vendredi 13 mars 2009

Entre Moscou et Zürich

C'est avec un peu de retard sur mon programme que je reprends les rênes de mon blog. J'ai disparu quelques semaines non pas parce que j'étais en rupture d'idées mais plutôt pour cause de déménagement. Je ne suis plus à Moscou mais à Zürich. Je dois donc avec beaucoup de tristesse laisser le blog plus ou moins dans son état actuel. Il me reste encore quelques articles dans mon tiroir mais je vais certainement créer un nouveau blog sur la Suisse et Zürich en particulier... je remercie en tout cas mes fidèles lecteurs et vous donne rendez-vous prochainement sur la blogosphère helvétique.

vendredi 5 décembre 2008

L'image du jour

Loukoïl vous souhaite une bonne année 2009 et une joyeuse crise!

mardi 2 décembre 2008

Skier toute l'année à Moscou!

Bien que moins spectaculaire qu'à Dubaï, Moscou l'a fait également: offrir aux moscovites la joie de la glisse toute l'année et à l'intérieur! pour plus de renseignements, mais en russe uniquement http://www.snej.com/
Comment y aller:
Depuis la station de métro Touchinskaïa (ligne rose), prendre la sortie "k prigorodnim poezdam". Depuis là repérez les bus au logo "snej.com" à l'avant. Les bus desservent le complexe toutes les heures de 8h30 à 22h30. Pour s'y rendre en voiture aller en direction de Pavchino par la Novorijskoïe Chausse, 3km après le MKAD.
Les horaires: ouvert tous les jours de 10h à minuit. En semaine le tarif est de 150 roubles de l'heure jusqu'à 17 ans, et 300 roubles pour les adultes.

lundi 1 décembre 2008

Conversation au goulag...

" Tu es ici pour quoi, toi?
-Paresse.
- Comment ça, paresse?
- Ben oui, on était trois à boire un soir, on s'est raconté des histoires drôles politiques. Je suis rentré chez moi, et avant de me coucher, je me suis dit qu'il faudrait peut-être aller rapporter tout ça à qui de droit. Mais j'ai eu la flemme, je me suis dit que j'irai le lendemain. Et bien les autres y sont allés le soir même."
L'article 58-12 du code pénal de la RSFSR prévoyait d'ailleurs que l'on pouvait être condamné à six mois pour ne pas avoir dénoncé un crime contre-révolutionnaire.
Tiré du livre d'Amandine Regamey, "Prolétaires de tous pays, excusez-moi!", Ed. Buchet Chastel, Paris 2007.

jeudi 27 novembre 2008

La cathédrale Saint-Nicolas-des-Marins

La cathédrale est un monument de la gloire maritime de la Russie. Élevée dans un quartier autrefois peuplé de marins, l'église a donc été consacrée à Saint-Nicolas, leur patron. Toute bleue, blanche et dorée, elle ressemble par son aspect extérieure au monastère de Smolny. Construite en forme de croix et surmontée de cinq coupoles dorées, elle est peinte en bleue et décorée de 68 colonnes corinthiennes.

La cathédrale réunit deux églises: l'église haute consacrée à l'apparition du Christ ressuscité et l'église basse consacrée à Nicolas, saint patron des marins. Cette église est toujours restée ouverte au culte pendant la période soviétique.


dimanche 23 novembre 2008

L'image du jour


Vendredi 3 octobre 2008, il fait un temps magnifique. Dans le fond la tour stalinienne abritant le ministère des affaires étrangères.

lundi 17 novembre 2008

La galerie Glazounov (peinture)


Située dans une très belle demeure de style Empire, facilement reconnaissable à sa couleur bleue (en face du musée des Beaux-Arts Pouchkine), la galerie expose sur quatre étages les oeuvres soviétiques et post-soviétiques du peintre Ilia Glazounov (né en 1930). Cette exposition est impressionnante et vous pouvez facilement y passer la journée. Glazounov est célèbre pour ses immenses toiles colorées où il représente des centaines de personnages, de lieux et d'événements de l'histoire russe en une gigantesque et unique scène. Son oeuvre la plus connue est "la Russie éternelle".


