jeudi 26 avril 2007

La passion selon Boris Eltsine


Rares sont les étrangers qui savent, qu'hormis son amour fidèle à la vodka, Boris Eltsine fut aussi un passionné de tennis. Il était fréquent de le voir aux finales de tennis à Moscou ou à l'étranger supporter comme il se doit l'équipe de Russie. Je me souviens l'avoir vu la dernière fois lors de la finale de la coupe Davis en 2006, accompagné de son épouse et de son petit fils. Je pense qu'il devait s'agir d'une de ses dernières apparitions publiques puisqu'il ne se déplacait que très difficilement.
---
Yevgeny Kafelnikov, Marat Safin et Maria Sharapova ont porté le tennis russe à sa gloire, mais c'est Boris Eltsine qui a si manifestement aidé à le rendre si populaire. Selon Shamil Tarpishchev, c'est principalement grâce à l'ancien président que ce sport - considéré comme étant un sport bourgeois sous le communisme - est devenu un passe temps qui s'est développé parmi la population russe. Tarpishchev ajoute qu'en Russie le nom de Eltsine est devenu synonyme du mot tennis en Russie et que sa passion pour ce jeu a eu un effet profond et déterminant sur la perception de ce sport par la population.
---
Aujourd'hui, le tennis est devenu un sport populaire, tout comme le sont le football et le hockey, mais aussi celui qui a le plus de succès. Eltsine joua un rôle très important dans la démocratisation du tennis depuis son accession au pouvoir en 1991. Le fait qu'il ramasse une raquette de tennis en 1992 fut le moment le plus significatif dans l'évolution de ce sport en Russie, dit Tarpishchev.
---
Depuis, Eltsine ne manqua jamais une finale de Coupe Davis. On se souvient de son déplacement à Paris en 2002 lorsque la Russie remporta la coupe 3-2. Il fut donc plus qu'un fan comme peuvent l'être la plupart des politiciens qui viennent supporter les couleurs d'un pays, il fut un réel passionné qui vivait chaque rencontre comme s'il jouait lui-même pour son pays.
---
source: "The Moscow Times" du 26 avril 2007

lundi 23 avril 2007

Musées galeries Moscou

Les musées en Russie sont le plus souvent fermés le lundi mais il existe des cas particuliers (par exemple le Kremlin), je vous conseille vivement de vérifier les jours ouvrables en appelant au préalable
  • MMOMA - Musée d'Art Moderne de Moscou

www.mmoma.ru


Le Musée d'Art Moderne de Moscou, un des plus récents parmi les musées moscovites, a été ouvert le 15 décembre 1999. Jusqu'à ce jour, il est le seul musée d'art contemporain à Moscou ayant une collection permanente. Plus de 1,500 oeuvres d'artistes russes et étrangers y sont exposées.


Les fonds principaux du musée comprennent des oeuvres classiques d'avant-garde russe de la première et seconde génération. La collection actuelle se complète régulièrement par de nouvelles oeuvres.


Le musée est situé dans deux bâtiments faisant partie du patrimoine public. La collection permanente est exposée dans un manoir de la fin du XVIII siècle, la propriété du marchand Goubine, situé au 25, rue Petrovka, tél: 694 6660. Les autres expositions sont situées dans d'autres bâtiments au 17, ruelle Yermolayevsky. Tél: 694 2890.

  • Le Musée Andreï Roublev (monastère-musée)

fermé le mercredi et le dernier vendredi de chaque mois. Ouvert de 11h à 18h.

Adresse: Monastère Andronikov, Andronevskaya plochad, 10. Tél: 278 14 67. Métro: Rimskaya.


Même si l'on est pas un grand amateur d'icônes, ce musée en vaut le détour. Le monastère-musée se trouve proche du centre mais loin de son agitation. Le moine Roublev y décora les murs de la cathédrale au début du XV siècle. L'exposition vous permettra d'avoir quand même une idée de l'évolution de l'art de l'icône au cours des siècles. Aucune oeuvre de Roublev n'y est exposée mais plusieurs de ses disciples y sont représentés.


  • Leonid Shishkin Gallery (art soviétique)

www.shishkin-gallery.ru


Adresse: 29, Neglinnaïa oulitsa - métro: Tsvetnoï bulvar (ligne grise)


Cette galerie expose les oeuvres d'artistes russes de l'époque soviétique. Sont exposées notamment les oeuvres d'Alexander Gerasimov et Sergei Gerasimov, les deux représentants majeurs de l'art soviétique, tout aussi importants pour l'impressionisme russe que Rembrandt pour l'art européen du 17ème siècle. À eux deux ils représentent les deux pôles idéologiques de l'époque: le libéralisme et le conservatisme. En 1943 ils ont les deux reçus le titre d'artistes nationaux de l'URSS et furent élus membres de l'Académie des Arts de l'URSS. Cette distinction leur procura de nombreux avantages et une grande notoriété de leur vivant. Ils représentent aujourd'hui les deux piliers de l'impressionisme russe.

