dimanche 16 décembre 2007

Un week end à "Lada"

Il était une fois Lada, à quelques encablures de Moscou. Dix petits cottages perdus dans la nature au bord d'un étang gelé où pécheurs, promeneurs solitaires, aventuriers sur motoneiges s'adonnent à leur passe temps favori un jour de décembre, certes il manque un peu de soleil ce jour-ci mais le bon air et le calme sont au rendez-vous. Profitez alors d'un bon week end détente au milieu de la forêt, c'est comme on se l'imagine! un vrai conte de fée russe...
L'escalier de bois qui mène au bania et à l'étang (qui ressemble plus à un lac cela dit en passant!)



Il y a 3 tailles de cottages. Celui du haut ci se compose d'un petit salon TV, d'une cuisine et salle d'eau au rez puis au premier la chambre. Il y a un balcon et à l'extérieur tout le nécessaire pour faire vos chachliks. Pas besoin d'apporter sa viande, vous pouvez en commander au restaurant. Il y a également un room service.







Sur l'étang gelé recouvert d'une fine pélicule de neige. Nous sommes le 15 décembre, le soleil à de la peine encore à se montrer et il ne fait pas trop froid!






L'allée principale menant aux différents cottages. Il y a possibilité de faire du patin, du ski de fond, de la luge, le centre spa se trouve dans le resort "Istra" de l'autre côté de l'étang. Il y a bien évidemment un bania. Il y a un restaurant dans le resort et possibilité d'acheter quelques produits du quotidien dans un "produkti" à 1 km de là.



Jolie petite décoration de Noël sur le perron.

L'entrée du resort avec la réception au fond à gauche. Attention le personnel ne parle pas un mot d'anglais! tout se fait en russe.




Il est très facile de réserver. Rendez-vous directement sur le site internet http://www.istraholiday.ru/ (le site est en anglais), vous choisissez vos dates puis le type de cottage. Le lendemain ou deux jours plus tard vous recevrez un email où on vous demandera de venir régler l'intégralité de votre séjour à l'office de vente situé à Moscou: Oul. Miasnitskaïa 24/3 (le numéro du bâtiment est un peu difficile à trouver) il faut entrer dans une cour puis c'est au fond à gauche. Il y a un panneau sur la porte d'entrée. Tél: 775 55 50.
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Une fois le réglement fait la personne vous donnera une brochure avec un plan détaillé pour vous y rendre et le cottage n'est pas difficile à trouver. Attention il y a deux cottages: Istra et Lada. Se sont deux cottages appartenant au même resort mais ils ne sont pas situés l'un à côté de l'autre. Le complexe Istra est plus grand et de nombreuses activités y sont proposées, beaucoup plus qu'à Lada. Celui de Lada est beaucoup plus petit mais plus charmant. Faites votre choix! Les deux se trouvent à environ 40 km du MKAD, soit env. 75 km du centre de Moscou.
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mercredi 12 décembre 2007

Une étoile dans la maison haute

Née en 1910 à Saint Petersbourg, Galina Oulanova aura toute sa vie durant dédié sa vie à la danse. Même si toute jeune elle aspirait à une toute autre carrière, les turbulences du début de ce siècle vont la conduire, sous les conseils avisés de sa mère ballerine également, à épouser la carrière de danseuse classique. En 1917, sous les conseils de celle-ci, elle va donc entrer dans l'internat de l'école chorégraphique de Saint-Petersbourg. C'était à l'époque, selon sa mère, un bon moyen pour elle de ne manquer de rien et d'être à l'abri des lendemains incertains en pleine période révolutionnaire. Durant toute sa jeunesse elle n'entendra que les mots "il doit" et "il faut", répétés maintes et maintes fois par sa mère dont le seul but était de la mettre à l'abri du besoin.



