dimanche 27 avril 2008

Qui sont les russes?

À mon avis LE livre de référence qui pourra très certainement aider les personnes qui sont ou seront amenées à travailler ou tout simplement vivre en Russie. L'auteur présente successivement, les valeurs communes aux russes et aux autres peuples, leurs particularités ethno-culturelles (mode de vie, règles de comportement en société etc.), leur conception de la vie (sens de la justice, rapport à la liberté, à la propriété et à la morale), les changements dans leur mentalité après la perestroïka, et pour terminer tout ce que les hommes d'affaires doivent savoir s'ils veulent travailler avec les russes. Cet ouvrage facilement accessible s'adresse à un public très large.



"Qui sont les russes" de Alla Sergueeva, éd. Max Milo sciences humaines en coédition avec Timéli Editions, 2006.

mardi 22 avril 2008

La Cité des Etoiles


Звёздный Городок - La bourgade verte


L'histoire de la naissance "la cité des étoiles" est étroitement liée à l'histoire des deux superpuissances qui régiront un nouvel ordre mondial bipolaire au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l'URSS et les USA. Certes, l'intérêt porté par l'homme à l'exploration de l'espace date depuis fort longtemps, mais les avancées technologiques faites par l'Allemagne dans le domaine des fusées va servir de déclencheur dans cette nouvelle compétition que vont se livrer ces deux pays. Sur fonds de confrontations idéologiques et de course aux armements, la conquête de l'espace sera un moyen de plus d'affirmer leur puissance pour des motifs de prestige national. Dans chacun des deux pays, chaque avancée, chaque but atteint obligera l'adversaire à surpasser l'exploit réalisé.

Youri Gagarine

En Russie, les recherches commencent à la fin du 19ème siècle, sous l'impulsion de Constantin Tsiolkovski. Cependant, bien que brillant chercheur, son manque de soutien financier l'empêchera d'être un véritable expérimentateur. C'est Sergueï Korolev, né en 1907, qui sera l'architecte de la conquête de l'espace soviétique. Dès les années 1930, il s'intéressera aux possibilités d'alimentation liquide pour les fusées, et en 1933 son groupe réalisera le premier tir d'une fusée intercontinentale à propulsion liquide. Son succès et l'intérêt militaire croissant dans cette nouvelle technologie poussera le gouvernement soviétique à créer le RNII (Institut de recherche jet propulsion) en 1933.



Une capsule spatiale



La Seconde guerre mondiale et les énormes avancées technologiques militaires seront à l'origine du développement des lanceurs et des missiles balistiques. Il s'agissait de dire à l'autre à quel point on était puissant et que l'on pouvait, même à grande distance, frapper son rival si on le souhaitait. Si bien qu'après la guerre, de nombreux chercheurs soviétiques seront envoyés en Allemagne afin d'y étudier les progrès réalisés. En 1955, les USA promettent d'envoyer le premier satellite terrestre. Ils seront cependant devancés par les soviétiques, qui , le 4 octobre 1957, lanceront "Spoutnik 1", conçu par l'ingénieur Korolev. Il sera le premier d'une longue série de satellites qui finiront par faire entrer l'homme dans l'ère spatiale.


maquette de la station MIR


Viendront ensuite les expériences inévitables sur les êtres vivants. La fameuse chienne Laïka sera le premier être vivant à être envoyé dans l'espace. Lancée par l'URSS à bord de Spoutnik 2 en novembre 1957, elle mourra après sept heures de vol mais cette expérience prouva qu'un être vivant pouvait survivre à un vol en orbite autour de la terre et subir les effets de l'impesanteur. Cette mission préparera le terrain pour le vol spatial de l'homme en fournissant ainsi aux scientifiques les premières données médicales.





Le 19 août 1960, le second vol test pour le programme "Vostok" sera envoyé dans l'espace, avec à son bord notamment deux chiennes, Belka et Strelka, qui seront récupérées vivantes le jour suivant. Ce sera le premier vol spatial à ramener ses occupants vivants!

La statue de Gagarine

En URSS, à cette époque, les première recherches ont lieu dans un centre situé à Moscou. Mais très vite le besoin se fait sentir d'avoir une base d'entraînement particulière avec tout le matériel nécessaire sur place. Le choix se porte sur "Zviezdni Gorodok" (la bourgade verte), à environ 1 heure 30 au nord-est de Moscou, dans la ville de Chtchiolkovo. Il s'agit d'un terrain militaire au milieu d'une vaste forêt. Tout est à construire. Nous sommes en 1960, et à partir de ce jour, tous les cosmonautes soviétiques puis russes y prépareront leurs vols spatiaux. Les premières années, l'existence de ce centre restera secret, sévèrement gardé et isolé du reste du monde. Ce n'est qu'à partir des années 70 et de la visite de Nixon que le climat se relâchera un peu, permettant même aux cosmonautes étrangers de venir s'y entraîner. Le lieu dit "la bourgade verte" sera nouvellement baptisée "la cité des étoiles" par Youri Gagarine lui-même, quelques années après les premiers vols habités soviétiques.



Sergeï V. Zalyotin pilote et cosmonaute russe, notre conférencier.



Il est aujourd'hui possible de visiter la cité des étoiles en ayant au préalable montré patte blanche. Certaines informations personnelles vous seront demandées et hormis quelques cas particuliers, la visite de la cité vous sera autorisée. La cité des étoiles se divise en deux parties: la zone d'habitation et le centre d'entraînement proprement dit. La zone d'habitation, assez triste, est composée d'une quinzaine d'immeubles de style krouchtchevien. Les cosmonautes étrangers sont, quant à eux, logés dans de jolis cottages neufs à proximité. Environ sept mille personnes y habitent. Ce sont pour la plupart les cosmonautes et leurs familles.



