse Catherine I un modeste domaine en pierre composé de six chambres uniquement. Lorsqu'Elisabeth, la fille de Catherine I et Pierre le Grand monta sur le trône, la mode était au faste et il ne pouvait exister, selon elle, de beauté sans luxe. Connue pour sa nature dépensière, Elisabeth le transforma en un palais luxueux. 1 200 000 roubles furent dépensés, une somme énorme pour l'époque alors que les ouvriers n'étaient payés que cinq kopecks par jour. cent kilos d'or pur ont été utilisés pour les ornements intérieurs et extérieurs. L'architecte Rastrelli (et oui encore lui), roi incontesté du style baroque, rajouta deux ailes latérales ainsi que deux nouveaux pavillons. Le résultat est impressionnant puisque l'édifice se déploie sur plus de trois cents mètres de long. En mémoire de leur première propriétaire, le parc et le palais furent baptisés "Ekaterinski" ce qui veut dire "de Catherine" et le blason de la ville porte son monogramme.





Très capricieuse, la tsarine Elisabeth exigeait souvent de reconstruire ce qui venait d'être fini... Le palais fut entièrement défait six fois et reconstruit de nouveau. On comprend alors pourquoi, les caisses étant vides il a fallu augmenter l'impôt sur le sel!. Plus tard, Catherine II, devenue impératrice, mena la construction avec diligence. C'est à cette époque, vers 1760 que le palais et le parc prirent leur apparence actuelle et que le domaine pris le nom de Tsarskoïe Selo (village du tsar).



Tous les souverains russes vivaient, travaillaient, organisaient des réceptions, des bals etc dans les superbes salles du palais. Catherine II qui préférait Tsarskoïe Selo aux autres résidences de campagne, y passait l'été mais aussi l'hiver. Nicolas II (le dernier tsar) et sa famille préféraient également la résidence de Tsarskoïe Salo, car ils pouvaient plus facilement, loin de la cour y garder le secret sur la maladie incurable (hémophilie) dont était atteint Alexis, le tsarevitch.



Les souverains de l'Empire se succédaient et différents styles d'architectures naissaient et disparaissaient au gré des modes. Lors de la visite des salles d'apparat vous remarquerez les mélanges de style témoins de leur époque (baroque, classique...). La salle d'ambre, où il est malheureusement interdit de prendre des photos, est certainement la pièce dont la décoration est la plus originale et la plus impressionnante (à ne surtout pas manquer). Du sol au plafond, toute la pièce est tapissée d'une mosaïque d'ambre!




Selon la légende, Pierre le Grand, proposa à Frédéric I de Prusse cinquante cinq grenadiers russes en échange de la salle d'ambre; et cet échange eut lieu. La huitième merveille du monde se trouva ainsi en Russie. Ce salon d'ambre fut monté après la mort de Pierre le Grand, sous le règne de sa fille Elisabeth dans le palais d'hiver (résidence d'hiver des souverains abritant aujourd'hui le musée de l'Ermitage), et transféré plus tard dans la nouvelle résidence d'apparat. Pour ne pas risquer de la démolir, un régiment de soldats tenant dans les bras vingt deux grands panneaux et cent quatre vingt plaques d'ambre les transporta soigneusement de Saint-Pétersbourg à Tsarskoïe Selo!!





La salle d'ambre fut montée par (devinez qui?) Rastrelli. L'éventail de couleurs des mosaïques d'ambre traverse toute la gamme des jaunes, du topaze au citron clair. Effet spectaculaire garanti! Il est malheureusement impossible de prendre cette salle en photo...


Tout comme à Peterhof, Tsarskoïe Selo ne se limite pas à son palais principal, de multiples pavillons, tout aussi beaux constituent le domaine. On y trouvent notamment le pavillon d'Agate et le pavillon de l'Ermitage. Le pavillon d'Agate abritait notamment les bains froids. Catherine II n'aimant pas les bains chauds à la russe, préféra l'aménagement de bains froids pour ses ablutions.