Il fallait qu'elle soit la meilleure, l'étoile que personne ne pourrait atteindre. La danse est un art mais une école de vie et Galina atteindra le sommet de son art par sa persévérance et sa volonté. Son professeur lui enseignera une technique rigoureuse, insistant sur une stricte tenue du torse et des positions des bras pour ce qui concerne l'expressivité, et sur les jambes pour la virtuosité. Plus tard c'est toute sa capacité à exprimer les émotions qui fera toute la différence. C'est pour cela d'ailleurs qu'elle fut autant admirée. Son talent de comédienne associé à l'art de la danse aura créé un tournant dans l'histoire de la danse classique russe. Stanislavski créa le théâtre et l'opéra dramatique, Oulanova introduisit ce système sur scène. Le moindre de ses gestes se devait d'exprimer, d'épouser le rôle.



Elle sera notamment la première danseuse à interpréter Roméo et Juliette de Shakespeare et par hasard ou par amour pour ce rôle, c'est à l'âge de 50 ans, à Vérone, sous le célèbre balcon qu'elle décidera de mettre un terme à sa carrière.


Après des débuts au ballet du Kirov en 1928, elle passera au théâtre Bolchoï, où elle sera soliste de 1944 à 1960. Après son retrait de la scène elle fut nommée professeur et continua à enseigner la chorégraphie jusqu'à sa mort en 1998.


Très appréciée par tout un peuple elle le fût également de Staline qui insistera pour qu'elle n'habite qu' à Moscou, bien qu'elle eut toute sa vie regretté d'avoir quitté son Saint-Petersbourg natal. "En tant que ballerine du Bolshoï elle doit vivre à Moscou", se répétait à dire Staline à propos d'un éventuel retour aux sources. Et connaissant le bonhomme il valait mieux ne rien dire. Galina Oulanova emménagea en 1952 dans la mythique tour stalinienne du quai des Chaudronniers, qui fut édifiée par des détenus du goulag. Cette tour que je qualifierais de ni belle, ni affreuse mais spectaculaire fût et restera l'un des emblèmes de l'époque soviétique. À compter de ce jour, elle ne le quitta plus, et fit à jamais partie de cette élite artistique qui résida dans la maison haute 1/ du si célèbre quai.





La visite de l'appartement de Galina Oulanova est intéressante à plus d'un titre car non seulement elle vous permet d'accéder dans ce bâtiment, symbole de toute une époque, mais en plus elle vous permet de vous imprégner de ce que pouvait être la vie de ces privilégiés d'un autre temps. Situé au 6 ème étage, l'appartement offre une vue spéctaculaire sur le Kremlin et la Moskva. D'une superficie de 145 mètres carrés, il est assez grand pour un appartement "privatif" 2/ de l'époque soviétique.



Sa demeure est raffinée, meublée avec goût. Contre un mur du salon est accroché un grand miroir devant lequel inlassablement elle faisait ses exercices quotidiens, appuyée sur une chaise en guise de barre. Elle disait souvent "comment peut-on aimer faire ce qui est si difficile". Tout dans cet appartement-musée raconte la vie artistique de cette ballerine. Elle n'a jamais accroché de photos d'elle sur les murs par contre de nombreux objets, pour la plupart des figurines liées au monde de la danse, ornent l'appartement. Ce sont essentiellement tous des cadeaux d'admirateurs qu'elle gardait précieusement.




Dans la bibliothèque environ 2,500 livres, principalement sur les beaux-arts, dont 300 dédicacés sont soigneusement rangés. Dans une autre pièce, la seule qui fut transformée après le décès de la ballerine, on y voit quelques chaussons de danse (c'est d'ailleurs intéressant de voir qu'elle a pu être l'évolution du chausson de danse en 75 ans!), des costumes de scènes, une lettre du pianiste Richter, des photos de répétitions, un dessin de Chagall dédicacé, des photos d'artistes amis.



En 1956, elle fit partie, avec Rostropovitch, des quatre premiers artistes soviétiques à pouvoir quitter le pays pour des tournées à l'étranger. Après son retrait de la scène en 1960, elle fut nommée professeur et continua à enseigner la chorégraphie jusqu'à sa mort en 1998. Elle repose aujourd'hui au cimetière Novodievitchi, en face de la tombe de son premier compagnon de voyage, Mstislav Rostropovitch.



La visite de l'appartement-musée se fait sur rendez-vous uniquement au (095) 915 44 47.