Adresse: Volkonka Oul.,13. Métro Kropotkinskaïa. Ouvert tous les jours de 11h à 19h sauf les lundis. La caisse ferme à 18h15. http://www.glazunov.ru/
Possibilité de faire des visites guidées sur place mais uniquement en russe ou en anglais. Tél (excursions) 691 86 34.

mercredi 12 novembre 2008

"Arbat, mon Arbat"





Ce n'est pas la première fois que je vous emmène sur la vieille rue Arbat, mais cette fois-ci, j'y ai fait une visite guidée. J'ai donc un peu plus d'informations à vous communiquez. Le temps ce jour-là n'était pas beau, même très pluvieux; voilà pourquoi j'ai décidé de ne pas prendre de photos ce jour-là mais d'y retourner un jour de beau temps pour vous en offrir des moins tristes! c'est chose faite aujourd'hui. Voici donc mon circuit "vieil Arbat" revisité sur les très bons conseils de ma guide et ses anecdotes, que vous ne trouverez pas dans les livres touristiques...




Nous commençons la visite par le côté ouest de la rue, c'est à dire du côté de la station de métro Smolenskaïa du côté du "calzo". Notre point de départ est le ministère des affaires étrangères, l'une des sept tours staliniennes qui dominent la ville et lui donnent ses points de repères. Cette tour-ci fut la première à être achevée du vivant de Staline. Et le fait que se soit celle-ci n'est pas le fruit du hasard. En effet, Staline se rendait quotidiennement au Kremlin depuis sa datcha, et le chemin le plus direct passait à l'époque par la vieille rue Arbat qui était ouverte à la circulation (rue piétonne depuis 1986). Par conséquent, il contrôlait chaque jour depuis sa voiture l'avancée des travaux. S'il y a bien une des tours qui devait être terminée en premier c'était bien évidemment celle-ci. Staline, mort en 1953 n'aura alors vu que deux tours de son vivant: la tour qui abrite le ministère des affaires étrangères, et la tour du quai des chaudronniers, communément appelée par les étrangers "la maison Haute".




Pour information, le Mac Donald de la rue Arbat fut le second de Russie. Le premier, ouvert en 1992 se situe non loin de la place Pouchkine. Ce fut alors, comme le rappelle ma guide, un choc culturel immense pour tous les russes mais un choc typiquement russe que l'occidental par définition ne peut pas comprendre. Les clients étaient accueillis à l'entrée par des "bonjour", et le service était si rapide que nos russes post-soviétiques en étaient tout déboussolés... Mc Donald était devenu le symbole d'un grand changement culturel, et les gens peu coutumier de ce type de service "occidental" s'y rendaient tirés à quatre épingles! il n'était pas rare d'y croiser des amoureux y dîner en tête à tête. Cette usine à hamburgers était devenue, pour un temps et pour tous ces anciens citoyens soviétiques the place to be.




En continuant votre chemin, vous remarquerez cette jolie maison bleue turquoise, faisant face à une célèbre statue du sculpteur Alexandre Boulgakov, datant de 1999. Il s'agit d'une statue représentant Pouchkine et sa femme Nathalie. L'endroit ne fut pas choisi au hasard, puisque c'est dans cette maison que le jeune couple fraîchement marié (Nathalie était moscovite), habita en 1829 après leur mariage. Ils y passèrent une longue lune de miel de quelques mois qui se solda par un déménagement précipité. En effet, Pouchkine, connu surtout pour sa grande poésie et son roman en vers avait plusieurs vices dont le jeu, où malheureusement il perdit beaucoup. Faute d'argent il quitta ladite maison et s'en repartit pour Saint-Pétersbourg. Par la suite la maison fut occupée par le non moins célèbre Modeste Tchaikovski, le frère de l'illustre compositeur Piotr Tchaikovski. Ce-dernier y passa même un Noël. Par la suite, comme il se devait, la maison fut transformée en plusieurs appartements communautaires dans les années soixante. À la fin de la période soviétique, et après une bonne rénovation, la maison se transforma en musée littéraire Pouchkine. Les nostalgiques seront très déçus car il s'agit de la seule maison dans laquelle Pouchkine n'a malheureusement écrit aucun livre!







