jeudi 18 octobre 2007

Vladimir Vissotski (1838-1980)



L’enfant chéri du peuple russe, poète élu des dieux,
La voix pour la couleur d’une nation.

A la fois chanteur, poète et acteur ; chéri du peuple russe Vladimir Vissotski reste aujourd’hui encore, le plus célèbre et le plus écouté de toutes les générations russes.



Après une enfance en RDA, il, rejoint le théâtre de la Taganka ou il commence une carrière officielle d’acteur. Au début des années 60 sous la direction du metteur en scène Lioubimov, son ami et mentor, il interprète « Le Galilée » de Brecht, Svigdrigaïlov dans « Crime et châtiment ». Ensuite jouera dans le « Convive de pierre » de Pouchkine, John Reed « Dix jours qui ébranlèrent le monde » et interprétera d’autres rôles dans les œuvres de Essenine, Maïakovski, Shakespeare….


Ses talents d’acteurs sont reconnus dès sa première prestation sur scène. Encore aujourd’hui, le théâtre de Tangaka est associé au nom de Vissotski. Il joua également de multiples rôles à la télévision et au cinéma : « Deux camarades combattaient » en 1968.
Il crée, pendant cette période, un spectacle « Kapousniki » ou il se sert de lui-même. Il écrit aussi de savoureuses nouvelles dans « Les jeunes filles » parues en France en 1989 aux éditions Alinéa.


Au cours des années suivantes il compose ses premiers poèmes et chansons. Encouragé par ses amis, il met en musique ses textes avec une sincérité absolue, souvent de simples scènes de la vie. Ses chansons n’étaient pas destinées au grand public, le succès rencontré lors de soirées entre artistes relève du hasard…un ami se décide de l’enregistrer. Ses débuts de chanteur, accompagné de sa guitare, commencent. Il consacrera à la chanson toute son énergie et sa vie.


Ses textes deviendront, par la suite plus engagés politiquement, sans jamais se poser en dissident au régime malgré certaines déclarations sur «le vilain système». Il restera toute sa vie toléré mais jamais accepté par le gouvernement, du moins comme chanteur… mais apprécié en tant qu’acteur. Aucune poursuite n’a été engagée contre lui, mais une surveillance permanente, oppressante, qui était pour lui, homme actif, un réel cauchemar.


Ses chansons ne correspondant pas à la politique artistique communiste, elles ne seront jamais ni autorisées ni enregistrées, du moins officiellement, des concerts clandestins furent néanmoins organisés régulièrement avec un succès toujours croissant. Des casettes circulent «sous le manteau». Elles seront copiées et recopiées, l’interdiction ne faisant que renforcer l’intérêt et le succès de Vissotski «Volodia», lui qui osait, en chansons, exprimer la vie de ses concitoyens et par la même de tout le peuple russe.

Sa voix tour à tour gémissement, incantation, hurlement…Cette voix de tonnerre mais parfois si douce, est toujours d’une indicible grâce. Le visage exprimant la torture, le corps aux muscles tendus Volodia se met nu sur la scène, devant son public. Quiconque a entendu la voix de Vissotski, ne pourra se défendre d’être étonné, voire troublé.

Sa femme Marina Vlady, toujours présente à ses côtés, l’encourage et le soutient. Dans les années 70, il connaît une renommée mondiale. Ses concerts de Los Angeles, Paris et même Moscou furent un véritable triomphe.

Pendant ses séjours à Paris il enregistrera plusieurs disques, interprétés partiellement en français, chez Polydor. Il ne pourra jamais s’acclimater dans un pays étranger, ses séjours sont courts, pressé de rentrer dans sa Russie aimée…malgré tout !


Malgré ses succès et sa reconnaissance en tant que chanteur de tout un peuple, le théâtre lui manque et il remontera sur scène à Tanka, toujours sous la direction de son ami Lioubimov avec qui il effectuera de nombreuses tournées en Russie.

Sa vie fut un théâtre où il mêla l’humour à la tragédie. Sa mort en fit une première répétition. Le 25 juillet 79, à Samarkand, jouant Hamlet, son cœur s’arrêta de battre… il fut sauvé.
Un an après, jour pour jour, le 25 juillet 1980 à Moscou en pleins Jeux Olympiques, il s’arrêtait définitivement, épuisé de rage et de passion, par un travail acharné, l’alcool, le manque de sommeil, le tabac, la drogue, les interdictions et sa non reconnaissance en tant que chanteur, autant de traces profondes sur ce caractère trop bien trempé qui aima à la folie et se fit mal à la folie … il avait quarante deux ans.


Malgré le total silence des médias sur la disparition de leur idole, une foule de plusieurs milliers d’admirateurs et d’amis ont accompagné «leur Volodia» pour un dernier hommage, jusqu’au cimetière Vagankoskoïe. Sa tombe est devenue, et reste toujours un lieu de pèlerinage.


Nikita, son fils a interprété plusieurs rôles au cinéma et au théâtre, mais son activité principale est la gestion et l’enrichissement du musée Vissotski près de la place Takanka.



Article rédigé par Annie Girault

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