1/ La Maison Haute est le titre du livre écrit par Anne Nivat sur la fameuse tour stalinienne du quai des Chaudronniers.
2/ En opposition avec les appartements communautaires où la majorité de la population habitait.


Adresse: 1/15 Kotelnitcheskaïa nab. - Appt.185. Métro Taganskaïa puis à pied ou en Trolleybus n. 63 ou 16.


dimanche 2 décembre 2007

Valenki...Les bottes venues du froid


photo: des valenki personnalisées


Si vous n'habitez pas en Russie, vous n'aurez certainement jamais vu ni entendu parler des valenki. Moi-même il m'a fallu attendre mon premier hiver à Moscou pour voir ces étranges bottes portées dans la rue sans pour autant savoir en quelle matière elles étaient faites. Je vous rassure ces bottes d'un autre temps ne courent pas les rues de Moscou - je n'ai vu d'ailleurs que deux personnes en porter - elles sont mêmes en voie de disparition. Vous vous dîtes alors que vous comprenez très bien pourquoi. Au regard de la photo on ne les trouve pas forcément endossables et encore moins confortables. Et bien sachez que ces bottes en feutre typiquement russes commencent à bien se faire connaître en Europe par le biais de grands couturiers, tel que Gianfranco Ferre, et elles ont su se faire remarquer sur les podiums internationaux lors des défilés de la saison automne-hiver 2006-2007. La version archaïque a laissé place à une version plus haut de gamme et aujourd'hui les élégantes les portent décorées de strass, de broderies, de tapisseries etc...



Revenons un petit peu en arrière...







Les valenki, considérées comme des chaussures typiquement russes, seraient en réalité d'origine mongole (valenki de forme mongole sur la photo du haut). Et oui, la Russie ayant été envahie tout au long de son histoire passée par des peuples d'Asie centrale, il fallait bien que les mongoles leur laissent quelques souvenirs en héritage. Cependant, bien que d'origine mongole, les valenki russes sont uniques sur un point essentiel (les connaisseurs vous le diront): elles n'ont aucunes coutures. L'idée paraît incroyable mais c'est vrai.


en photo: Valenki en version caucasienne

Dans les familles paysannes, les bottes de feutre étaient reçues par voie de succession, les moyens de résister au cruel froid de l'hiver n'étant pas bon marché. Le tsar Pierre le Grand estimait que les valenki avaient des qualités curatives. "Si le matin vous avez la "gueule de bois", mettez vos pieds nus dans les bottes de feutre et avalez une écuelle de soupe au chou aigre", recommandait-il.



Catherine II les utilisait pour soigner ses rhumatismes et permettait aux dames de la cour de mettre des bottes de feutre même avec des robes d'apparat. Elles aimaient aussi porter des bottillons souples en feutre.



Autrefois, la gamme de couleur des bottes de feutre russes était restreinte: gris, noir et blanc. Maintenant on en trouve en orange, vert ou violet et elles sont faites à partir de tout type de laine. Il y en a même en poil de chameau!


La laine travaillée de manière très compacte procure une excellente isolation contre le froid; et il est tout a fait possible de marcher avec ces bottes dans la neige fraîchement tombée. Par contre, lorsque le sol devient humide, on se doit d'ajouter une sur chaussure en caoutchouc sur la partie inférieure de la botte (à peu près jusqu'à la cheville) et qui empêche la chaussure d'absorber l'eau.




photo: laine d'agneau


Il existe dans le centre de Moscou un très récent musée des Valenki. Il se situe non loin de la station de métro Paveletskaïa. La visite guidée est très ludique et fort intéressante. Je vous le conseille vivement lors de vos week end hivernaux. Il vous suffit de prendre rendez-vous et une charmante demoiselle vous expliquera l'histoire ainsi que les secrets la fabrication de cette étrange botte. Toutes les photos qui apparaissent dans l'article ont d'ailleurs été prises sur place.



photo: machine traditionnelle servant à étirer et aplanir la laine



photo: par un procédé de compression manuelle l'ébauche de gauche devient la botte non encore terminée qui est à droite!



photo: les valenki de l'espace!





