dimanche 22 avril 2007

Dossier spécial sur la Russie (seconde partie et fin)


L'incroyable pouvoir du nouveau tsar, Poutine 1er
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Vladimir Poutine ne s'embarasse plus de convenances pour reprendre en main l'économir russe... Le président veut redonner à la Russie son statut de grande puissance, explique à Moscou Michaïl Davidov, président du Think tank Dialog. Il ne lésine pas sur les moyens. Après avoir mis fin aux privatisations sauvages de l'époque Eltsine lors de son premier mandat (2000-2004), Poutine mène depuis trois ans une politique très dure de remise au pas des grandes entreprises nationales. Résultat: les sociétés contrôlées plus ou moins directement par le Kremlin représentent aujourd'hui 35% du PIB russe et leurs actifs se chiffrent à 350 milliards de dollars.
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Pour diriger cette impressionnate entreprise "entreprise Russie", Poutine sêst entouré d'une équipe de fidèles. Leurs noms sont souvent inconnus, mais ces hiérarques sont aujourd'hui aussi puissants que Carlos Ghosn, président de Renault-Nissan. Tous ont fréquenté les mêmes "écoles de management" que le président russe: le KGB (dont Poutine fut agent de 1975 à 1991), la mairie de St Petersbourg ou le gouvernement Eltsine. Selon le Financial Times, pas moins de 26 membres de l'entourage de Poutine occupent un poste clef dans l'une des entreprises publiques russes. "Comme les tsars, Poutine s'est crée un clan de boyards, la noblesse d'empire, pour diriger l'économie du pays", confirme Philippe Chalmin, professeur à Dauphine.
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Et ils ne font pas dans la dentelle. Tous leurs adversaires sont écartés ou mis au pas. Par la manière forte, s'il le faut! Mikhaïl Khodorkovski, l'ex propriétaire de Ioukos, plus grande compagnie pétrolière privée russe, était il y a 3 ans l'homme le plus riche du pays. Réticent à céder une partie de son empire à Poutine et prêt à financer un partie d'opposition, il a été poursuivi pour fraude fiscale en 2003 et condamné à 8 ans de prison en Sibérie. Quant à ses actifs, ils ont été récupérés par Rosneft, le pétrolier national. De même, Roman Abramovitch, le plus célèbre des oligarques, propriétaire du club de Chelsea, n'a pas eu le choix lorsque le Kremlin lui a ordonné de vendre en 2005 sa compagnie pétrolière Sibneft, à Gazprom. Abramovitch a coopéré pour ne pas connaître le même sort que son ex-associé Khodorkovski.
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Avec des méthodes à peine différentes, la bande s'attaque aussi aux sociétés occidentales jugées trop ambitieuses (notamment les pétroliers Shell, BP et Exxonmobil sur l'île de Sakhaline).
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Mais, si elle multiplie les démonstrations de force, le Kremlin est miné par des guerres de clans. Fidèles à Poutine, les hiérarques de son entourage se détestent cordialement entre eux. Depuis quelques mois, ces rivalités s'exacerbent, en prévision des élections de 2008. Plusieurs manifestations sérieusement réprimées par les forces de l'ordre ont d'ailleurs eu lieu à Moscou et à St Petersbourg durant ces derniers mois. La Constitution interdit à Poutine de briguer un troisième mandat présidentiel. Du coup, la guerre fait rage entre les clans. Seul un point met ces hommes tous d'accords: ils doivent garder le contrôle de leurs ressources financières pour asurer leur avenir. Autrement dit, le gâteau est suffisamment gros pour qu'ils arrivent à s'entendre...
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