On accède au centre d'entraînement en traversant une forêt. Dans le centre d'entraînement travaillent environ 800 personnes. Ce sont pour la plupart des ingénieurs, des médecins, des techniciens, des psychologues, des employés administratifs. Nous sommes accueillis à notre arrivée par le responsable depuis 25 ans de la centrifugeuse, véritable attraction numéro un pour tous les visiteurs. C'est cette personne qui nous guidera dans les différents bâtiments du centre, mais d'abord nous débutons notre périple par une passionnante conférence de 45 minutes qui nous sera donnée par Sergeï Zalyotin, pilote et cosmonaute russe, vétéran de deux missions dans l'espace.


Sergeï Zalyotin



Ce qui me frappe d'abord chez cet homme c'est son regard lointain, comme si une partie de lui restait à tout jamais dans le cosmos. C'est avec beaucoup d'humour , de modestie et de passion qu'il nous parle de l'espace, du centre, de ses vols et de sa propre préparation. Nous pourrions rester des heures à l'écouter mais nous nous contentons de 45 petites minutes. Sergeï Zalyotin est né en 1962. Son numéro de cosmonaute russe est le 92 et son numéro au niveau international est le 392. Il a passé 83 jours dans l'espace et totalise deux vols/missions respectivement en 1990 et 2000.



de vieux modules spatiaux finissent abandonnés sur le domaine de la cité des étoiles.



Le 12 avril 1961, Youri Gagarine s'envolera dans la capsule "Vostok 1". Il sera le premier homme à voyager dans l'espace, réalisant une révolution complète autour de la terre en 108 minutes et à une moyenne de 250 km d'altitude. Devenu héros de l'Union Soviétique, il ne sera jamais autorisé à retourner dans l'espace. En effet, Krouchtchev préféra le garder près de lui "sur terre" mieux à même de servir les intérêts de la propagande soviétique. La femme de Gagarine, toujours vivante, vit encore actuellement à la cité des étoiles.

Et puis nous connaissons la suite, 1969 Armstrong marche sur la lune...


maquette de la station MIR



Aujourd'hui, en situation de paix mondiale relative, mais aussi pour des raisons de coûts, les programmes nationaux ont laissé place aux programmes internationaux; et comme deux rescapés d'une époque révolue, seuls deux centres d'entraînement existent au monde: "la cité des étoiles" et le Johnson Space Center, à Houston, aux USA. Les cosmonautes sont ainsi tour à tour envoyés soit aux USA soit en Russie pour certains de leurs entraînements. Ils se connaissent ainsi tous et dialoguent dans une langue commune: l'anglais. Sur une population mondiale de 6,5 milliards, seuls 460 terriens sont allés dans l'espace. Sur ces 460 personnes, 100 cosmonautes sont russes, 220 sont américains, environ une centaine sont européens et le reste viennent d'autres pays.

Un vieil appareil "spatial" servant à récupérer et recycler les déchets humains. Bien que le design ait changé le principe lui est resté le même.


Tous les futurs cosmonautes arrivent au centre en ayant déjà un métier. Pour la plupart ils sont soit pilotes soit ingénieurs de formation. Une fois intégré dans le centre, la durée de l'entraînement va de 10 à 14 ans pour un premier vol. Par contre si vous souhaitez faire qu'un vol en tant que touriste spatial, bonne nouvelle, il ne vous en coûtera que 25 mios de dollars et une année d'entraînement. La liste d'attente pour les vols touristiques est aujourd'hui de trois ans.


La formation du cosmonaute professionnel se déroule en trois étapes:


- La formation générale: étude des disciplines spatiales qui dure deux ans et demi. Ils étudient notamment la mécanique céleste, l'informatique, la navigation, le pilotage, la médecine, les sciences de la vie, l'astronomie... À l'issue des premiers examens clôturant cette session, le cosmonaute en devenir sera soit cosmonaute d'essai, soit cosmonaute chercheur.


- La préparation spécialisée "en équipage": cette préparation concerne surtout les cosmonautes d'essai qui ont l'intention d'intégrer un programme de lancement. Cette préparation dure de 5 à 6 ans. Ils étudient notamment les vaisseaux et les stations spatiales. Ils ont environ 150 examens à passer.


- La préparation à un vol complet: cette formation dure 3 ans et comprend une formation plus concrète avec des séances en simulateur, des vols paraboliques, des stages de survie... Deux équipages sont formés simultanément pour un même programme, un titulaire et un remplaçant. À quelques semaines du vol, l'équipage titulaire est confirmé ou non pour la mission.



Le bâtiment où se trouve la plus grande centrifugeuse au monde


Ils sont durant tout ce temps accompagnés et suivis par un groupe de psychologues, entraîneurs, professeurs et médecins qui analysent leurs progrès physiques, leur équilibre psychologique... Pour notre cosmonaute/conférencier, le plus difficile psychologiquement est de devoir travailler de façon acharnée pour une perspective très éloignée. Le plus dur physiquement est de devoir porter le scaphandre qui pèse 125 kg (Il est composé de 10 épaisseurs, parcouru de 100 m de tubes plastique, il résiste aux micro météorites et protège le corps des écarts de température - dans l'espace il peut faire jusqu'à -270 degrés - ). L'autre moment qui, selon lui, n'est pas très agréable est l'adaptation du corps au phénomène de l'impesanteur; le rythme cardiaque ralentit et le coeur ne travaille plus qu'au quart de sa capacité normale. La température du corps augmente jusqu'à une température proche de l'état grippal. Bref, une multitude de "petits" désagréments!