Le musée se situe au 2ème Kozhevnitchesky per., 12. Tél: 775 25 77. email: elvira-valenki@yandex.ru



en photo: La grande boutique attenante au musée où vous trouverez des valenki mais aussi d'autres articles en feutre. La boutique est ouverte tous les jours même le week end sans interruption de 10h30 à 20h30. Vous pouvez également sur place commander vos valenki personnalisées.

samedi 1 décembre 2007

les bulbes dorés s'illuminent sous le soleil

Samedi 1 décembre 2007. Il fait -8 degrés et il est 13h30

lundi 26 novembre 2007

Sviatoslav Richter

C'est un peu surprise que j'arrive au numéro 2/6 de la rue Bolchaya Bronnaya, dans le centre de Moscou. Un immeuble gris et triste des plus quelconques se dresse devant moi. Je suis devant l'entrée de l'immeuble où se trouve, au seizième étage, l'appartement mémorial de Sviatoslav Richter, l'un des plus grands pianistes soviétique du XXème siècle. Je suis surprise car, au premier coup d'oeil je m'attendais à une ancienne maison à l'architecture russe ou néo classique, mais j'étais loin de penser qu'il habitait dans un immeuble soviétique sans aucune originalité. Après avoir pris l'ascenseur, une dame d'un certain âge nous souhaite la bienvenue et nous prie d'entrer.
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En découvrant la simplicité, voire la tristesse du lieu je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi l'appartement qui lui avait été attribué par le Parti à l'époque, n'était pas situé par exemple dans la maison du quai des Chaudronniers, ou un bon nombre de privilégiés avaient leur résidence. Cet appartement qui avait abrité durant de nombreuses années un génie, un enfant chéri du pays; de surcroît officiellement reconnu par le régime soviétique, aurait dû à mon humble avis habiter ailleurs, enfin c'était l'idée que je m'en étais faite!
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L'appartement est certes vaste mais la décoration est des plus minimalistes. Hormis une Volga bien évidemment noire (voiture soviétique), qu'il ne conduisait d'ailleurs pas, aucun signe extérieur de richesse n'entoure cet homme. Or, s'il y a bien des personnalités qui ont pu bénéficier de traitements de faveur, se sont généralement toutes; outre les cadres du Parti, des personnalités du monde scientifique, littéraire et artistique.
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Le gouvernement lui attribuera donc deux appartements, un pour lui, l'autre pour sa femme. Ils le réuniront par la suite en un seul appartement. Ce n'est qu'après en avoir appris un peu plus sur la personnalité de cet homme au travers de ma visite guidée et la formidable présence de Victor; son assistant ou homme à tout faire (il n'en dit d'ailleurs pas trop sur le sujet), que je comprends pourquoi cet appartement est tel qu'il est, démunit de tout luxe ostentatoire, sans grande décoration, juste le strict nécessaire.


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Sviatislav Richter est un homme qui a dédié toute sa vie et son génie à la musique. Il a toute sa vie durant privilégié l'expression des sentiments au travers de la musique, rien d'autres ne devait entraver cette passion. Il n'accordait donc aucune importance aux biens matériels. Rien, disait-il, ne devait éloigner son esprit de la mélodie. Les rares objets de décoration qui ornent d'ailleurs son appartement ne sont, pour la plupart, que des cadeaux offerts par des admirateurs étrangers, notamment italiens.

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À ce sujet j'apprends que les deux pianos situés dans la pièce majeure, c'est-à-dire l'atelier de l'artiste (pièce où d'ailleurs il dormait également), lui ont été offert en 1961, lors de sa première tournée aux USA. Pendant longtemps il ne réussira pas à les faire livrer en Union soviétique, le régime de l'époque ne comprenait pas pourquoi un pays d'Occident pouvait offrir un tel cadeau. Victor nous dit alors que le gouvernement soviétique devait se sentir vexé dans le sens humilié, car ça voulait dire que le régime n'était pas capable de bien s'occuper de ses artistes. Ce n'est que bien plus tard qu'il pourra en toute légitimité les faire venir à Moscou.