À ne pas manquer également, la visite du lycée impérial où l'enfant chéri du pays, le poète Alexandre Pouchkine fit ses études. Malheureusement lors de mon passage l'institut était en rénovation. L'institut est relié au flanc ouest du palais par une arche. Des jeunes gens nobles, âgés de dix à douze ans, y ont été admis pour obtenir l'instruction supérieure. L'enseignement comprenait deux étapes: durant les trois premières années on y étudiait le programme des classes supérieures de l'école secondaire classique. Les trois années suivantes comprenaient les matières qu'on étudiait à l'université. C'est ici que Pouchkine lut pour la première fois ses poésies! Le lycée était une école internat où chaque élève avait sa chambre à l'étage supérieur. Tout y a été soigneusement gardé depuis l'époque de Pouchkine.

mercredi 10 septembre 2008

Le croiseur Aurore




Bâti il y a plus de cent ans au chantier naval de Saint-Pétersbourg, armé en 1903, il devint le vaisseau-école des cadets après la guerre russo-japonaise de 1904. Les idées progressistes ayant fait des adeptes dans l'équipage, le croiseur Aurore joua un rôle de premier plan dans le déclenchement de la Révolution de 1917. Selon ce qui est dit, c'est ce croiseur qui tira un coup à blanc annonçant le début de l'assaut du palais d'Hiver. A quai depuis 1948, devant l'École navale, il est aujourd'hui un musée témoin rappellant toujours qu'on ne doit pas oublier les leçons de l'Histoire.



En 1991, quand la ville repris son nom historique de Saint-Pétersbourg, sur Aurore fut arboré le drapeau de la marine de guerre Saint-André.





lundi 8 septembre 2008

Peterhof "la cour de Pierre"

Peterhof constitue le collier de perles de Saint Pétersbourg et c'est Pierre le Grand lui-même qui choisit l'emplacement du futur palais. De là on pouvait bien voir passer les navires sur le golfe de Finlande. Le premier architecte du domaine reste inconnu mais on sait que Pierre I participa personnellement à l'élaboration du plan des parcs. Peterhof est l'un des plus anciens palais d'été de Saint Pétersbourg.




Pendant la première moitié du XVIII siècle, le palais fut reconstruit plusieurs fois. L'édifice a été complètement réaménagé sous la direction de Rastrelli (toujours le même!). Il conserva l'aspect extérieur du bâtiment, typique sous l'époque de Pierre I. Deux galeries rattachent la partie centrale du palais à deux ailes symétriques, dont les coupoles sont luxueusement décorées. En plus de la résidence principale, le domaine de Peterhof se compose de plusieurs autres palais adjacents (Monplaisir, le pavillon de l'Ermitage, le palais de Marly, la Grande Orangerie...) couvrant une superficie de 1000 hectares. Il vaut la peine de prendre le temps et se balader dans les jardins...il y a également de surprenantes fontaines.



C'est dans la chapelle Saints-Pierre-et-Paul du Grand Palais de Peterhof (photo ci-dessus), que furent baptisés les enfants du dernier tsar Nicolas II. Quatre des cinq enfants sont nés à Peterhof. Le dernier à y être baptisé, le 11 août 1904, fut le grand-duc Alexis, l'héritier du trône. À cette occasion une salve de 301 coups de canon fut tirée.




Les fontaines de Peterhof constituent la décoration principale du parc. Deux fois par an les habitants de Saint Pétersbourg se précipitent à Peterhof pour la fête de l'ouverture (mai) et de la fermeture (octobre) de la saison des fontaines. On dit que celui qui a vu une fois ce spectacle étourdissant ne l'oubliera jamais. Il y a en tout 144 fontaines (grandes ou petites) dans le domaine. Tout le système hydraulique est alimenté par un conduit spécial de 40 km de long. Les fontaines fonctionnent sans château d'eau, ce qui fait le trait particulier de tout le système.




La Grande cascade (photo ci-dessus) est le principal ouvrage de l'ensemble des fontaines de Peterhof et occupe une place d'honneur parmi les créations de ce genre dans le monde. C'est aussi un beau monument de l'art baroque. La guerre n'ayant pas épargné le domaine, la plupart des statues ne sont plus d'origine. L'aspect actuel de la cascade se forma durant plus de cent ans, mais l'idée de sa composition appartient à Pierre le Grand.




La fontaine de Samson (photo ci-dessus) déchirant la gueule du lion se situe au centre de la Grande cascade. La sculpture devait symboliser la victoire de la Russie sur la Suède dont les armoiries sont ornées d'un lion.




Le Grand Palais vu depuis le canal reliant le palais principal à la Baltique.




Le canal maritime (photo) reliant la mer Baltique (golfe de Finlande) à la résidence. Du temps de Pierre le Grand, c'était l'entrée d'honneur de la résidence. Dès les années 1730, le canal ne servit plus d'entrée d'honneur mais il ne fut pas comblé pour autant. Il fut conservé en tant que relique d'une des plus grandioses installations hydrauliques du début du XVIII siècle.



Visite guidée fortement conseillée! il n'est malheureusement pas possible de prendre des photos de l'intérieur.