Pouchkine, grand séducteur, croisa et fit chavirer le coeur et la vie de nombreuses femmes. L'une d'entre elles, Ekaterina Ouchakova, habita la maison située non loin de là, sur le côté gauche, au numéro 42 (photo ci-dessous). Très éprise de l'écrivain, elle vécut très mal son mariage avec Nathalie, et ne décida de se marier à son tour qu'après le décès de Pouchkine, donc bien des années plus tard. Ekaterina était la petite fille du général Alexandre Souvorov, qui prit en 1799 le commandement en chef des armées austro-russes.



Quelques années plus tard, en 1812, c'est par la Vieille rue Arbat que Napoléon entra dans Moscou, puis s'installa quelques jours au Kremlin, avant de battre retraite dans une ville en flammes.







Un peu plus loin sur votre droite, se trouve la statue de Boulat Okoudjava, un chansonnier soviétique d'origine géorgienne très populaire en Russie. Il est devenu populaire car ses chansons exprimaient l'horreur de la guerre, l'observation de la société soviétique. Elles étaient simples et parlaient de la vie de tous les jours. On quittait avec lui les discours de propagande récurants de l'époque et les chanssons formatées de toute pièce. Il fut d'ailleurs très proche de Vladimir Vissotski (mari de Marina Vlady), pour qui il composa une chanson d'adieu après son décès par crise cardiaque, durant les jeux olympiques de Moscou en 1980. Boulat Okoudjava composa entre autres la très célèbre chanson "Arbat, mon Arbat". Ceci explique le titre de mon billet...






Nous laissons Boulat dans ses pensées pour se faufiler sous un arche, traverser une cour, puis une autre avant d'arriver devant "la maison coupe". Dans les guides touristiques, elle peut être mentionnée sous le nom de "maison Melnikov". Je vous avoue que toute seule je ne l'aurais jamais trouvée! sa forme particulière, ressemblant à un cylindre est unique, et est l'oeuvre de l'architecte Melnikov, très connu dans les années 20 pour son architecture constructiviste. Moi qui trouve l'idée très spéciale, j'imagine qu'à l'époque elle n'a pas du être perçue autrement par les habitants. En tout cas elle a plu à Staline puisqu'il lui donna l'autorisation d'y séjourner jusqu'à sa mort. Melnikov fut alors l'un des rares moscovites autorisés à vivre dans une résidence privée. La maison ne se visite pas, car elle est toujours habitée et appartient toujours à des descendants de l'architecte.












Revenons sur nos pas, et prenons la ruelle Spassopieskovski, un peu plus loin sur votre droite. Je ne l'avais jamais vue, et pourtant j'en ai fait des allers et retour sur Arbat. C'est typiquement Moscou, il ne faut pas hésiter à s'engager dans toutes les ruelles, vous avez de forte chance d'y trouver des trésors!



Notre trésor est un petit square bordé par une charmante église (l'église du Sauveur-sur-les-Sables), et de jolies demeures de style néoclassique. Un joli petit décor paisible, sachant qu'à deux pas se trouve la bruyante et horrible rue Novi Arbat!




À l'autre bout du square, au numéro 10, se trouve l'hôtel Vtorov qui est aujourd'hui la résidence de l'ambassadeur des Etats-Unis. Vous remarquerez que la rotonde ornée de colonnes ioniennes nous fait tout de suite penser à une petite version de la Maison Blanche, quel joli fruit du hasard.



Au numéro 8 de la même rue, la résidence de l'ambassadeur d'Espagne est presque mitoyenne à son homologue américain. Vous ne me croirez peut être pas (moi même j'avais un doute et suis allée y regarder de plus près), mais la maison datant de 1820 est en bois. Il s'agit d'une maison typiquement russe construite après l'incendie de Moscou. Les colonnes en tout cas sonnent creux!





Dans le square, nous retrouvons une jolie statue de notre poète Alexandre Pouchkine. Nous quittons ce bel endroit pour retourner sur Arbat et son animation.






Au numéro 37, la longue maison jaune fichue d'une porte en bois en son milieu, est la plus ancienne maison de la rue ayant survécu à l'incendie de 1812.








En continuant, un peu plus loin à droite, vous tomberez sur l'un des rares murs de barbouilles de la ville. Depuis que j'habite à Moscou je n'ai du voir que deux tags par ci par là, et je peux vous dire que venant de Suisse, pays réputé pour sa propreté légendaire j'en ai pris un coup. Ce mur de graffitis est appelé le mur de Vitertsoï, du nom d'un groupe de rock populaire du temps de Brejnev, qui revendiquait le changement. Aujourd'hui, les jeunes s'y regroupent, chantent, boivent, griffonnent, s'exaltent, en deux mots s'amusent.