Anticonformiste, insoumis, sauvage, simple, sensible, déroutant, autodidacte, génial; voici peut être les adjectifs qui qualifient le mieux Sviatoslav Richter, ce grand homme de la musique qui, en 1937 à l'âge de 22 ans arrive à Moscou sans jamais avoir auparavant étudié la musique avec un professeur.

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Son père, allemand de naissance vivra 23 ans en Autriche avant de rencontrer sa future femme de nationalité russe. Ils se marient en 1914 à Odessa et Richter est naturalisé russe. Sviatoslav naît de cette union le 20 mars 1915. Dès son plus jeune âge le jeune Richter traverse les années tristes et sombres de son pays: Première guerre mondiale, la Révolution d'Octobre, la guerre civile puis la seconde guerre mondiale. On pourrait alors dire que sa sensibilité slave, son perfectionnisme germanique mêlé à ces bouleversements historiques du XX ème siècle y ont été pour quelque chose dans la maturation de son génie.


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C'est son père, lui même pianiste et organiste, qui lui enseignera les bases de la musique. Mais à partir de là, et dès l'âge de 6 ans il développera seul sa technique en jouant ce qu'il aime, avec les seuls encouragements de sa mère, son père n'appréciant guère sa façon de jouer. Doué d'un instinct musical étonnant il passera des heures à jouer au piano.

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C'est à l'âge de 22 ans, donc, qu'il gagne Moscou et s'inscrit au conservatoire de musique. Heinrich Neuhaus, l'un des pianistes les plus réputés de l'époque devient son professeur, et c'est aussi chez lui et sa femme qu'il résidera à Moscou les premiers temps. Bien que très doué, son comportement un peu marginal et sauvage lui vaudra son exclusion du conservatoire à deux reprises. En effet, l'idée d'être contrôlé lors d'un examen de musique ne l'enchantait pas du tout.

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Au vue de sa personnalité on peut dire, je pense aujourd'hui, que c'est grâce à l'école russe de piano qu'il pourra à son aise et en suivant ses émotions donner autant libre cours à son interprétation. En effet, l'école russe de piano, contrairement aux écoles européennes, est une école du son, du jeu chantant et de la liberté. Cette approche de la formation musicale existe toujours de nos jours en Russie, et c'est pour cela peut être que la passion de la musique et l'approche pédagogique des slaves produit encore autant d'excellents musiciens.





Son premier concert à Moscou eut lieu en 1940 et les années suivantes il se produisit dans toute l'URSS. Ce n'est qu'en 1960, qu'il connait la célébrité à l'Ouest après une tournée triomphale aux USA. Il réalisa également des concerts en Finlande, en Angleterre, en France, en Italie dans les pays scandinaves et au Japon.

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Il n'était pas rare que Richter, épris de liberté, choisisse un cadre peu traditionnel pour organiser ces concerts. Un jour d'ailleurs en passant près de la ville de Tours, en France, il tomba amoureux d'une grange en pleine campagne. En accord avec les autorités il la fit nettoyer, testa l'acoustique et y organisa des soirées musicales dans la plus grande simplicité. Fût alors créé en 1964 le festival de la grange de Meslay en Tourraine où il s'y produisit chaque année. En 1986, il choisit également de réaliser une tournée en Sibérie, où il réalisa des concerts dans les villages les plus reculés.

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Talentueux, reconnu chez lui et à l'étranger, il n'a toutefois jamais aimé la publicité qui pouvait se faire autour de lui et de son oeuvre. Sa simplicité et sa dévotion à la vraie musique le poursuivra tout au long de sa vie. Il n'acceptera d'ailleurs qu'à deux reprises de dévoiler un peu de son intimité au travers d'un entretien exceptionnel avec Bruno Monsaingeon. Ce-dernier réalisera un film autobiographique et écrira également un livre. On est alors en 1996 et ce n'est que peu de temps après, en août 2007, à l'âge de 82 ans que Sviatoslav Richter s'éteindra à Moscou, des suites d'une crise cardiaque. Il est aujourd'hui enterré au cimetière Novodievitchi.