  • La maison de Bourganov (sculptures contemporaines)

www.burganov.ru


Située en plein coeur du vieux Moscou, dans le quartier du vieil Arbat. L'exposition de sculptures est en majeure partie à ciel ouvert. Le professeur Bourganov a commencé en exposant ses propres oeuvres et les pièces de sa collection privée. Le musée comprend aussi des expositions temporaires.


Ouvert tous les jours de 11 à 19 heures. Adresse:Bolshoï Afanasyevsky Pereulok 15, bâtiment 9. Métro: Arbatskaïa (ligne bleue). Tél: 202 1547


"Le bossu" de Bourganov


  • La galerie Tretiakov

www.tretyakovgallery.ru

Il s'agit d'un des plus grands musées du monde. Le plus important en ce qui concerne l'art russe. Il est la création d'un seul homme, un passionné d'art doué d'une intuition incroyable, un génie de la découverte: Pavel Tretiakov (1832-1898). Il aurait pu se contenter d'être un riche marchant d'art pratiquant le mécénat mais il avoua, vers la fin de sa vie, qu'il avait toujours été guidé par l'idée que tout l'argent gagné devrait un jour revenir au peuple, au travers d'institutions d'utilités publiques. En 1892, il légua toute sa collection à la ville de Moscou. Il y aujourd'hui plus de 60 salles organisées en 7 départements. La galerie propose une collection permanente et des collections temporaires. Régulièrement la ville fait l'acquisition de nouveaux emplacements afin d'y exposer d'autres expositions temporaires.

Adresse: Lavrouchinski pereulok, 10. Tél: 238 1378. Métro: Tretiakovskaïa (ligne jaune). Fermé le lundi, ouvert de 10h à 18h30 (fermeture de la caisse)


  • La nouvelle galerie Tretiakov (contemporain)

www.tretyakovgallery.ru

La nouvelle galerie Tretiakov expose de façon permanente l'art russe du XX siècle. Elle comprend également des expositions temporaires.

Adresse: 10, Ul. Krymsky Val. Tél: 230 7788, 238 1378, 951 1362. Métro: Park Kultury (ligne rouge).

Fermé le lundi. Ouvert de 10h à 18h30 (fermeture de la caisse)

  • Le musée des Beaux-Arts Pouchkine

www.museum.ru/gmii

Il abrite la plus grande collection d'impressionnistes français de Russie. Il est aussi particulièrement renommé pour ses collections post-impressionnistes et du XX sièclle. On peut y voir aussi des peintures plus anciennes, de Boticelli, de Rembrandt et de Rubens, ainsi que des objets datant de l'Egypte ancienne, donation de l'égyptologue russe Vladimir Golenichtchev. Le musée se compose de trois bâtiments. Vous pouvez acheter tous les billets dans le bâtiment principal (ci-dessous).

Adresse: 12 ou 14 Ul. Volkhonka. Métro: Kropotkinskaïa. Ouvert de 10h à 19h. Fermé le lundi. Tél: 203 7998/9578

  • La galerie Guelman (contemporain)

www.guelman.ru

Il s'agit de la première et de la plus fameuse galerie d'art contemporain qui est apparue juste après l'effondrement du communisme en 1990. Expositions temporaires d'art contemporain russe uniquement.

La galerie d'art contemporain M. Guelman vient d'investir les locaux du tout nouveau complexe d'art contemporain "Winzavod". Elle garde toutefois son espace à Polianka.

Adresse: Winzavod - 4th Siromyatnicheskiy pereulok. 1/6. Tél: 228 1159. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 12h à 20h.

Adresse: Malaïa Polianka 5. Tél: 238 8492. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 12h à 20h.

  • Le Kremlin (expos permanentes et temporaires)

Bien évidemment le Kremlin, inscrit au patrimoine mondial de l'humanité UNESCO, est incontournable lorsque vous visitez Moscou pour la première fois. Après, si vous avez l'occasion d'y vivre un certain temps vous préférerez peut-être les visites qui sortent un peu des sentiers battus! À l'intérieur du Kremlin il y a 3 musées qui ne se visitent qu'avec un guide et la Chambre des Armures en fait partie. Il s'agit du plus ancien musée de Russie. Superbe collection d'art décoratif et d'art appliqué couvrant à peu près les sept derniers siècles. Elle abrite l'une des plus belles collections d'armes du monde, vêtements impériaux et sacerdotaux, trônes, bijoux et insignes impériaux, objets d'orfèvrerie, coups de coeur: une très belle collection de carrosses qui retrace ses évolutions aux cours des siècles, robes de couronnement, bottes de Pierre le Grand!

