samedi 30 décembre 2006

Une après-midi au marché d'Izmaïlovo


photo: l'enceinte du marché en plein air d'Izmaïlovo


La ville de Moscou comprend plusieurs marchés. Quand je dis marché je n’entends pas du tout le petit marché de quartier plein de charme italien mais plutôt le grand marché de type Rungis, à côté de Paris, où l’on y vend de tout, allant du dvd piraté au fruits et légumes en passants par les fausses montres jusqu’aux chapkas et aux vieux jouets soviétiques.

N’étant pas une grande fanatique des grands marchés après avoir vu ceux de Bangkok, mais plutôt une adepte du marché provençal sous les platanes le dimanche matin, je repousse la visite jusqu’au jour où après m’être faite arnaquée deux ou trois fois en achetant des dvds en anglais qui s’avéraient être uniquement en russe, je décide, avec ma copine Aurore de tenter l'aventure.

Nous décidons d’y aller un samedi, le rendez-vous était fixé à la station de métro Ploshchad Revolutsii à 14 heures. Nous devions descendre à la septième station de métro. Ni elle ni moi n’y avions donc mis les pieds auparavant. La seule chose que nous savions était que le marché était très visible depuis la station de métro et qu’il ne fallait que suivre la marée humaine pour y arriver.

En toute logique, sur la ligne de métro il y a une station qui s’appelle « Izmaïlovo », on se dit alors que c’est « notre station »et que nous descendrons à celle-ci. 1,2,3 départ nous sautons dans le métro et descendons à la septième station, environ une demie heure plus tard. Une fois sur le quai, nous regardons autour de nous mais aucun signe plus ou moins évident d’un grand marché à proximité. Nous décidons de demander notre chemin aux personnes qui attendent sur le quai mais nous ne comprenons pas les réponses. Le seul mot qui nous interpelle est le mot "Partizanskaya". C’est en jetant un coup d’œil à notre plan du métro que nous comprenons l’erreur ! nous nous sommes trompées de station !

Nous repartons donc en sens inverse et cette fois-ci nous y sommes ! Nous sortons de la station de métro jusqu’à la première rue mais n’étant pas non plus frappées par une masse humaine, nous décidons de marcher un peu jusqu’à ce qu’on trouve un signe de ce fameux marché. Au bout de 5 minutes, la délivrance nous sommes juste à côté d’un minibus qui a l’air de faire la navette de la station au marché. Ni une ni deux nous payons la modique somme de 15 roubles (env. 40 centimes) et montons dans le wagonnet blanc. Bien évidemment nous sommes les seules à parler français ; certains passagers nous ignorent totalement, d’autres nous regardent comme deux spécimens de foire.

Nous arrivons enfin mais à l’évidence nous ne sommes pas au bon endroit. Nous entrons dans un marché couvert où il n’y a que des vêtements. Tout est alors exactement comme les marchés en Asie la chaleur en moins. Il s’agit d’une petite fourmilière qui grouille de monde, des marchants, ouzbeks pour la plupart, courent avec leurs chariots et leurs brouettes remplies de toutes sortes d’objets dans tous les sens, nous ne manquons d’ailleurs pas de nous faire écraser par l’un deux. Nous essayons de demander où se trouvent les matriochkas et les dvds mais il est tellement difficile de se repérer dans ce dédale de petites ruelles quadrillées, que nous tournons littéralement en rond durant 30 minutes. Finalement je ne sais même plus comment nous nous sommes retrouvées devant l’entrée de « notre » marché tant désiré.

Nous nous acquittons de notre droit d’entrée de 10 roubles et finalement nous apercevons nos mythiques matriochkas alignées sur les stands et plusieurs autres stands qui vendent un nombre incroyable de ce que j’appelle des « guignol ries » inutiles.
Nous marchons le long des allées et scrutons attentivement ce marché aux bonnes affaires pour étrangers (d’où le droit d’entrée de 10 roubles, les autres marchés ne sont pas payants). Nous passons devant le stand des photos en noir et blanc, des fausses montres, des nappes, des chapkas, des matriochkas, des insignes soviétiques de tout genre, et puis le stand des chachliks (brochettes caucasiennes de viande – bœuf, poulet ou agneau servies généralement avec une tranche de pain). Cette petite ballade sans fin dans ce grand labyrinthe nous ayant donné un peu faim, nous décidons d’en commander deux et de les manger à l’intérieur, au chaud. Une fois attablées, nous remarquons d’autres touristes notamment américains et français qui en grignotent aussi.

Le temps passe et nous décidons de nous diriger vers ce pour quoi nous étions venues : les fameux cds et dvds piratés. Effectivement, nous trouvons le stand et il y a un choix incroyable de films qui ne sont même pas encore sortis en France sur grand écran et tout ça pour la modique somme de 100 roubles (2,5 euros) chacun. Quelle chance je vais enfin pouvoir mettre à jour la vidéothèque et nous allons pouvoir regarder autre chose que TV5 et Euronews !.

Nous repartons finalement chacune avec 10 dvds en se promettant d’y revenir bientôt.

Aucun commentaire: