mercredi 27 février 2008

Les anecdotes de l'époque soviétique

"Rire nous sauve, voir l'autre côté des choses, le côté irréel et amusant, ou réussir à l'imaginer, nous aide à ne pas être réduits en miettes, à ne pas être écrasés comme des brindilles..."

Roberto Benigni à propos de son film "La vie est belle"

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"Les histoires drôles et la dérision ont toujours été parmi les principaux recours des peuples confrontés au drame, à l'adversité, à l'oppression. De la révolution d'Octobre à l'effondrement du régime, le communisme a donné lieu, en URSS et dans les pays satellites, à une profusion d'anecdotes humoristiques dont beaucoup sont ravageuses. Elles couvrent les différents aspects de la vie, depuis la répression politique jusqu'au casse-tête de la vie quotidienne, sans oublier la sexulaité ou l'idéologie dont les travers sont passés au crible. Et surtout, elles en disent long sur l'état d'esprit d'une société qui avait appris à pratiquer, comme un grand art, le double language - parfois jusqu'à la shizophrénie."

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"Discussion dans un camp:

"Pourquoi es-tu là, toi?

- J'ai dit du mal de Boukharine.

- Ah. Moi j'ai dit du bien de Boukharine."

Ils se tournent vers le troisième:

" Et toi?

- Moi? Je suis Boukharine."


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Sous Lénine, c'était comme dans un tunnel:

autour l'obscurité, au loin la lumière.

Sous Staline, c'était comme dans un tram:

un seul conduit et tout le monde tremble.

Sous Krouchtchev, c'était comme au cirque:

un qui parle et tous les autres qui rient.

Sous Brejnev, c'était comme au cinéma:

tous attendent la fin de la séance.


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"Quelle est la différence entre Moïse et Staline?

- Moïse a fait sortir les juifs d'Egypte. Staline les a fait sortir du Comité central."

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"Qu'est-ce qu'un squelette?

- C'est un kolkhosien qui a donné à l'Etat peau, couenne, viande et oeufs."

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"Un Anglais, un Français et un Russe discutent de leur conception du bonheur. Pour l'Anglais, c'est une partie de chasse à courre et un verre de brandy au coin du feu. Pour le Français, c'est un bon restaurant suivi d'une nuit avec une jolie femme.

"Vous n'y connaissez rien au bonheur, rétorque le russe. Quand je rentre après une journée épuisante de boulot dans la chambre de l'appartement communautaire que je partage avec ma femme, mes deux-enfants et ma belle-mère, et quand au milieu de la nuit je suis réveillé par des coups sur la porte, que j'ouvre et que sur le palier se tiennent deux personnes qui me demandent d'un air menaçant: "Vous êtes le citoyen Paramonov?", et quand moi je leur réponds: "Non, le citoyen Paramonov habite deux étages au-dessus" - alors ça, c'est le vrai bonheur!"

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"T'en a pris pour combien?

-Vingt-cinq ans.

-Pour quoi?

-Pour rien.

- Tu mens, pour rien on donne dix ans."

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"Deux hommes traversent à l'aube la place Rouge déserte. Ils sont plongés dans leur conversation, quand soudain l'un d'entre eux se penche vers son compagnon et lui chuchotte à l'oreille:

"Prudence, on nous écoute.

- Qui cela? il n'y a que nous deux, répond l'autre perplexe.

- Et bien, justement!"

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À lire absolument Prolétaires de tous pays, excusez-moi! d'Amandine Regamay aux éditions Buchet Chastel


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