samedi 2 décembre 2006

Fiodor Dostoïevski

"Je triompherai de toute ma douleur juste pour pouvoir dire « je suis » ". C'est Dmitri Fiodorovith Karamazov qui dit cela accusé à tort du parricide.
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Parmi les monuments de la littérature mondiale, Fiodor Dostoïevski est le plus impressionnant, profond, déroutant et visionnaire. Il se révèle être un véritable prophète sur de nombreux aspects, essentiellement grâce à une exploration prémonitoire, par rapport au freudisme, du champ de son propre inconscient et par extension de celui de ses personnages. Sa sensibilité d'épilectique, ayant perdu tôt ses parents, ajoutée à une profonde sensibilité sociale et une réelle compassion devant la misère et l'injustice expliquent en partie le succès de cette démarche dans sa vie et sa création littéraire. Ce désir de justice et d'équité l'ont poussé à un engagement socialisant dans sa jeunesse, qui a failli lui coûter la vie. Condamné à mort, il a été gracié au moment où le peleton d'exécution avait déjà armé les fusils.

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Sa reflexion porte sur l'étendue du libre-arbitre de l'homme, souvent placé dans des situations extrêmes. La confrontation au champ du divin devient possible dans les faits, mais constituent une transgression qui fait basculer dans le diabolique ceux qui s'estiment autorisés à franchir les limites.

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Dostoïevski est un maître incontestable du dialogue. Il met dans ses dialogues des détails qui les rendent époustouflants de vérité : des frémissements, des hésitations, des coq-à-l'âne, des apartés, des lapsus... En ce qui concerne les réflexions philosophiques qui parsèment son œuvre, il faut noter qu'elles se trouvent toujours dans des dialogues. Dostoïevski n'est jamais didactique (sauf pour des petites choses anodines). Il ne prend jamais parti directement. Dostoïevski, en fait, est pétri de contradictions, et c'est précisément pour cela, sans doute, qu'il a choisi le roman pour s'exprimer. Dostoïevski excelle aussi dans les scènes narratives totalement muettes.

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Les Frères Karamazov est le dernier roman de Dostoïevski. Celui qu'il voulait le plus achevé et où l'on retrouve en effet tous les thèmes de l'auteur. L'un de ces thèmes est une reflexion profonde et actuelle, avec des idées que vous verrez rarement trainer aujourd'hui chez les maîtres-penseurs de la rive gauche parisienne, sur les relations morales et intellectuelles entre l'Europe occidentale et le monde slave. D'un point de vue littéraire, le lecteur francophone est souvent perdu dans les noms et trouve le récit confus. Il faut utiliser des trucs pour se noter les noms en entier (prénom, patronyme, nom de famille). Quand au récit, il est au contraire le plus léger et le plus simple possible, compte tenu de la densité de la signification.

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Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski est un écrivain russe, né à Moscou le 30 octobre 1821 et mort le 28 janvier 1881.

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Son père était médecin et, trop autoritaire, fut assassiné par ses propres paysans. Sa mère mourut lorsqu'il était très jeune. Il entre à l'école d'ingénieurs de St-Petersbourg en 1838 et devient officier ingénieur du génie en 1841. En 1844, il demande sa retraite pour pouvoir se consacrer à la littérature et écrit son premier roman, Les Pauvres Gens.

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En 1847, il fait la connaissance de Petrachevski et fréquente le cercle révolutionnaire. Cette même année, il fait sa première crise d’épilepsie, à 26 ans.

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Dostoïevski est arrêté et emprisonné en avril 1849 pour ses engagements dans des activités révolutionnaires contre le tsar Nicolas Ier. Après un simulacre d'exécution, le 22 décembre 1849, la sentence est transformée en un exil de plusieurs années dans un camp de travail en Sibérie. En 1850 il arrive à Omsk (ville en Sibérie) , épisode relaté dans le cycle romanesque "La lumière des justes" d'Henri Troyat. Sa peine se termine en 1854 et il est affecté comme officier à un régiment de Sibérie. Il est gracié, obtient sa retraite comme sous-lieutenant, revient en Russie, et il a l’autorisation de vivre à St-Petersbourg, sous la surveillance de la police secrète.

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C'est un tournant dans la vie de l'auteur. Il abandonne ses sentiments radicaux et devient profondément conservateur. En 1862, il se rend en Europe pour la première fois. Il ne cesse de voyager, joue à la roulette. Il est couvert de dettes et doit fournir de quoi vivre à la femme et aux enfants de son frère. Il sombre dans une terrible dépression, joue dans des salons et accumule joyeusement les échecs et pertes aux tables de jeu.
Il succombe à une hémorragie et est enterré à St-Petersbourg. Ses obsèques sont suivies par 30 000 personnes.

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Il n'aura connu la gloire que dans sa dernière année, et sera considéré comme un des plus grands génies de la littérature russe.

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