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en DVD "Richter l'insoumis", film de Bruno Monsaingeon


Livre de Bruno Monsaingeon "Richter écrits conversations"


Pour visiter son appartement mémorial vous devez réserver auprès du musée des Beaux-Arts Pouchkine. Tél: 203 79 98.

jeudi 22 novembre 2007

Vue depuis notre appartement

Photo prise le 22 novembre 2007 à 12h, depuis le balcon de la salle à manger. En arrière plan le Kremlin de Moscou. Un ciel dégagé, grand soleil il fait -6 degrés

Photo prise le même jour à 15h30

lundi 19 novembre 2007

Noël en Russie... pas si différent!


À vos calendriers!


Jusqu'en 1923, la Russie a conservé l'usage du calendrier Julien créé en 45 avant J.-C par Jules César et réformé en 1582 par le pape Grégoire XIII sous le nom de Calendrier Grégorien.

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Lors de la réforme grégorienne, le calendrier Julien se trouva en retard de 10 jours sur le nouveau calendrier. Ainsi, le 5 octobre 1582 devint le 15 octobre 1582. Lors de la Révolution soviétique, en 1917, le calendrier Julien était en retard de 13 jours par rapport au grégorien. Le 1er janvier 1917 Julien correspondait à 1+13 soit le 14 janvier Grégorien.

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L'alignement par décret du calendrier russe sur le calendrier occidental a été de la part du gouvernement soviétique une décision politique pratique. La conservation du calendrier Julien par l'Eglise Orthodoxe avait été, de la part de celle-ci en 1582, une prise de position contestataire vis-à-vis du "modernisme" de la papauté romaine. Ce même conservatisme anime toujours l'Eglise russe. Pour les orthodoxes, Noël se fête le 7 janvier, le jour de l'an le 14 etc...

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Depuis la chute de l'URSS , le 7 janvier est un jour férié, ce qui facilite grandement le regroupement familial. Il n'est pas rare que des moscovites parcourent plusieurs milliers de kilomètres pour se retrouver en famille au fin fond de la Sibérie!

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Les années de dictature communiste ont contribué à la disparition partielle des coutumes religieuses car la libertée de croyance n'existait plus. Actuellement, des russes renouent avec la tradition. Voici donc quelques rites de Noël.


Les principales coutumes de Noël en Russie


La fête de noël russe est précédée d'un carême qui commence le 28 novembre et se termine le jour de Noël. Le premier dimanche de ce carême, les russes mangent du poisson: c'est le début de quarante jours maigres. La veille de Noël est appelée "sotchevnik". Ce nom provient du mot "sotchiva" qui est un met rituel que les russes mangeaient ce jour-là. Le jour J, la famille se rassemble autour d'un repas souvent concocté par la maîtresse de maison ou par la babouchka, la grand-mère russe.

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Le soir du 6 janvier, les russes pratiquants vont à l'office religieux, puis s'attablent pour le réveillon. Dans l'église, enfants et adultes chantent en coeur à la gloire de Jésus-Christ. Les enfants portaient une étoile accrochée à une perche et frappaient aux portes. Ne pas recevoir les petits chanteurs était considéré comme un péché. En retour, les gens leur donnaient de l'argent, du pain d'épices, des petits gâteaux. Les chansons appelées "Koliada" viennent de la religion païenne. À l'époque elles symbolisaient le culte des forces de la nature.

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La solidarité, en ce jour plus qu'à un autre, prend tout son sens pour les russes. Durant la veillée de Noël on apporte un peu de chaleur aux plus démunis en leur offrant le gîte et le couvert. Au retour de l'office religieux, les russes s'attablent pour le réveillon. Il était interdit de manger avant l'apparition de la première étoile, en hommage à celle de Bethléem qui avait annoncé la nativité aux rois mages. À la première étoile, on se met à table et partage des petites galettes de pain azyme en échangeant des souhaits de bonheur et de joie.

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Le repas de Noël

Il fallait servir 12 plats - exigence que la réalité économique avait modifiée - On servait de la Koutia (obligatoire car les autres sont au choix), des plats à base de poisson, des blinis, des pieds de boeuf en gelée, le porcelet farci, du saucisson, du boeuf braisé, des piroguis, des pains d'épices, des biscuits au miel et au pavot, des ouzvars, les boissons diverses...