En plus des musées aux expositions permanentes, le Kremlin propose de nombreuses expositions temporaires tout au long de l'année. Pour les connaitre, référez-vous au site http://www.kreml.ru/ il est traduit en anglais, allemand et espagnol.

Adresse: Kremlin. Fermé les jeudis. Ouvert de 10h à 17h. Les caisses sont situées au pied de la tour Koutafia, à l'arrière du bâtiment du Manège. Si vous souhaitez des visites guidées et ne connaissez pas de guides, vous en trouverez sur place près des caisses. Lorsque vous visitez le musée des Armures il y a 4 grands départs (10h, 12h, 14h30, 16h30), afin d'éviter la cohue dans le musée. Présentez-vous aux caisses 30 min avant le départ de la visite. Le nombre de personnes est limité à l'intérieur de la Chambre des Armures, pour éviter les mauvaises surprises il vaut mieux contacter un guide à l'avance qui s'occupera d'acheter les billets et de réserver vos entrées. Dans ce cas le prix du billet est majoré. www.kreml.ru Tél: +7 (495) 202 37 76.

Ne soyez pas étonnés si le prix des billets pour le Kremlin est un peu onéreux, il doit s'agir du musée le plus cher, tous les autres sont meilleurs marchés.

  • Le musée de la Bataille de Borodino

Ce petit musée consacré à la gloire des troupes de Koutouzov contre l'armée napoléonienne n'est intéressant qu'à un seul titre: il offre un panorama réalisé au début du XX siècle par le peintre François Roubaut, fils d'un commerçant français émigré en Russie. La toile est impressionnante 115 mètres de long pour 15 mètres de haut. Demandez à la surveillante qu'elle vous dise où se trouvent cachés dans la toile Koutouzov et Napoléon.

Adresse: Koutouzovski Prospect 38, métro Park Pobiedy. Ouvert de 10h àà 18h. Dernère entrée à 17h. Le musée est fermé le vendredi et le dernier jeudi de chaque mois. Tél: 148 5676.

to be continued...

dimanche 22 avril 2007

Dossier spécial sur la Russie (seconde partie et fin)


L'incroyable pouvoir du nouveau tsar, Poutine 1er
---
Vladimir Poutine ne s'embarasse plus de convenances pour reprendre en main l'économir russe... Le président veut redonner à la Russie son statut de grande puissance, explique à Moscou Michaïl Davidov, président du Think tank Dialog. Il ne lésine pas sur les moyens. Après avoir mis fin aux privatisations sauvages de l'époque Eltsine lors de son premier mandat (2000-2004), Poutine mène depuis trois ans une politique très dure de remise au pas des grandes entreprises nationales. Résultat: les sociétés contrôlées plus ou moins directement par le Kremlin représentent aujourd'hui 35% du PIB russe et leurs actifs se chiffrent à 350 milliards de dollars.
---
Pour diriger cette impressionnate entreprise "entreprise Russie", Poutine sêst entouré d'une équipe de fidèles. Leurs noms sont souvent inconnus, mais ces hiérarques sont aujourd'hui aussi puissants que Carlos Ghosn, président de Renault-Nissan. Tous ont fréquenté les mêmes "écoles de management" que le président russe: le KGB (dont Poutine fut agent de 1975 à 1991), la mairie de St Petersbourg ou le gouvernement Eltsine. Selon le Financial Times, pas moins de 26 membres de l'entourage de Poutine occupent un poste clef dans l'une des entreprises publiques russes. "Comme les tsars, Poutine s'est crée un clan de boyards, la noblesse d'empire, pour diriger l'économie du pays", confirme Philippe Chalmin, professeur à Dauphine.
---
Et ils ne font pas dans la dentelle. Tous leurs adversaires sont écartés ou mis au pas. Par la manière forte, s'il le faut! Mikhaïl Khodorkovski, l'ex propriétaire de Ioukos, plus grande compagnie pétrolière privée russe, était il y a 3 ans l'homme le plus riche du pays. Réticent à céder une partie de son empire à Poutine et prêt à financer un partie d'opposition, il a été poursuivi pour fraude fiscale en 2003 et condamné à 8 ans de prison en Sibérie. Quant à ses actifs, ils ont été récupérés par Rosneft, le pétrolier national. De même, Roman Abramovitch, le plus célèbre des oligarques, propriétaire du club de Chelsea, n'a pas eu le choix lorsque le Kremlin lui a ordonné de vendre en 2005 sa compagnie pétrolière Sibneft, à Gazprom. Abramovitch a coopéré pour ne pas connaître le même sort que son ex-associé Khodorkovski.
---
Avec des méthodes à peine différentes, la bande s'attaque aussi aux sociétés occidentales jugées trop ambitieuses (notamment les pétroliers Shell, BP et Exxonmobil sur l'île de Sakhaline).
---
Mais, si elle multiplie les démonstrations de force, le Kremlin est miné par des guerres de clans. Fidèles à Poutine, les hiérarques de son entourage se détestent cordialement entre eux. Depuis quelques mois, ces rivalités s'exacerbent, en prévision des élections de 2008. Plusieurs manifestations sérieusement réprimées par les forces de l'ordre ont d'ailleurs eu lieu à Moscou et à St Petersbourg durant ces derniers mois. La Constitution interdit à Poutine de briguer un troisième mandat présidentiel. Du coup, la guerre fait rage entre les clans. Seul un point met ces hommes tous d'accords: ils doivent garder le contrôle de leurs ressources financières pour asurer leur avenir. Autrement dit, le gâteau est suffisamment gros pour qu'ils arrivent à s'entendre...
---