Un peu plus loin, toujours sur Arbat, se trouve une statue scintillante de toute sa couleur dorée; il s'agit de la princesse Turandot, dont Puccini adapta l'intrigue dans son célèbre opéra du même nom.




Juste en face de la statue, se trouve "la maison centrale des acteurs", un tristounet bâtiment gris construit dans le style néo gothique. Si vous levez la tête vous apercevrez deux chevaliers en armures. Construite sous le régime soviétique, elle abritait à cette époque des appartements privatifs qui comptaient parmi les plus beaux de la ville. Ces locataires privilégiés ont cependant connus le même sort que la plupart des aparatchiks habitant dans la fameuse maison sur le quai, puisque de nombreuses arrestations y ont eu lieu.






Je termine ma petite ballade par une jolie maison en bois située au début de la rue Starokoniouchenni, au numéro 6. Impossible de la rater puisqu'elle est tout en bois et de style néo russe. Elle appartenait à une très riche famille, propriétaire de fabriques textiles situées à Yvanovo, une ville industrielle située au nord de Souzdal. Le caveau de cette famille dont j'ai oublié le nom, se situe dans l'enceinte du monastère Novodievitchi, en face de l'entrée de la cathédrale de Smolensk.






vendredi 7 novembre 2008

Le monastère Novodievitchi

Et oui, ce n'est pas la première fois que vous avez du apercevoir des photos du monastère sur le blog. Et bien je ne m'en lasse pas, il suffit qu'il fasse beau pour que je prenne quelques photos. Cette fois-ci j'ai fait une autre visite guidée, donc vous y trouverez d'autres informations qui vous donneront peut-être envie d'y jeter un oeil!


Le monastère Novodievitchi (nouveau couvent des jeunes nonnes) est, comme le Kremlin, une ville dans la ville. À l'origine, il est une des parties des grandes fortifications élevées sur ordre du prince Dmitri Donskoï (XIV ème siècle). Au sud du Kremlin, ce chapelet de monastères fortifiés (monastère Danilovski, monastère Donskoï etc...) constituait l'avant-garde militaire de Moscou contre les invasions mongols. Rien ne subsiste de ces très anciens édifices. L'actuel Novodievitchi date de 1524. Il s'agit d'un des plus beaux sites de Moscou, et aujourd'hui un véritable havre de paix dans cette immense Moscou qui déborde bien au-delà de ses murailles.



Dans un registre un peu plus "excitant", le monastère est un des hauts lieux de l'histoire russe. C'est ici que la princesse Sophie paya sa trahison envers son frère Pierre (futur Pierre le Grand).


photo: la cathédrale Notre-Dame-de-Smolensk




Boris Godounov, assassin de l'héritier légitime du trône, Dimitri, fils d'Ivan le Terrible, s'y réfugia en 1598 en compagnie de sa soeur Irène, au lendemain de la mort du tsar Feodor I dont il était le Régent. Les boïars (nobles) de Moscou lui demandèrent d'accepter la couronne et le proclamèrent tsar. C'est ainsi que commença le terrible "Temps des Troubles" et les aventures des faux Dimitri, au cours duquel, en 1610, des combats eurent lieu à Novodievitchi contre l'envahisseur lituanien et polonais (c'est pas tout simple!). Mais la plus sinistre part d'histoire vécue entre ces murs est le châtiment de Sophie Alexeïevna après la révolte des streltsy*.