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Aujourd'hui, la table est souvent composée de nombreux zakouskis (hors d'oeuvre) dont la présentation est très soignée. Le choix des zakouskis sera différent d'une famille à une autre. Les familles aisées préféreront les zakouskis raffinés tels que caviar noir (caviar) ou caviar rouge (oeufs de saumon).

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À la fin du repas les russes laissent sur la table une assiette de "polach" (pain tressé) entre deux chandelles allumées en mémoire des défunts de la famille.

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Le décor de la table est lui aussi très important: égayée de bougies et de nappes chatoyantes, la table illumine toute la maison. Le Koutia et l'Uzvar sont les deux desserts traditionnels: le premier est une sorte de gâteau, d'origine ukrainienne, préparé avec du gruau de sarrasin concassé, du miel et de la girofle. Le second est une compote de fruits secs.
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Autour de la table

Le pays ne manquant pas de bois, les beaux sapins apparaissent dans les foyers, les écoles et sur la ou les places centrales de chaque ville (à Moscou il y a un sapin sur chaque place ou lieu important). Mais, contrairement à la tradition occidentale, il n'y a ni crèche ni décoration spéciale. Des spectacles sont organisés autour des sapins où le Père Gel distribue des cadeaux. Traditionnellement ce sont des paquets remplis de bonbons, chocolats et petits jouets.
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Père Noël?
Le Père Noël existe aussi en Russie mais son nom est différent, il s'appelle le Père Gel (Ded Moroz). Il est accompagné de sa petite fille Snegorouchka qui veut dire la petite fille des neiges. Ils sont les deux personnages indissociables du Noël russe.
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Le Père Gel est habillé d'un long manteau rouge orné de fourrure blanche. C'est un homme plutôt âgé avec une barbe blanche. Il voyage en troïka tiré par des chevaux et non des rennes. Sa petite fille est habillée d'une robe bleue ou blanche décorée de paillettes, elle porte sur la tête un magnifique diadème orné de pierres.
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La dénomination de Père Gel provient du fait qu'en Russie, au début du mois de janvier, une grande vague de froid traverse tout le pays.
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À l'époque de Noël les enfants sont en vacances et participent à différents spectacles, toujours en présence du Père Gel, de Snegorouchka et des personnages populaires des contes russes parmi lesquels la méchante Babayaga, qui essaie de résonner les enfants, en vain!
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Sources: www.russievirtuelle.com, www.orientale.fr

mercredi 7 novembre 2007

L'Anneau d'Or - Souzdal






Souzdal... Un nom aux consonances magiques qui fait naître une multitude d'images... Une troïka s'enfonçant dans la neige, le carillon d'une église, le serpentement d'un ruisseau, des églises aux bulbes dorés, verts ou bleus. Souzdal est depuis longtemps synonyme des époques lointaines qui ont laissé leurs traces dans l'histoire de la Russie. Ses champs s'étendent à perte de vue, sa terre noire est une des plus fertiles de la région et y est activement cultivée. Arriver à Souzdal c'est comme remonter le temps, la ville a gardé un caractère rural, il n'y a aucune industrie, seule la campagne est maîtresse des lieux.





Souzdal est le berceau de l'État russe car ses princes, devenus princes de Vladimir puis de Moscou allaient être les rassembleurs « de toutes les Russies » avant de prendre le titre de tsar. La ville se situe à 28 km au nord de Vladimir et à environ 220 km de Moscou en direction de l'est. On y accède uniquement en voiture, car au moment où l'occasion leur fut présentée, les Souzdaliens refusèrent le passage du chemin de fer dans leur ville. Ce qu'ils perdirent en progrès ils le gagnèrent donc en tranquillité et purent ainsi conserver leur patrimoine.




Souzdal est une des plus belles villes de l'Anneau d'Or, et bien que n'ayant que 12 000 habitants, elle compte environ 200 curiosités d'une grande beauté; dont cinq monastères, de nombreuses églises et de nombreux joyaux de l'architecture civile. En 1992, ses meilleurs ensembles architecturaux ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.