lundi 16 avril 2007

Dossier spécial sur la Russie (première partie)

Après l'anarchie, la croissance sauvage
---
Au bord de la faillite en 1998, l'es-URSS se réveille grâce à l'envolée du cours des matières premières. Plongée dans un capitalisme flambloyant et brutal.
---
C'était il y a un peu plus d'un an. Débauché par un puissant fonds d'investissement américain, ce patron d'une grande banque française à Moscou devait lui dénicher des business prometteurs en Europe. Avec un mot d'ordre:" Misez partout sauf en Russie: trop dangereux, trop mafieux." Pourtant, décidé à convaincre ses nouveaux patrons, le banquier leur a montré une mission éclair aux quatre coins du pays. Visites d'usines, dîners avec le gratin du patronat local, témoignages d'entrepreneurs occidentaux...En une semaine l'affaire était dans le sac. "Ils ont mis 2 milliards de dollars sur la table", exulte aujourd'hui notre frenchy.
---
La Russie, nouvel eldorado des aventuriers de la Finance? La momie de Lénine en frémit dans son mausolée sur la place rouge, mais la révolution économique est bien en marche. "Après avoir vécu l'équivalent de la crise de 1929 à la fin de l'ère Eltsine, la Russie fait aujourd'hui partie des meilleurs élèves du FMI!", s'enthousiasme l'universitaire Jacques Sapir, l'un des grands spécialistes du pays. Jugez plutôt: croissance soutenue (6,7% en moyenne depuis 7 ans), excedent commercial impressionnant (119 milliards de dollars en 2005), réserves en devises confortables (200 milliards de dollars).
---
Ce bilan est d'autant plus flatteur que, contrairement à ce qui s'était passé dans les années 90, le russe moyen en profite: le chômage proche de 15% en 2000, a chuté de moitié, et le niveau de vie a presque triplé, pour atteindre 4 460 dollars par habitant et par an. Encore 26 millions d'habitants vivent encore sous le seuil de pauvreté absolu (85 euros par mois), mais ils sont 17 millions de moins qu'en 2000.
---
A l'inverse, selon l'Académie des sciences, la classe moyenne compte désormais 29 millions de personnes, soit 20% de la population, dont la soif de consommation semble inépuisable. A Moscou, comme dans toutes les grandes villes, les centres commerciaux poussent comme des champignons. "Comme la Chine et l'Inde, la Russie est un pays émergent très prometteur, assure Michel Bricout, ex PDG de la Société générale à Moscou. Elle dispose d'un atout supplémentaire: le niveau d'éducation de la population est bien plus élevé." Ainsi il aura suffit de quelques années de prospérité pour voir apparaître une nouvelle génération de businessmen.
---
Impôt sur les bénéfices: un taux fixe de 24% seulement
---
S'ils ont appris très vite, ces jeunes patrons russes n'ont peur de rien. "Les affaires, c'est comme la guerre, il faut être plus mobile que l'adversaire!", résume l'un deux, Vadim Dimov, 35 ans, ancien élève officier de l'Armée rouge, aujourd'hui à la tête d'une entreprise de charcuterie qui emploie 75 personnes. Grâce à ce genre de personnages, des groupes privés locaux émergent dans tous les secteurs, comme l'agroalimentaire ou la distribution. Un dynamisme tel qu'il efface toutes les cicatrices: aujourd'hui des descendants d'immigrés russes ayant fui le pays depuis la Révolution reviennent par milliers pour occuper des postes à responsabilité. De même, nombre de jeunes diplômés expatriés rentrent désormais au pays. Alléchées par ce boom, les entreprises étrangères débarquent elles aussi en masse. Leurs investissements directs se sont élevés à 25 milliards de dollars en 2006, 50% de plus qu'un an auparavant. Il faut dire que l'impôt sur les bénéfices a été ramené à un taux fixe de 24%, un vrai paradis fiscal!
---
A la tête du pays depuis 2000, Poutine a en effet décidé il y a 3 ans, de reprendre le contrôle de l'économie russe, d'une main de fer. Pour cela il a renationalisé les entreprises considérées comme stratégiques (pétrole, minerais, aéronautique) et placé ses hommes, souvent d'anciens agents secrets comme lui, à la tête des grandes sociétés d'Etat. De même, Poutine a remis au pas les oligarques enrichis par les privatisations sauvages des années 90. Les plus dociles ont été adoubés par le Kremlin et consolident aujourd'hui leurs empires. Les autres ont dû s'exiler, à l'image de Boris Berezovski, l'homme fort du régime Eltsine. Ou bien ont carrément été mis sous les verrous, comme Mikhaïl Khodorkovski, l'ex numéro 1 du pétrole.
---
Les groupes russes partent à l'assaut de l'Occident
---
Boostés par l'envolée du prix des matières premières et encouragés par Poutine, les grands groupes russes partent maintenant à l'assaut de l'Occident. Ainsi Lukoil a repris les stations-service Mobil aux USA... A Wall Street et à Londres, on compte déjà une vingtaine de sociétés russes cotées en bourse!
---
Spectaculaire, le rebond russe reste toutefois fragile. Danger numéro 1: Une chute des prix des hydrocarbures, qui représentent 55% des exportations et 40 % des recettes fiscales. Autre féau: la corruption. Le procureur estime que le gouvernement et les administrations détournent 240 milliards de dollars par an, presque autant que le budget de l'Etat!
---
to be continued...