La centrifugeuse

Sergueï nous explique qu'il a mis personnellement deux jours pour s'adapter à ces nouvelles conditions lors de son premier vol. Dix ans plus tard, lors de son second vol, son corps ne mettra qu'une seule heure à s'adapter!


Sans être des sportifs d'élite, tous les cosmonautes sont dotés d'une bonne condition physique et leurs performances sportives sont très bonnes. Les cosmonautes s'entraînent trois fois par semaine deux heures en faisant du tennis, du footing, de la musculation, du ski de fond...


La centrifugeuse

À ce jour, 250 russes ont obtenus le diplôme de cosmonaute mais seulement 100 sont allés dans l'espace. Et oui, le billet pour l'espace n'est pas un fait garanti. De nombreuses raisons peuvent conduire à la non sélection d'un cosmonaute pour un vol. Parmi elles il y a très certainement la non sélection pour cause de maladie. À l'époque où les programmes spatiaux étaient nationaux, les russes remplaçaient le cosmonaute malade ou bien changeaient toute l'équipe, à la différence des américains, qui eux, reportaient uniquement le vol.


module/simulateur Soyouz



Parmi tous les objets de torture se trouvant à la cité des étoiles, la centrifugeuse tient une place unique et sa visite est incontournable. Située dans un large bâtiment cylindrique, elle fut construite en 1979 et utilisée dans les programmes de formation à partir de 1981. Il s'agit de la plus grande centrifugeuse au monde. Elle pèse 305 tonnes et la longueur de son bras est de 18m. Un moteur électrique très puissant aménagé dans les sous-sols du bâtiment permet sa rotation autour d'un axe vertical. Elle sert à recréer les accélérations de lancement et les retours dans l'atmosphère. Elle permet d'atteindre les 30G.

Autre curiosité la piscine. Celle-ci permet de simuler les sorties dans l'espace. Le cosmonaute emmitouflé dans son scaphandre est déposé dans l'eau à l'aide d'une grue. Des hommes grenouilles l'attendent dans le bassin et lui rajoutent des poids pour lui permettre d'atteindre et de travailler sur des maquettes grandeur nature. En phase d'entraînement ils restent immergé 6 heures dans l'eau. Une fois dans l'espace les astronautes travaillent environ neuf heures par jour, et de leur travail dépendent de nombreuses organisations et instituts de recherche.


Les simulateurs Soyouz et MIR permettent de préparer l'équipage à vivre ensemble durant de longs mois dans leur vaisseau et de simuler certaines parties du vol. Autre élément d'entraînement, l'avion d'impesanteur, un Lliyouchine 76 spécialement adapté aux vols paraboliques et qui permet de simuler durant trente secondes l'absence de pesanteur.


Aujourd'hui, tous les pays travaillent sur la préparation d'un premier vol habité sur Mars, cependant sur une échelle de un à dix ils n'en sont qu' au premier niveau. De nombreuses questions sont encore sans réponse. De plus, y aura-t-il beaucoup de volontaires sachant que la durée de vol est de deux ans!


Réservations: http://www.tsarvoyages.com/ (interlocuteurs parlant russe et français).



Participation de Caroline Guillois pour les photos

dimanche 20 avril 2008

Le peintre Zourab Tsereteli

Ce livre est consacré à Zourab Tsereteli, Président de l'Académie des Beaux-Arts de la Russie. Célèbre artiste, il a été plus d'une fois le centre d'attention de la presse périodique. Aucun autre livre ne parle de ce sculpteur d'origine géorgienne. Son auteur, Lev Kolondy, journaliste et écrivain moscovite traite en détail sa vie et son oeuvre. Très intéressant si vous voulez savoir ce qui s'est caché derrière la construction du monument de Pierre le Grand, de la place du Manège, de la cathédrale du Christ-Sauveur mais aussi qui se cache derrière ce personnage énigmatique.
Le peintre Zourab Tsereteli - Tsereteli se raconte, de Lev Kolodny, éd. Golos-Press. 2006

samedi 19 avril 2008

Polémique autour du monument de Pierre le Grand

Le monument de Pierre (le Grand), également appelé le monument du Tricentenaire de la Flotte Russe, ne fut pas construit dans le calme, mais plutôt sur fond d'intrigues politiques et de règlements de comptes. Vérités camouflées ou mensonges édulcorés, c'est un peu difficile de s'y retrouver tant la toile de fond peut parfois paraître un peu floue. C'est en parcourant le livre "Le peintre Zourab Tsereteli", de Lev Kolodny que j'ai décidé de réhabiliter cette gigantesque statue. Vous l'aurez certainement déjà vue, son style est très pompeux. Une chose est sûre elle ne passe pas inaperçue. Petit retour sur les aventures de cette incroyable statue qui échappa de justesse à la dynamite!

Nous sommes en 1995, en plein coeur de Moscou. De nombreux édifices grandioses sortent de terre, comme un clin d'oeil à l'époque stalinienne où gigantisme était le mot d'ordre. Vous me direz la situation est à peu près identique et l'architecture monumentale permet d'affirmer la grandeur d'un pays qui vit une crise d'identité ou un grand malaise, quelle qu'en soit la cause.