Nommée régente à la mort de son père le tsar Alexis I Romanov, Sophie soutint l'idiot Ivan V au détriment de son demi-frère cadet Pierre (futur Pierre le Grand). Mais Pierre, les yeux enfin ouverts sur la trahison des streltsy et sur celle de la régente, se vengea cruellement. Assignée à résidence à Novodievitchi, Sophie eut droit à une nuit d'horreur suivie d'un long cauchemar. Les quatre chefs de la révolte furent pendus à la hauteur de la pièce où elle était enfermée. Pierre ordonna que les corps se balancent jusqu'à la rupture des chairs pourries. Sophie ne s'en remis pas, prit le voile et mourut cloîtrée. Elle est enterrée dans la cathédrale de Smolensk, à côté de la tombe d'Eudoxie, la première femme de Pierre le Grand. Cette dernière, fille de Vieux Croyants opposés aux réformes de son mari, trahit aussi le tsar qui la poursuivit de sa haine.


photo: le grand clocher de la cathédrale


La cathédrale Notre-Dame-de-Smolensk est l'église principale du monastère. L'ensemble de la cathédrale est décoré de fresque datant du XVIème siècle. Même au Kremlin il n'en reste que des fragments, c'est dire son intérêt immense. L'iconostase splendide est en bois sculpté. Elle est dite "classique" car elle comporte cinq rangées. Les églises de Russie portent toujours le nom de l'icône la plus importante de l'iconostase (elle est toujours située dans le premier rang, à gauche de la porte Sainte), qui est dans ce cas l'icône Notre-Dame-de-Smolensk, datant du XVI ème siècle. La Russie a toujours énormément vénéré la Vierge, c'est ainsi qu'on appelle souvent la Russie "le pays de la Vierge". L'icône la plus connue est celle de la Vierge de Vladimir, vous avez certainement du en entendre parler. L'originale se trouve dans l'église de l'ancienne galerie Tretiakov de Moscou, mais de nombreuses copies ornent les édifices religieux du pays.



photo: l'iconostase de la cathédrale Notre-Dame-de-Smolensk


À l'époque il fallait débourser 1000 roubles pour pouvoir être enterré dans l'enceinte du monastère. C'était une somme énorme. Durant l'époque soviétique de nombreuses tombes ont été détruites. Seuls les gens bien vus par le régime se sont vus épargnés. Voilà pourquoi il reste encore les tombes de quelques généraux et nobles qui ont fait la guerre contre Napoléon. Quant aux nonnes, elles y ont été enterrées à partir du XVIème siècle mais seules deux tombes (les deux tombes blanches contre la cathédrale de Smolensk), ont été préservées.


photo: Le caveau de la famille Prokhorov (aucun lien avec le golden boy qui a fait parlé de lui à Courchevel), ancienne famille qui était connue dans l'industrie du textile en Russie.

photo: plan de l'iconostase (c'est l'une des rares églises dans laquelle on peut y trouver un plan de l'iconostase)


Incoutournable: Dans le monastère se trouve une exposition permanente consacrée à l'histoire des églises russes. Très riche exposition avec des fresques provenants de diverses églises de Russie...


Adresse: Novodievitchi Proïezd, 1. Métro: Sportivnaïa. Bus: 64 ou 132. Trolleybus: 5 ou 15. Ouvert de 10h à 17h. Fermé le mardi. Pour connaître les expositions du musée: www.museum.ru/M337



* streltsy est le nom de la troupe de soldats d'élite fondée par Ivan le Terrible. Leur charge était hériditaire, et ils ne tardèrent pas à se considérer comme un Etat au sein du Kremlin.

dimanche 2 novembre 2008

Les plus belles stations du métro de Moscou

Un premier projet de métropolitain fut déjà soumis à la Douma en 1902. Il ne fut pas adopté de crainte que le passage des trains à faible profondeur n'ébranle cathédrales et églises. Lorsque la population de Moscou s'accrut fortement dans les années suivant la révolution, le métro devint une nécessité. Lorsque commencèrent les premiers travaux en 1931, les techniques de l'époque autorisaient un percement à grande profondeur (à ce sujet il est très intéressant de visiter le musée de la construction du métro situé dans la station "Sportivnaïa").En 1935, treize stations étaient inaugurées. Aujourd'hui, ses trains commandés automatiquement par ordinateur transportent plus de neuf millions de passagers quotidiennement! Ses stations ont chacune leur propre personnalité et ressemblent à des galeries de château décorées d'une façon parfois excessive. Les stations les plus récentes sont très modernes. L'amélioration du réseau et l'allongement des lignes permet de relier la banlieue qui prend chaque jour un peu plus de terrain.


photo: photo prise dans le musée de la construction du métro. La foule en liesse brandit des pancartes au lendemain de l'inauguration des premières stations "Il y a un métro"