dimanche 15 avril 2007

Les zakouskis (hors d'oeuvre)

On appelle Zakouskis (hors-d'oeuvre) des petits plats salés et piquants que l'on sert au début du repas. D'après certains spécialistes, la tradition de servir des petits plats au début du repas remonte à la nuit des temps et se forme précisément en Russie. L'existence même dans ce pays à climat rigoureux détermina l'ordre des tablées et habitua les hommes, comme gage de survie, à faire des stocks de provisions diverses. Ainsi on salait, séchait au soleil ou fumait à volonté le poisson, la viande, la volaille, le gibier on préparait une grande quantité de salaisons et de légumes fermentés. Ceci explique l'énorme diversité des zakouskis, typiques de l'hospitalité slave. À côté de plats authentiquement russes, tels que le caviar, le poisson ou la viande salés, séchés ou fumés ainsi que les pirogui (petits pâtés), figuraient également des plats occidentaux: pâtés de foie, galantines, salades et fruits de mer.

  • Le hareng salé

Le hareng salé est la meilleure zakousza pour accompagner un verre de vodka, aussi est-il très populaire en Russie: il figure souvent comme plat froid, surtout pendant les repas de fête. Il est préférable de le choisir de couleur gris argenté, avec de la chair claire, tendre et juteuse.

Coupez transversalement le filet de hareng, mettez-le dans un ravier, décorez-le d'oignon découpé en fleur et coloré de jus de betterave.

  • L'esturgeon fumé

Saler l'esturgeon pendant une heure, enveloppez-le dans une bande de gaze et le boucaner pendant au moins trois heures. Coupez-le ensuite en petits morceaux, les décorer avec du persil, des feuilles de salade verte, des rondelles de citron. Servir avec de la vodka ou du vin blanc.

  • Les écrevisses à la bière

Les écrevisses peuvent parfaitement accompagner la bière, l'une des boissons favorites en Russie. Les écrevisses sont particulièrement bonnes à partir du mois de mai jusqu'au mois de septembre.

Lavez les écrevisses et plongez-les encore vivantes dans de l'eau bouillante salée contenant une grande quantité de fenouil, de persil, d'estragon, de feuilles de laurier, de poivre, d'oignons et de carottes. Portez à ébullition et laissez cuire sous couvercle pendant 10-12 minutes. La carapace des écrevisses cuites à point devient rouge. Les écrevisses se mangent aussi bien froides que chaudes. Les queues d'écrevisse sont particulièrement délicieuses. Avant de les goûter, laissez reposer dans le bouillon pendant 10-15 minutes les écrevisses déjà cuites, elles ne seront que plus exquises.

  • Le caviar

Le caviar est certainement le plat le plus raffiné et le plat le plus exquis de la cuisine russe. Il est le bienvenu à toutes les fêtes. En Russie on distingue le caviar "noir" de l'esturgeon et le caviar "rouge" du saumon de l'extrême-Orient. On servait le caviar avec des blinis (entre la crêpe et le pancake), on en farcissait des oeufs durs, ou bien on le mélangeait avec des oignons finement hâchés. Le caviar se mangeait également avec aucun accompagnement, dans de gros récipients spéciaux, à volonté, avec de grosses cuillères, en buvant du champagne, de la vodka ou du thé fort. Aujourd'hui, le plus souvent nous recouvrons les blinis d'une fine couche de "cmetana" (crème fraiche acidulée) et on y ajoute le caviar.