Le monument de la Victoire ne fait qu'amorcer une longue liste d'autres réalisations. Le chantier de la reconstruction de la cathédrale du Christ Sauveur bat son plein, et les travaux sous la Place du Manège s'approfondissent et s'élargissent de jour en jour... Au début de l'année 1996, le maire de Moscou, Loujkov, présente au président Eltsine les projets du monument de Pierre qu'on avait l'intention d'installer en face de la cathédrale, sur un emplacement choisi par le maire, lui-même. Suite à l'accord donné par Eltsine, le projet du monument se voit attribué à Lev Kerbel, mais très vite l'ébauche du monument déplaît au maire. Ce-dernier décide donc de soumettre le projet au Conseil d'urbanisme et commande des projets parallèles à d'autres sculpteurs, dont Tsereteli qui s'avère être également un de ses amis proches. Le choix, fait par le Comité de Moscou pour les célébrations du Tricentenaire, se portera finalement sur le projet de Tsereteli.


À cette époque, cette décision ne ressort pas dans la presse et sera même, durant six mois, cachée au grand public. La raison vient du contexte politique. Les communistes, à la pointe de la lutte pour la succession de Eltsine, sont forts de millions de déshérités et de retraités qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts. Eltsine, quant à lui, mène sa campagne en s'affichant partout avec le maire Loujkov, son principal allié. C'est la raison pour laquelle, avant le scrutin de l'été 2006, personne ne songea à attaquer le projet de peur de viser le principal allié du Président. L'histoire se répète, le Kremlin a force de loi et empêche la polémique.




Eltsine gagne les élections le 3 juillet 2006 non sans l'aide de Loujkov à Moscou. En province le succès électoral est dû aux directeurs de campagne de Eltsine qui sont en même temps les adversaires politiques de Loujkov. C'est maintenant qu'ils jugent le moment opportun de prendre à partie le maire qui a commis le sacrilège d'ériger le monument au tsar. On fait croire entre autre que Pierre le Grand détestait Moscou et qu'il n'avait pas sa place au coeur même de la ville. Le maire, bénéficiant d'une image très positive à Moscou, et l'artiste sont directement attaqués par toute la presse écrite et audiovisuelle. On attaque la hauteur de la statue (93 mètres), sa situation, tout y passe... Le 20 octobre pourtant les ouvriers procèdent au montage de l'immense statue mais aucun journaliste n'est présent ce jour-là. Ce n'est que le 15 décembre qu'un groupe de jeunes artistes, accompagné d'une ribambelle de journalistes avides de sensations font une apparition au pied de la statue. Le soir même la première chaîne russe aurait, toujours selon Lev Kolodny, diffusé un reportage truqué destiné à des millions de téléspectateurs. Le Pierre de la Moskva se transforme comme par enchantement en statue de Colomb. Les commentaires n'y vont pas avec le dos de la cuillère: "Le Pierre, c'est l'ancien Colomb rejeté par l'Amérique...".


On s'en prend aux origines géorgienne du sculpteur et à l'amitié qui l'unit avec le maire. La polémique est au plus fort, des groupes pro et anti "Loujkov-Tsereteli" se créent avec pour toile de fond le monument de Pierre, qui pour les uns tient toute sa place à Moscou, et qui pour les autres devrait partir en fumée. Eltsine, le seul qui aurait pu s'opposer à ces attaques et intervenir en faveur de Tsereteli ne fait rien. Bien au contraire, il fera des commentaires très négatifs aux journalistes deux semaines après s'être déplacé sur le chantier de manière secrète. Dans son discours il invita même Loujkov à aller chercher d'autres sculpteurs et termina en disant qu'il n'avait rien à voir avec ce projet. Le maire n'y comprend rien puisque c'est lui même qui fut le premier à voir le projet en sa présence...


Un an après cette déclaration, le directeur général de la chaîne, Sergueï Blagovoilne, prend sa démission et avoue qu'il y a eu campagne contre le maire. Selon les dires de Loujkov, rapportés par l'auteur "Eltsine cédait malheureusement assez souvent aux pressions. C'était le cas quand il a vu se déployer une campagne de discréditation de Loujkov. Comme ceux qui orchestraient cette campagne savaient très bien que Zourab est un ami à moi, ils ont décidé de concentrer les tirs non pas sur moi mais sur mes fidèles, sur les gens de mon entourage...".


La municipalité reprendra la situation en main et commencera à battre l'adversaire sur le terrain en utilisant les mêmes armes et en s'entourant de spécialistes de la communication. Les amiraux demanderont également de ne pas céder aux pressions des adversaires du monument et de permettre à son auteur d'achever son oeuvre. La communauté internationale s'en mêle et les autorités municipales d'un arrondissement de Londres propose même au maire de Moscou de transférer le monument sur le bord de la Tamise si le gouvernement de Moscou continue à faire opposition!


Le 7 juillet, tous les journaux de Moscou annoncent que dans la nuit du 5 au 6 juillet un certain commando a miné le monument de Pierre, mais que l'explosion n'avait pas eu lieu car il y avait du monde sur le quai. Ils protestaient ainsi contre le projet de transférer la dépouille de Lénine. La statue échappa donc de justesse à son envol en fumée. Après tous ces événements la cérémonie d'inauguration eut lieu le 5 septembre 1997, en présence du maire, Eltsine, quant à lui, ne brilla pas par sa présence. Tsereteli, quant à lui se vit attribuer de nombreux prix, sa cote de popularité s'envola et ses tableaux sont de plus en plus vendus aux enchères pour des sommes juteuses! Enfin et pour couronner le tout, la société d'astonomie "Espace-Terre" attribua son nom à une étoile de la constellation de la Grande Ourse... Il ne pouvait pas rêver mieux. Il dira lui-même "J'ai l'impression d'être propulsé dans l'espace". Une étoile au firmament et la bourse pleine que pouvait-il rêver de mieux!





