vendredi 15 juin 2007

Les dangers ne sont pas toujours ceux qu'on croyait

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Moscou est une capitale sûre en ce qui concerne les crimes et délits de rue envers les étrangers, en tout cas pour ceux venus de l'ouest. Pourquoi volerait-on un étranger, alors qu'il y a tant de riches russes à plumer, et qu'eux, contrairement à nous, n'hésitent pas à se déplacer avec beaucoup de cash. Pour l'anecdote, il y a peu de temps une femme russe s'est vu dérober dans sa voiture son sac à main qui contenait plus de $100,000 en petites coupures.



Je me souviens avoir lu - comme toute bonnes touristes ou future expatriée qui se respectent - différents guides sur la capitale avant de déménager en Russie. Et bien tous sans exceptions mettaient le touriste en garde contre les crimes, les attaques etc. À les écouter il ne faudrait pas sortir de chez soi, seule et en plein jour. La réalité est toute autre et hormis les consignes de sécurités minimales indispensables lorsqu'on est dans une grande ville, il n'y a pas de quoi s'alarmer, loin de là. Depuis un an que je vis à Moscou je ne me suis jamais sentie en danger, que se soit dans la rue ou dans le métro. Bien évidemment, Moscou n'est pas à l'abri des attentats, mais qu'elle capitale du monde l'est, à part peut-être Zurich?



D'après moi le seul réel danger à Moscou vient des voitures. Que vous soyez conducteur, passager ou piéton, le risque d'être mal en point un jour ou l'autre est beaucoup plus élevé qu'en Occident. En tant qu'étranger il ne vous faut que quelques jours avant de comprendre que les moscovites au volant sont des dangers publics.



Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d'abord les rues de Moscou sont engorgées de voitures du matin au soir. Moscou implose littéralement sous le nombre croissant de voitures, les bouchons sont très fréquents et par conséquent les impatients sont nombreux. Je me souviens avoir pris un taxi pour aller à l'aéroport et celui-ci n'a pas hésité à dépasser toute une file en roulant sur le trottoir. C'est le principe du chacun pour soi, Dieu pour tous. Je qualifierais ces infractions du code de la route à des infractions que l'on pourrait également voir dans le sud de l'Italie.



Vient ensuite le problème de l'obtention du permis de conduire. Beaucoup de russes l'achètent aujourd'hui encore pour $500 et il n'y a donc aucun examen, quel qu'il soit, pour attester de votre bon équilibre mental et de votre bonne connaissance du code de la route. Le passage du monde pédestre au monde motorisé se fait en une après-midi.



Vient ensuite le délicat problème du boom économique que vit actuellement la Russie, le parc automobile moscovite est très hétéroclite: Porsche, BMW et autres gros gabarits fort puissants se partagent la route avec des Lada vétustes venues de la nuit des temps qui ne roulent que par la grâce du Saint Esprit. Certaines ont 30-40 ans et à chaque ennui technique on utilise le système D. Il va donc de soi que Moscou est loin d'avoir des routes très sûres.



Je me souviens avoir pris un jour un taxi sauvage (très utilisé à Moscou lorsqu'on est pressé ou que les transports publics ne fonctionnent plus), le principe en soi à toute les qualités, il s'agit d'une méthode à mi-chemin entre le co-voiturage et l'auto-stop. Je n'ai, il est vrai, pas fait la difficile, en l'occurrence j'étais très pressée. C'était le 9 mai dernier, jour de commémoration de la fin de la seconde guerre mondiale. J 'ai sauté dans la première voiture qui se présentait, une Lada je crois. Dans le cas du taxi sauvage vous vous installerez à la place d'honneur en Russie qui est celle du passager avant. À ce moment là, je ne savais pas encore que j'allais dévaler les rues à toute allure dans un pot de yaourt motorisé qui n'avait aucun rétroviseur hormis le rétro intérieur. Je priais pour que les freins ne lâchent pas. Ces jours là on se sent très vulnérable et très loin des contrôles techniques helvétiques! En de tout cela et pour prendre un air un peu décontracté j'ai eu la très mauvaise idée de brancher mon conducteur patriotique sur les commémorations du 9 mai. Enthousiaste, il s'est lancé dans un discours qui n'en finissait plus, je n'en comprenais pas la moitié mais à le voir s'agiter les bras en l'air (et non sur le volant), j'ai bien compris ce jour-là que j'avais manqué une occasion de me taire. Après deux arrêts en cours de route afin de jeter un dernier coup d'œil sur le plan de la ville (parce qu'il ne savait plus où il en était), je suis finalement arrivée à bon port et saine et sauve. La prochaine fois au moins je choisirai une voiture plus sûre et plus confortable!



Quand vous arrivez pour la première fois à Moscou, vous vous familiarisez d'abord avec le métro, qui est en soi un véritable musée. Bien qu'il faille maîtrisez un minimum l'alphabet cyrillique pour vous repérez, il reste néanmoins le transport le plus rapide à Moscou, qui est pour le rappeler une ville très étendue dont la superficie équivaut à celle du département d'île de France. De plus vous n'avez pas à vous souciez des parkings et des endroits où vous pouvez tourner à gauche. Et bien même dans ce cas vous n'êtes pas à l'abri! il y a environ une année une voiture est sortie de la route et s'est retrouvée les quatre roues en l'air dans une entrée de métro!




Même si vous optez pour la vie trépidante (il y a beaucoup de centres commerciaux, petites échoppes...) dans les sous sols moscovites, il vous faudra - à moins de passer votre vie dans les profondeurs terrestres tel un rat - vous décidez à mettre le nez dehors et enfin découvrir la vie fascinante du citadin-marcheur. Dans ce cas la marche à suivre est la suivante: Ne jamais traverser les grandes avenues (il y a d'ailleurs des passages souterrains prévus à cet effet) à pied ou en courant à moins d'en avoir assez avec la vie. Traversez sur les passages pour piétons (d'ailleurs c'est un bon repère, si vous n'en voyez pas cherchez plutôt le panneau qui indique le passage souterrain). Regardez plusieurs fois à gauche et à droite lorsque le feu est vert et continuez de même tout en traversant. Effectivement le passage piéton n'est pas un gage de sécurité, non seulement le piéton n'est pas prioritaire mais en plus les automobilistes ne se soucient guère des bipèdes.



Il est très intéressant d'étudier le comportement des automobilistes si vous vous placez à un carrefour (bien garder une marge de sécurité si vous souhaitez être spectateur). Il y a un nombre raisonnable de conducteurs qui ignorent totalement les feux rouges et les 5 à 10 secondes qui s'ensuivent. Pour beaucoup d'automobilistes le jaune signifie accélérer et les 5 secondes suivant le passage au feu rouge est une sorte de période de grâce.

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