  • La salade russe ou de son vrai nom "la salade Olivier"

La salade russe est un "vide frigo" tout comme l'Italie a ses pizzas ou l'Afrique du nord son couscous, la Russie a sa salade Olivier! On peut y mettre tout ce que vous voulez mais le principe est toujours le même: tous les ingrédients doivent être coupés en petits dés. Autant vous dire que si vous souhaitez une salade dite russe vous ne la trouverez sur aucune carte dans les restaurants en Russie. Il s'agit d'une appellation hors frontières. Dans les restaurants vous trouverez différentes variantes: la salade Olivier au poulet, aux crevettes... En Russie, vous trouverez une salade Olivier sur toutes les tables festives. voici ma préférée et elle n'est qu'aux légumes:

Coupez en très petits dés les haricots verts, oignons blancs, pommes de terre, carottes. Y ajouter des petits pois. Cuire le tout à la vapeur ou dans l'eau. Les légumes ne doivent pas être trop cuits non plus afin d'éviter que cela donne une purée!

Préparez une mayonnaise assez relevée en y ajoutant un peu plus de sel que d'habitude, du poivre et un peu de vinaigre blanc. Mélangez soigneusement la mayonnaise et les légumes lorsque ceux-ci auront refroidis.

Pour gagner du temps il se peut que vous trouviez en rayon des boîtes avec divers légumes.

Ma préférée reste la version de ma grand-mère, elle y ajoutait des betteraves cuites coupées en petits dés et le goùt n'en ai que meilleur, plus savoureux et plus moelleux.

  • Assiette de fruits de mer

Disposez les fruits de mer: crabes, crevettes, moules, calmars, peignes, préparés à l'avance, cuits, frits, sur une assiette. Décorez-les de concombres et de tomates coupés en rondelles, de poivrons rouges découpés en dentelle, de feuilles de salade verte et de persil.

La sauce rose qui accompagne les fruits de mer se prépare de la manière suivante: mélangez 2 cuillérées à soupe de mayonnaise, 1 cuillère à café de crême fraîche, 1 gousse d'ail finement hâchée et 1 cuillère à café de concentré de tomates

  • Tomates farcies de salade et de viande

1 kg de belles tomates bien rondes, 100 g de viande, 100 g de pommes de terre, 100 g de concombres, 1 oeuf, 2 cuillérées à soupe de mayonnaise, sel, poivre, feuilles de salade, herbes: fenouil, céleri, persil.

Couper en pezits dés les pommes de terre, l'oeuf, la viande, le tout cuit à l'avance, saler, poivrer, ajouter la mayonnaise mélangée avec le fenouil finement haché et utiliser cette préparation pour farcir les tomates. Pour cela, découper un chapeau au sommet de la tomate, creuser l'intérieur de la tomate avec une petite cuillère pour y enlever la pulpe, poudrer l'intérieur avec du sel et du poivre. Les retourner pour les faire dégorger un moment. Garnir les coques avec la farce, et les servir sur un lit de feuilles de salade et d'herbes.

On peut également préparer la farce avec du poisson, des champignons, des oeufs durs mélangés avec du hareng salé.

  • Salade de pruneaux aux noix

500 g de pruneaux, 2 verres de noix écalées, 3-4 gousse d'ail, 350 g de crème fraîche, 2 cuillérées à café de sucre, jus d'un citron, sel.

Recouvrez les pruneaux d'eau froide bouillie. Enlevez les noyaux des pruneaux gonflés et séchez les sur une planche. Prenez les noix et l'ail et écrasez les dans un mortier jusqu'à ce qu'ils forment une masse huileuse homogène, salez, versez par dessus le jus de citron et broyez cette préparation jusqu'à ce qu'elle devienne blanche. Garnissez chaque pruneau de farce aux noix, puis mettez les pruneaux dans un saladier et versez par dessus la crème fraîche préalablement sucrée, décorez de noix écalées entières et de rondelles de citron.

  • Salade de betteraves aux pruneaux et aux pommes

1 betterave, 2 pommes, jus d'un demi-citron, quelques pruneaux, quelques noix écalées, 2 gousses d'ail, 100 g de mayonnaise, 100 g de crème fraîche, sel, sucre, herbes fraîches.

Faire cuire la betterave dans l'eau ou, de préférence, au four. Refroidir dans l'eau froide, éplucher, râper. Râper les pommes, les asperger du jus de citron,. Hacher l'ail et une partie des noix; couper en petits morceaux les pruneaux préalablement trempés dans de l'eau bouillie. Mélanger le tout, saler, sucrer, ajouter la crème fraîche mélangée avec la mayonnaise, mélanger encore une fois et mettre dans un saladier tapissé de feuilles de salade, décorer de noix écalées, de persil.