Lev Kolodny "Le peintre Zourab Tsereteli" Tsereteli se raconte. Ed. Golos-Press 2006.

mercredi 16 avril 2008

Comment se procurer des billets?

Site en russe et en français. Possibilité de réserver en ligne mais aussi par téléphone. En règle générale, les opératrices ne parlent que russe. Livraison à domicile possible avec majoration. Si vous choisissez d'aller chercher vos billets directement à la caisse il faut aller à l'adresse suivante: Teatralnaïa Plochad, 1. Métro: Teatralnaïa, suivre la sortie Teatralnaïa puis tournez à gauche, c'est 50 mètres plus loin à votre gauche. La caisse est ouverte tous les jours de 11h à 15h puis de 16h à 20h. Tél pour les réservations: +7(495)250 73 17. Tél gratuit depuis un téléphone fixe en Russie: 8-800-333-1-333. E-mail: sales@bolshoi.ru


Attention: Le bâtiement de l'ancien Bolshoï est toujours en rénovation. Aux dernières nouvelles, il devrait rouvrir ses portes fin 2009. En attendant la troupe se produit sur la Nouvelle Scène. L'entrée se fait depuis la rue Bolshaïa Dmitrovka (Kopievskii oul.) ou depuis la place du Théâtre. En sortant de la station de métro Teatralnaïa, prendre à gauche, tout droit jusqu'aux marches et au sommet, l'entrée est sur votre gauche. Il est possible de réserver des places au plus tôt deux mois avant la représentation.

Site très complet en russe et en anglais. Vous y trouverez toutes les offre suivantes: opéra, ballets (classique et contemporain), théâtre, cirque, comédie musicale, zoo, cinéma etc... Possibilité de réserver en ligne (majoration de 10%) et de régler en ligne. Livraison à domicile possible avec une majoration de 10%. Si vous choisissez d'aller chercher vos billets à la caisse, l'adresse est la suivante: Bol. Dmitrovka, 1. Métro Teatralnaïa (en face de la station de métro, très facile à trouver, l'inscription "parter.ru" se trouve au dessus de la porte d'entrée).

Site très complet en russe et en anglais. Vous y trouverez tous les événements sur Moscou: opéra, ballet, théâtre, cirque, comédie musicale...Possibilité de réserver vos billets en ligne (majoration de 10%), de vous les faire livrer à domicile (majoration de 10%) ou d'aller les chercher sur place à l'agence principale qui se trouve: Bol. Dmitrovka, 1. En face de la station de métro Teatralnaïa. L'agence se trouve dans les même locaux que "parter.ru", vous avez les indications au-dessus de la porte d'entrée. Pour les autres agences reportez vous au site internet.

Le site est très complet mais uniquement en russe. Majoration également du prix si commande depuis internet. Réservations par téléphone: +7(495) 514 66 88.

  • Si tous les billets sont déjà vendus, il vous reste deux solutions:

1/ tentez votre chance le jour même avant la représentation. Il y a toujours des personnes qui revendent leurs billets, et plus on se rapproche du début de la représentation plus les prix baissent.

2/ contactez Sergueï au +7(495) 102 47 29. Il se débrouille un peu en anglais mais pas en français. Il a souvent les billets de la dernière chance mais le prix est bien plus élevé!

vendredi 11 avril 2008

mercredi 9 avril 2008

L'hôtel Rossia et après?

photo: vue depuis la rive sud de la Moskva. Il ne reste plus qu'un énorme espace vide le long des quais



L'hôtel Rossia, symbole de l'ère brejnevienne, si bien connu à l'étranger tant son style architectural soviétique détonnait pour l'occident n'est plus, et c'est tant mieux!


En 2005, la décision fut prise par le maire de le détruire, et aujourd'hui, début 2008, les bulldozers ont eu raison de lui.




Ne subsiste à ce jour que le squelette d'une infime partie du colosse! le reste n'est qu'un vaste chantier qui devrait laisser place dans plusieurs mois (années?) à un nouveau projet, qui cette fois, s'harmonisera avec le reste du quartier. Surgiront alors, centres commerciaux et hôtels de luxe dont la hauteur ne devrait pas dépasser les cinq étages. Le style architectural sera identique aux bâtiments du quartier et quel soulagement! car cela dit en passant, vous êtes ici dans une des plus anciennes et plus belles parties du centre de Moscou.



Mais surtout et par dessus tout, la disparition de l'hôtel permet de mettre en valeur la rue Varvarka où chaque maison et chaque église est un vestige des temps anciens. Amoureux de Moscou, à vos appareils photos, plus rien ne gâchera vos clichés!


lundi 7 avril 2008

Une Moscou souterraine

À 6 km au sud de la place Rouge, une ville souterraine serait capable d'abriter 30,000 personnes (influentes évisemment!) et leurs familles pendant 30 ans en cas de guerre nucléaire. À l'origine, Ivan le Terrible avait fait construire sur ce site, des souterrains permettant à ses miliciens de gagner secrètement différents quartiers de la ville depuis le palais. Au XX siècle, le KGB les utilisa comme prison et y creusa un tunnel les reliant à ses quartiers généraux. C'est Brejnev, qui dans les années 60 et 70, entreprit des travaux pharaoniques qui aboutirent à la création de ce complexe souterrain de 2 ha s'enfonçant dans le sol sur plusieurs niveaux. Il posséderait des salles de cinéma, des piscines et des dépôts remplis de nourriture; et même des rues accessibles aux voitures, ainsi que sa propre ligne de métro, métro Bis, reliant le complexe au centre de Moscou et à l'aéroport de Vnukovo. Outre cette ville, à propos de laquelle le Kremlin reste muet, on raconte que les 7 ministères de Moscou possèderaient leur propre structure bis en sous-sol, d'une profondeur égale à leur hauteur, chacune ayant sa station de Métro Bis, et autres liaisons secrètes avec la ville souterraine...