La majorité des belles stations du métro se trouvent tout au long de la ligne circulaire, mais on peut dire que toutes les anciennes stations du centre ont un intérêt architectural intéressant. Il faut savoir que le métro moscovite se voulait une vitrine du régime soviétique, et bien que sa construction ait été, comme tous les grands ouvrages, construit au péril de la vie d'innombrables personnes, ce métro est encore aujourd'hui le plus beau, le plus rapide, le plus fréquenté et le moins dangereux du monde!



photo: métro Komsomolskaïa (ligne circulaire)


À mon avis, l'une des plus belles stations du métro moscovite, avec la station Arbatskaïa et Plochad Revolioutsi. Elle est vaste, grandiose et très lumineuse. Les nombreuses colonnes de marbre et les chandeliers recréent l'ambiance d'une immense salle de bal. Ses neuf panneaux en mosaïque de 12 m2 chacun relatent les grandes victoires russes.



photo: station "Plochad Revolioutsi", ligne bleue foncée



Située en plein centre de Moscou, vous pouvez facilement y jeter un coup d'oeil si vous vous promenez du côté de la place Rouge, de la place du Manège ou de la place de la Révolution. La station est composée de 76 (le nombre de statues varie selon les sources) statues de bronze. Toutes ces statues racontent d'un bout à l'autre de la station l'histoire du socialisme et de la création d'une société nouvelle. Il faut comprendre l'histoire en partant des statues représentant les soldats tout en marchant jusqu'à l'autre bout de la station: Les soldats font la révolution, combattent l'Ancien régime, puis viennent les bâtisseurs d'une société nouvelle (statues représentants les artisans...), et les différents représentants de cette nouvelle société (gymnastes, écoliers etc...).


photo: statue de bronze de la station "Ploshad Revolioutsi", ligne bleue foncée



photo: station Kievskaïa

photo: vitrail de la station de métro Novoslobodskaïa (ligne circulaire)


Cette station est la seule qui soit composée de vitraux. La diversité des couleurs rend la station chaleureuse. Six d'entre eux comprennent un écusson circulaire représentant un métier artistique.


photo: métro Novoslobodskaïa

photo: métro Bieloruskaïa (ligne circulaire)

photo: métro Kievskaïa et grand tableau de la période soviétiquetrois stations portent le nom Kievskaïa et deux d'entre elles sont particulièrement belles)


Trois stations portent le nom "Kievskaïa", deux sont particulièrement belles (ligne brune et ligne bleue foncée), mais ma préférée est peut être cette dernière. Elle se compose de différents "tableaux" représentant la vie des ukrainiens dans les années 30. Belle propagande soviétique qui montre des paysans jouflus et heureux, alors qu'au début des années 30 sévit une forte famine qui fera des millions de morts.




photo: métro Kievskaïa (ligne circulaire)

photo: métro Kievskaïa (ligne circulaire) et ses nombreux "tableaux" représentants l'amitié russo-ukrainienne.



Toutes les photos à l'intérieur du métro ont été prises par Caroline Guillois

mardi 28 octobre 2008

Ne bavarde pas!



"Ne bavarde pas", intime sur une célèbre affiche de 1954 une femme au visage sévère, un doigt sur la bouche, "sois vigilant, de nos jours les murs ont des oreilles. Il n'y a pas loin des bavardages et des commérages à la trahison".


Cette crainte que toute parole imprudente puisse être utilisée par les ennemis de l'URSS renvoie à la tendance de la société soviétique des années trente à voir partout des espions, des saboteurs ou des agents des puissances étrangères. Toute parole qui n'est pas soigneusement pesée est une imprudence, car sérieusement ou non, "Bavarder, c'est aider l'ennemi".


Tiré du livre d'Amandine Regamey, "Prolétaires de tous pays, excusez-moi!", Ed. Buchet Chastel, Paris 2007.

jeudi 23 octobre 2008

La maisonnette de Pierre le Grand



Une halte devant la maisonnette de Pierre le Grand fait partie du circuit touristique si vous demandez à un taxi de vous faire un tour de ville de Saint-Pétersbourg. Située non loin de la forteresse Pierre-et-Paul, "Domik Petra Piervovo" fut la première habitation digne de ce nom sur le territoire de la future ville en construction. Afin de surveiller les travaux de la forteresse, qui fut le pemier grand ouvrage de la ville, le tsar avait installé ses quartiers dans une très modeste cabane en bois.