  • Les salades "vinaigrettes"

C'est un plat typiquement russe avec un nom typiquement français. Mais il faut noter que c'est justement la sauce vinaigrette qui est la grande absente de cette salade! L'ingrédient principal est incontestablement la betterave, les autres composantes peuvent varier.

  • "Vinaigrette" au hareng

200 g de filet de hareng, 1 betterave cuite ou marinée, 3-4 pommes de terre cuites, 1 oignon, 2 oeufs durs, 4-5 cornichons aigre-doux, 100 g de haricots blancs en boîte, sel, poivre, huile de tournesol ou de maïs.

Dessaler le hareng dans de l'eau ou mieux dans du vin rouge, coupez-les en lanières. Coupez très finement la betterave, l'oignon, les cornichons, les carottes, et les oeufs. Mélangez le tout avec les haricots blancs. Rajoutez les pommes de terre en petits cubes. Assaisonnez et mettre de l'huile (pas trop!).

  • Les oeufs gourmands

Portez à ébullition 1 l d'eau dans une casserole. Versez-en la moitié dans un saladier. Ajoutez la 1/2 betterave coupée en morceaux. Versez l'autre moitié dans un second saladier et faites-y infuser le thé épicé. Placez les oeufs dans une casserole. Recouvrez-les d'eau. Portez à ébullition, laissez cuire 10 min. Ecalez les oeufs durs. Coupez-les en deux dans le sens de la longueur. Prélevez les jaunes, écrasez-les en les mélangeant avec la crème fraîche, le jus de citron et l'aneth haché.

Salez, poivrez et réservez au frais. Placez 6 demi-blancs d'oeufs dans la décoction de betterave et les autres dans le thé. Laissez-les tremper pendant 1 heure, pour les colorer. Egouttez-les, essuyez-les, puis remplissez-les de crème parfumée. Posez dessus les poissons coupés en morceaux et les oeufs de saumon. Servir bien frais.

  • La salade de concombres

1 concombre, 1 laitue, 2 échalottes, sel, 3 cuillères à soupe de crème fraîche épaisse, aneth.

Coupez le concombre épluché en cubes de 1 cm. Lavez et séchez la laitue. Coupez-la avec des ciseaux en petits morceaux. Hachez les échalottes. Réunir les légumes dans un saladier, salez, ajoutez la crème et bien mélanger. Servir frais, tout simplement!

Variante: Vous pouvez y ajouter des radis coupés en fines rondelles!

  • Les canapés aux sprats

12 petites tranches de pain de mie, 1 boîte de sprats fumés, 1 citron, 50 g de beurre.

Beurrez légèrement les tranches de pain. Mettez un sprat sur chaque tranche et décorez avec 1/2 rondelle de citron.

jeudi 5 avril 2007

La Volkswagen soviétique


Au début des années 1960 l'automobile s'est généralisée dans tous les pays occidentaux, mais reste peu présente en URSS en raison bien sûr du protectionnisme communiste qui empêche l'importation de modèles européens et surtout américains mais surtout à l'absence de production locale digne de ce nom. À cette époque l'URSS est plus à l'aise dans les poids lourds et dans l'industrie lourde. Elle est inexpérimentée dans la conception de voitures modernes. Seules deux usines construisent des voitures mais leur production est faible et trop chère par rapport aux moyens de la population.
---

En 1965 le gouvernement décide de créer une marque étatique visant à permettre à chaque ménage de s'offrir une voiture - le salaire moyen à l'époque est de 200 roubles - la jigouli coûtera env. 4000 roubles et la liste d'attente sera très longue, seul moyen d'aller plus vite: le backshish, finalement la jigouli restera un produit de luxe car seule une partie de la population pourra se l'offrir - Pour ce faire, les soviétiques décident de faire appel à un constructeur occidental expérimenté. Le gouvernement signe un accord avec Fiat. Cette dernière apportera son savoir-faire et son outillage. Le Soviet Suprême décide en 1966 d'implanter cette usine dans une vaste région boisée au bord de la Volga, non loin de la ville actuelle de Samara (env. 1100 km à l'est de Moscou). L'usine ainsi crée est une gigantesque réplique de l'usine de Turin.

---
La jeune marque s'appellera VAZ pour Volskyi Avtomobilnyi Zavod soit "fabrique automobile de la Volga". Toutefois, conscient que ce nom pourrait être préjudiciable aux ambitions exportatrices; le gouvernement choisi de lancer un grand concours à travers toute l'URSS pour trouver un nom plus "exportable". Cinquante mille réponses parviendront dont se dégagera celui de "Lada" qui désigne en russe ancien un petit bateau à voile carrée qui sillonnait autrefois la Volga. C'est aussi ce bateau qui servira à illustrer le logo de la marque.