dimanche 6 avril 2008

Pâques en Russie

Tout d’abord, ajustons nos calendriers ! Le jour de Pâques ne tombe pas au même moment chez les catholiques et les orthodoxes (même s’il arrive que se soit le cas de temps en temps, comme cela le fut en 2007 et le sera en 2010, 2011 et 2014). Cette date faisant l’objet d’une définition de nature astronomique - « Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps » - comment se fait-il qu’en suivant la même règle, la date ne coïncide pas toujours ? Bien que le calcul de la date soit très complexe et prenne en compte de nombreux paramètres, il est tout de même possible de relever les deux raisons suivantes :

La première est le décalage des dates des deux calendriers, l’occident ayant introduit une réforme pour mieux suivre le soleil. L’occident se base donc sur le calendrier grégorien, alors que les orthodoxes russes se basent sur le calendrier julien pour fixer toutes les dates des fêtes religieuses. La seconde est due à la lune. Aucun des deux calendriers ne se base sur les phases véritables de la lune, mais chacun utilise une lune fictive différente.

Si l’on se base sur le calendrier julien, la date de la fête de Pâques orthodoxe est en principe 13 jours après la date du calendrier grégorien, mais en pratique la date est difficile à calculer !
Cette année Pâques sera célébrée dans la nuit du 26 au 27 avril.

Considérée comme la plus grande fête du calendrier orthodoxe, c’est en Russie que la célébration de Pâques atteint son plus grand éclat et est fêtée avec le plus grand faste. Pour les orthodoxes, Pâques est la fête principale qui structure toute l’année liturgique. Son sens profond, c’est le mystère chrétien. Sans résurrection du Christ, il n’y a pas de christianisme. Le jour de Pâques est précédé d’une longue période de jeûne de 40 jours qui est appelé le Grand Carême. Durant cette période les plus pratiquants ne mangeront ni viande, ni laitage, ni œufs.

Quelques jours avant Pâques, les babouchkas se mettent à la tâche et confectionnent artisanalement et avec la plus grande minutie les deux desserts de Pâques : le koulitch et la paskha ; qui ne vont jamais l’un sans l’autre. Le koulitch se prépare plusieurs jours à l’avance. C’est un gâteau parfumé au rhum et au safran dont la fabrication ressemble étrangement à celle d’un pain ou d’une brioche. Il contient des fruits confits, des amandes et des raisins. Sa forme, toute en hauteur est très spéciale. On le décore des lettres XB en fruits confits, représentant en caractère cyrillique les lettres pour « Christos voskres » - « le Christ est ressuscité ». Le koulitch est toujours accompagné de la paskha, en forme de pyramide. La paskha est un genre de fromage blanc que l’on doit laisser égoutter longuement et que l’on agrémente de diverses façons. Le jour de Pâques, il est d’usage d’apporter le koulitch à l’église pour le faire bénir par le prêtre. On le présente avec un cierge planté en son centre dans un joli panier fleuri.

Si vous souhaitez les recettes, je vous invite à regarder le site http://www.saveursdumonde.net/ Attention ! Ayez tout de même de la patience et les instruments adéquats car ce n’est ni facile ni rapide à faire. Si vous avez peu de temps ou peu de patience vous pourrez les trouver déjà tout prêt dans le commerce.





Traditionnellement, comme nous l’avons vu précédemment, les russes préparent ou achètent de la paskha et du koulitch; mais ils peignent aussi des œufs. L’œuf, symbole du commencement d’une vie nouvelle et de perfection sera le grand héros de cette période. Pour peindre les œufs on se sert de peintures diverses, mais les plus beaux œufs sont peints suivant une tradition populaire ancienne : on cuit simplement les œufs durant deux ou trois heures dans une cocotte remplie d’eau et de pelures d’oignons. Ce colorant naturel permettra d’obtenir une couleur rouge qui symbolise le sang du Christ. Les œufs vont ainsi prendre des couleurs différentes allant du rouge au marron. De nos jours la couleur rouge a moins d’importance et vous trouverez des œufs de toutes les couleurs, parfois même décorés de très jolis motifs. La décoration des œufs est souvent un moment sacré qui est considéré comme un art. Munis de leurs œufs, les russes vont chez leurs parents et leurs amis pour se les échanger. En les offrant à quelqu’un ils diront toujours « Jésus-Christ est ressuscité » l’interlocuteur répondra « En vérité il est ressuscité ». Après l’échange ils se feront trois baisers accolade (le baiser de Pâques).

La tradition de l’œuf peint et décoré a une origine pratique. Comme il n’était pas possible de manger des œufs durant le Carême, les œufs étaient cuits pour être conservés, et, pour reconnaître les plus vieux des plus frais on les colorait.

Toutes ces traditions : la peinture des œufs, la préparation du koulitch et de la paskha ont leur origine dans la fête païenne du printemps.