Voilà tout le paradoxe de cet homme. Il est motivé par des projets grandioses et ambitieux mais en même temps il est capable d'une très grande simplicité naturelle. Il était d'ailleurs un homme aux intérêts très variés, et était très doué pour les métiers manuels (menuiserie etc...), c'est d'ailleurs lui qui a construit le petit voilier derrière la maison. Bref, cette maison fut la première habitation de la ville, construite dit-on en trois jours. Par la suite elle a été conservée à l'abri d'un bâtiment en briques rouges.

samedi 18 octobre 2008

Sotheby's: la plus grande exposition avant-vente jamais tenue en Russie!


"Portrait d'un indien américain" (1976) d'Andy Warhol. Propriété d'un collectionneur privé. Estimation $1,500,000-$2,000.000

Sur les conseils d'une amie, je pars voir l'exposition avant vente de Sotheby's qui a lieu en ce moment à Moscou. C'est la première fois qu'un événement d'une telle ampleur à lieu en Russie, et je me dis que ça vaut le coup de se rincer un oeil, et de voir certaines oeuvres classiques et contemporaines estimées, pour certaines, entre 40 et 50 millions de dollars. Bien évidemment l'estimation n'est un prix de départ!

"Still Life #58, 1969-1972, de Tom Wesselmann. Estimation $3,500,000-$4,500,000

Ça tombe bien car aujourd'hui le temps couvert ne donne pas envie de passer des heures dehors. J'arrive au 10 Gogolevski Boulvar, dans une des annexes du Musée d'art moderne de Moscou. Les gens entrent et sortent, je me dis que cette exposition de trois jours attire les foules. Je présente mon passeport à l'entrée, et hop je me retrouve dans les salles d'expo. Entre vous et moi je n'y connais pas vraiment grand chose dans le marché de l'art, mais j'ai quand même de la peine à comprendre pourquoi certains tableaux contemporains se vendent à de tels prix. Certes, les connaisseurs diront que c'est de l'art abstrait, et quand partant de là il suffit d'imaginer, d'interpréter comme on l'entend etc.... Et attention évitez parfois de dire que vous n'aimez pas, car on vous dira que vous n'avez rien compris. Je pense que certains artistes se sont bien éclatés devant leur toile et qu'ils sont aujourd'hui ravis de les voir partir à des prix exorbitants (je serai aussi contente qu'eux). Je pense tout de même que nos Monet, Manet, Degas et autres doivent se retourner dans leur tombe...

"Interior with Red Wall", 1991 de Roy Lichtenstein. Propriété d'un collectionneur privé. Estimation: $8,000,000-$10,000,000
Heureusement pour moi, l'exposition Sotheby's qui est une pré-vente des oeuvres sélectionnées, en vue des enchères qui auront lieu à New York et Londres en novembre, est dans l'ensemble plutôt sympa. Et puis pour vous donnez une idée de certaines estimations (c'est le plus intéressant), on peut voir notamment: la "Danseuse au repos" d'Edgar Degas (mis en vente au prix de 40 millions de dollars), le célèbre "Arlequin" de Pablo Picasso (30 millions), le "Portrait d'un homme assis" d'Amadeo Modigliani (18 à 25 millions), ainsi que le "Vampire" d'Edvard Munch (plus de 35 millions). Du doux délire...


"Eva Mudocci (after Munch), 1984, d'Andy Warhol. Propriété d'une collection privée européenne. Estimation: $1,500,000-$2,000,000

Que ce type d'exposition ait lieu à Moscou n'a rien d'étrange, puisque le pouvoir d'achat de certains moscovites en ferait pâlir plus d'un. La vente de toiles et d'objets de grande valeur a pris un essor particulier en Russie ces dernières années et ne cesse d'augmenter. Et puis il y a aussi les artistes russes qui vendent de plus en plus chez eux mais surtout à l'étranger. Pour vous donnez une idée, En 2005, l'art russe figurait en sixième position du classement des ventes de Sotheby's, après les impressionnistes, l'art moderne, les anciens maîtres, l'orfèvrerie et l'art chinois, contre la 26e position en 2003 et la 12e en 2004.

Toutes les photos ont été prises à l'exposition