Il faut bien compter deux ou trois jours pour découvrir pleinement les joyaux de cette ville-musée. La visite des couvents, monastères, églises et musées est à prendre en compte, mais chaque coin de rue recèle sa part de mystère et qui sait ce que vous pourrez bien voir...



La ville peut facilement se découvrir à pied mais les températures hivernales vous contraindront à alterner marche et voiture. Construite autour d'un axe linéaire, qui est la rue Lénina, vous pourrez facilement vous repérer par rapport aux bulbes des églises et vous faufilez dans les ruelles bordées de toute part par les maisons qui sont encore toutes construites en bois.







Le musée de l'architecture russe du bois et de la vie paysanne, reconstitue un village russe où tout était en bois. Ce musée est sans conteste un des plus beaux de Souzdal. Toutes les bâtisses visibles dans ce musée en plein air ont toutes été construites sans un seul clou. Ci-dessous deux photos de l'église de la Transfiguration, située dans le musée en plein air.





Le couvent de l'Intercession est occupé par une petite communauté de religieuses, après avoir été fermé durant la période soviétique. Au centre, la cathédrale de l'Intercession (photo ci-dessous). Ce couvent abrite également depuis plusieurs années 14 isbas qui peuvent être louées, dont un restaurant, lui aussi tout en bois qui sert une cuisine typique russe très bonne.




Ce couvent était à l'origine l'endroit où les tsars exilaient leurs épouses répudiées. Parmi elles, la première femme de Vassili III, fut envoyée dans ce couvent en raison de sa stérilité supposée. Lorsqu'elle tomba enceinte, il était trop tard pour éviter le divorce. Elle donna naissance à un fils dans ce couvent. Craignat qu'il ne soit un dangereux rival pour les héritiers que pourraient engendrer la nouvelle femme de Vassili III , sa mère le fit adopter secrètement et prétendit qu'il était mort. L'histoire peut être ironique puisque la seconde femme de Vassili lui donna effectivement un fils: Ivan le Terrible...



Le monastère du Sauveur-Saint-Euthyme (photo ci-dessus) est le plus grand monastère de Souzdal. Devant la cathédrale de la Transfiguration, un haut clocher (photo ci-dessous), fait entendre son carillon toutes les 90 minutes. Les week-ends d'été a lieu une fois par heure un bref concert a cappella.




Le Kremlin de Souzdal (photo ci-dessous) est bien antérieur au kremlin de Moscou. Il ne reste pratiquement rien de sa construction d'origine, seule la cathédrale de la Nativité et ses bulbes bleus rayonnent (lorsqu'il y a du soleil) sur la prairie environnante. Le joyau de la cathédrale se sont les Portes-d'Or. Leurs énormes vantaux recouverts de motifs en or sur le fond noir des feuilles de cuivre constituent un trésor inestimable de l'art russe du Moyen Âge.





La place du commerce (photo ci-dessous) et l'église Notre-Dame-Consolatrice-de-Tous-Les-Affligés qui date de 1787. Cette place, bordée par les arcades des galeries marchandes est restée un lieu de commerce où se vendent les produits de saison et les objets typiquement russes de toutes sortes. Les rares restaurants de Souzdal sont presque tous à deux pas de cette place.





La rue Lénine (photo ci-dessous), la principale artère de Souzdal, bordée de maisons basses en pierre. La ville possède plusieurs maisons du XVIII ème, mais la plupart ont subi des remaniements et font l'objet de travaux d'étude et de restauration. Du XVII ème, il ne reste qu'une maison de pierre presque intacte. Elle aurait appartenu à un prêtre célèbre de Souzdal. Cette maison à une valeur inestimable dans la mesure où il n'y a que peu de bâtiments civils de cette époque sur l'itinéraire de l'Anneau d'Or et plus généralement en Russie.




Sur la photo suivante le bus reliant Vladimir (600,000 habitants) et Souzdal.





En quittant Souzdal pour la ville d'Ivanovo, sympathique route avec de nombreux nids-de- poule... Il faut savoir qu'en quittant les grands axes routiers de la Russie vous n'êtes pas à l'abri de quelques surprises...