Le grand soir venu, tout le monde se presse à la messe de minuit. Ce soir-là, exceptionnellement, les fidèles entrent dans une église éteinte. Les chœurs entonnent des chants qui progressivement s’intensifient, recréant ainsi par la seule force de la voix un mouvement d’élévation. Les fidèles, précédés par le prêtre, sortent en procession de l’église. Tous munis d’un cierge allumé, ils feront ainsi trois fois le tour de l’église en chantant joyeusement. Pendant ce temps toutes les lumières de l’église seront allumées, cierges, chandelles… pour qu’à leur retour les fidèles entrent dans une église entièrement illuminée. Cette grande illumination symbolise la résurrection du Christ. Les prêtres annoncent alors Sa Résurrection tandis que la foule répond « En vérité il est ressuscité » en russe «Kristos Vaskres » (phonétiquement). À ce moment là les voix s’élèvent à l’unisson dans une église chatoyante de mille feux.


http://www.lexilogos.com/, http://www.saveursdumonde.net/

clin d'oeil à Cécile Mardoukaev!

samedi 5 avril 2008

Le palais des boyards Romanov

photo: l'aigle bicéphale à l'entrée (nouvelle) du musée

Le palais des boyards* Romanov est un très joli musée retraçant la vie quotidienne des nobles moscovites au XVIIème siècle. Bien évidemment, ce que vous verrez aujourd'hui n'est qu'une reconstitution, et ce qui reste de la demeure ancestrale ressemble plus à un cottage qu'au palais russe médiéval qui s'étendait autrefois jusqu'à la Moskva et comprenait de nombreuses maisons. Faites alors preuve d'un peu d'imagination, et tentez de recréer ce que pouvait être la résidence du grand-père de Michel Romanov. La légende dit que c'est dans ce palais que serait né Michel Romanov, futur tsar et premier représentant de la dynastie des Romanov sur le trône de Russie.


photo: l'entrée de la maison-musée

Le palais se situe dans le quartier de Zaradié, la partie la plus au sud du quartier de Kitaï Gorod. À deux pas de la place Rouge, il est aisé de le visiter lors de vos pérégrinations moscovites. À l'époque et ce depuis le règne d'Yvan IV, la plupart des nobles s'installeront dans cette partie du quartier de Kitaï Gorod. Plus tard, ils s'établiront au delà de la rue Ilinka, car en s'éloignant de la Moskva, ils s'éloignaient par la même occasion des nombreux moustiques qui envahissent la ville en été. Ce quartier était également habité par de nombreux marchands et artisans, vous remarquerez alors que les rues avoisinantes portent toutes des noms dont la signification est particulière (rue des poissons...). Dans les années 1930, le gouvernement soviétique décida de détruire toutes les maisons afin d'y construire la huitième tour stalinienne. Heureusement ce projet n'a jamais abouti, et ce grâce à une association qui réussi à sauvegarder certains bâtiments de la rue.



photo: façade en trompe l'oeil



Mais revenons à la période qui nous intéresse! Au XVIIème, la résidence ancestrale des Romanov s'étendait jusqu'à la rivière Moskva, et se sont les grands-parents de Michel Romanov qui y habitaient. Le socle et le sous-sol sont les seules parties datant du XVI ème. Les étages supérieurs seront par la suite construits par des moines au XVII (en 1931, au décès de la mère de Michel Romanov, la famille en fit don au monastère), et le terem (partie supérieure de la maison la plus richement décorée) fut construit au XVIIIème.





Le palais fut racheté aux moines sur ordre d'Alexandre II. En effet, lors de son couronnement à Moscou en 1856, il avait promis de réhabiliter la maison de ces ancêtres. Ce fut alors chose faite en 1857; et après deux ans de restauration, le palais fut transformé en musée. L'intérieur du musée fut alors aménagé part F.G. Solntsév, grand connaisseur de l'art médiéval.




photo: l'église du monastère de l'Icône-de-la-Vierge-du-Signe (1684) sur le territoire de l'ancienne demeure des Romanov



La maison se compose d'un enchevêtrement de pièces, qui, comme c'était le cas à l'époque, n'étaient pas très grandes, mais richement décorées. Remarquez les fresques colorées dans toutes les pièces ainsi que la disposition des objets. Les petites pièces, dans lesquelles ne tiennent que le minimum, étaient en fait des cellules monacales (parties datant du XVII). Les portes sont également très petites, je dirais pas plus d'1m 20 de hauteur. À cela il y avait deux raisons principales: il fallait à tout pris garder la chaleur dans les pièces l'hiver, mais aussi, et je trouve l'idée rigolote, la personne étant obligée de se plier en quatre témoignait de ce seul fait respect à la personne se trouvant en face de lui. En voyant la petitesse des portes il n'y a plus aucun doute quant au respect accordé!


photo: petite fenêtre en mica


Dans toutes les pièces se trouve l'indispensable poêle et dans l'angle opposé de celui-ci l'icône devant laquelle les gens se signaient en entrant dans la pièce. Il faut savoir que le XVII siècle est encore une période durant laquelle tous les russes vivront en accord avec leurs traditions et leurs coutumes ancestrales. Plus tard, sous Pierre le Grand, de nombreuses réformes touchant au quotidien des russes modifieront leur mode de vie passé.


photo: très beau poêle dans le terem

Le dernier étage (le terem) est consacré aux femmes et à leur quotidien. On y accède par un escalier pour le moins impressionnant!. La décoration de ce dernier étage est tout droit sorti de l'imagination du décorateur. Dédié uniquement aux femmes, les jeunes garçons étaient autorisés à y rester jusqu'à l'âge de 10 ans, et les jeunes demoiselles, bien évidemment, jusqu'à leur mariage. Le quotidien des femmes était des plus banals puisque outre l'éducation des enfants, elles s'employaient uniquement au tissage et à la broderie...



*désigne un aristocrate des pays orthodoxes (ancienne Russie puisque chassés à la révolution de 1917).


Moscou, Patrimoine Architectural, éd. Flammarion, p. 435

jeudi 3 avril 2008

La Trans Orientale - une première en 2008!