Les travaux de l'usine débutent en 1966 pour s'achever fin 1969, date à laquelle la première Lada sort des chaînes. Son nom de code soviétique est VAZ 2101 mais un nom, Jigouli, est rapidement trouvé. Il s'agit d'une copie de la Fiat adaptée aux conditions climatiques locales. Il faut en fait attendre le 19 avril 1970 pour que l'usine soit officiellement inaugurée et que la production en grande série commence.
---

L'usine est unique en son genre avec 3 chaînes de montage de 1,8 km chacune mais aussi une immense station électrique, une fonderie, un centre d'emboutissage, un atelier de plasturgie et diverses industries chimiques, elle produit sur le même site tout ce qui est nécessaire à l'assemblage d'une voiture. Ce choix d'une usine intégrée à été fait dans le but de supprimer les coûts d'éventuels sous-traitants. Le site est de par ce fait unique au monde ne serait-ce que par sa superficie; l'ensemble représente en effet 600 hectares! Dûment surveillés et cernés par de hautes grilles électrifiées...
---

La première Lada est donc sortie en 1969 et jusqu'à ce jour plus de 23 millions de voitures LADA de différents modèles sont sorties des chaînes de l'usine à raison d'un véhicule assemblé toutes les 20 secondes. Alignée, la production journalière équivaut à une file de 10km! Ainsi en 2002 se sont près de 780.000 Lada qui ont quitté les immenses lignes de montage soit la 3ème usine la plus productive au monde et la 1ère du continent européen! Ce niveau de production est atteint et maintenu depuis le milieu des années 1970.
---

---
Dès 1971, des voitures sont expédiées dans les pays communistes mais aussi en Occident grâce à un rapport qualité/prix plus qu'attractif, facilité par un taux de change du rouble quelque peu "arrangé" par Moscou. En 1974 sortent les premières "conduites à droites" ce qui permet à Lada d'être présent jusqu'en Australie! Lada est alors la marque économique par excellence.

---
De 1985 à 1987, Mikhaïl Gorbatchev lance la Perestroïka qui, involontairement, désorganise le pays et fait apparaître certaines lacunes. Avtovaz voit émerger des problèmes tels que l'augmentation de l'absentéisme, des difficultés croissantes d'approvisionnement et un manque de moyens pour renouveler et moderniser les installations. Après la chute du mur de Berlin le communisme s'éffondre en 1990 provocant l'inimaginable éclatement de l'URSS l'année suivante. Du jour au lendemain le constructeur est privé des réseaux étatiques de distribution et la direction soudain livrée à elle-même ne peux que constater un manque de compétitivité par rapport à l'occident.
---
Les projets restent en suspens faute de liquidité. L'argent manque à un point tel que le groupe est contraint, pour survivre, de faire du troc! Le 1er janvier 1997 la dette avoisine le milliard d'euros, Lada est virtuellement en faillite mais le gouvernement russe "bricole" une loi qui sauve une industrie vitale pour le pays en annulant une partie des arriérés d'impôts et en accordant un long échelonnement des paiements pour le reste. De plus General Motors s'intéresse à ce mastodonte et décide d'y investir en créant une société commune: GM-AVTOVAZ détenue à 41% par GM, 41% par VAZ et le reste par la Russie et la banque européenne d'investissement.

---
Depuis Lada se modernise en adoptant des méthodes de communication "occidentales". Ainsi la marque multiplie les publicités, lance des offres promotionnelles, propose des financements à crédit et édite un magazine trimestriel. Si tout cela nous semble banal, c'est une nouveauté en Russie. Plus fort encore Lada a développé toute une gamme de produits "lifestyle" qui vont des accessoires auto à la ligne vêtements en passant par la dernière création en date: un VTT dernier cri aux couleurs Lada! Le temps de la sinistre marque étatique est donc bel et bien définivement révolu!
---

En ce qui concerne la première née de la marque, la Jigouli 2101, celle-ci n'est produite qu'entre 1969 et 1984 et n'a jamais quitté les frontières de l'URSS. La première voiture est vendue à Vladimir Penkine le 18 août 1969. L'usine la lui reprendra contre une autre 19 ans plus tard pour l'exposer au musée de la marque. Bien évidemment, même si le parc automobile russe s'est bien transformé ces dernières années (en 2006, pour la première fois, les ventes de voitures étrangères ont dépassé celles des modèles nationaux), vous voyez encore de nombreuses JIGOULI dans les rues. Et oui ça roule encore, par la force du Saint-Esprit mais ça roule!!! Pour le fun et faire fureur sur les Champs-Elizées vous pouvez vous en procurez une pour 500$.
A ce prix je ne lésinerais pas sur quelques aménagements!
---
Un grand merci à Ilia Bousliakov pour son aide chiffrée.