Amateurs de grands espaces et de vitesse, ce message s'adresse à vous! La première édition du "plus grand rallye-raid marathon du monde", la Trans Orientale aura lieu du 12 au 28 juin 2008. Elle se déroulera sur 10,000 km et partira de Saint-Petersbourg pour rallier Pékin à travers trois pays: la Russie, le Kazakhstan et la Chine. http://www.transorientale.com/

mercredi 2 avril 2008

Balade dans le quartier de Kitaï Gorod

Je vous emmène aujourd'hui dans le quartier de Kitaï Gorod, l'un des plus anciens quartiers de Moscou, qui recèle de jolis petits bijoux architecturaux et où il fait bon flâner sous un soleil printanier. Bien évidemment je ne vous dévoile pas tous les trésors, juste quelques uns, histoire de vous y attirer!


photo: l'église de la Sainte-Trinité-de-Nikitniki


Rendez-vous, tout d'abord, sur la place Ancienne à côté de la station de métro Kitaï Gorod. Enfilez-vous dans la ruelle tranquille de Nikitnikov et vous serez surpris de découvrir - comme c'est souvent le cas à Moscou - la magnifique église de la Trinité-à-Nikitniki datant de 1630. Elle frappe par la richesse de sa décoration extérieure et son originalité résidait à l'époque dans sa forme carrée, sa nef sans piliers et ses trois rangées de kokochniki* en étages dominés par cinq tourelles à bulbe. Elle eut une influence importante puisqu'elle servit de modèle à de nombreuses églises construites durant les trente années qui suivirent...



photo: le palais des boyards Romanov


En revenant sur vos pas, dirigez-vous rue Varvarka. Située au coeur de l'ancien quartier commerçant de Zariadé, cette rue est la plus ancienne de Moscou. S'y trouvent encore, comme témoins d'une époque révolue, les deux plus anciens bâtiments civils de la ville: le palais des boyards Romanov (rubrique: maison-musée) et l'ancien hôtel des Anglais**. À l'origine, cette maison servait de résidence pour les négociants anglais de passage. Au XVII ème siècle, elle fut reprise par les russes et subit de très nombreuses modifications, si bien qu'au début du XX ème siècle elle avait considérablement changé. La maison fut restaurée puis rouverte au public à l'occasion de la visite d'Elisabeth II en 1994.


photo: l'ancien hôtel des Anglais


À la hauteur du numéro 10 de la rue Varvarka se trouve l'église de l'Icône appartenant au monastère Notre-Dame-du-Signe. Ce monastère, dont il ne reste que quelques bâtiments aujourd'hui, fut fondé par la famille Romanov. Et oui c'est ici que les grands-parents de Michel Romanov ont résidé jusqu'à leur décès. L'église, construite en 1679, évoque en plus petit, les cathédrales du Kremlin.




photo: l'église de l'Icône


De l'autre côté de la rue, le long et majestueux bâtiment de style néo-classique est le Stary Gostiny Dvor ou la Vieille Cour des Marchands. Ces galeries marchandes ont été construites sur un emplacement qui a toujours été occupé par des commerces depuis le XVI ème siècle. Cette galerie, aujourd'hui sans grand intérêt, était le haut lieu du négoce moscovite. La partie la plus fidèle au projet est celle qui donne sur la rue Ilinka.



photo: la Vieille Cour des Marchands

La rue Ilinka est la rue parallèle à la rue Varvarka lorsque vous vous éloignez de la Moskva. Le nom de la rue vient d'un ancien monastère qui a disparu aujourd'hui et qui s'appelait le monastère Ilinski. C'est à partir de cette rue que s'installèrent les nobles au XVII, ils y firent construirent de beaux palais qui n'existent plus aujourd'hui. Au XIX siècle, la rue Ilinka était devenue le centre des activités commerciales du quartier. On y trouve aujourd'hui des banques et des bâtiments administratifs.


photo: superbe façade de la rue Ilinka (mais je ne sais pas ce qui s'y trouve derrière!)


Si vous tournez à gauche en direction de la place Rouge, vous tomberez nez à nez avec le grand bâtiment du Goum de style néo-russe, dont je ne me lasserai décidément jamais!




photo: façade du GOUM à l'angle des rues Ilinka et Vetochny

juste pour le plaisir...

photo: la rue Ilinka


Sans hésitez continuez en direction de la parallèle à la rue Ilinka: la rue Nikolskaïa. Vers la fin du XII ème siècle, cette rue avait été investie par les marchands et les négociants. Jusqu'à la révolution on y trouvait des boutiques. Après une période terne sous le communisme, cette rue est devenue chic et animée. Au numéro 15, le superbe édifice bleu pâle de l'imprimerie du Saint-Synode. En observant bien sa façade vous noterez les sculptures du lion et de la licorne, mais aussi le marteau et la faucille...c'est ici que fut édité en 1564, le premier ouvrage imprimé de Russie!


photo: l'imprimerie du Saint-Synode construite en 1810-1814


À ne pas manquer également dans la cour du numéro 7, l'ancien monastère Zaïkonopasski. De 1687 à 1814, il abrita l'Académie des études slaves, grecques et latines, premier établissement d'enseignement supérieur à Moscou.



photo: la rue Nikolskaïa

photo: la rue Nikolskaïa

photo: la passage Tretiakov

Pour finir notre promenade rendez-vous dans le superbe passage Tretiakov au numéro 19. Un condensé du Moscou luxuriant où se côtoient boutiques de luxe, Bentley et poupées russes!


*arcades purement décoratives servant de transition entre une base octogonale et un toit pyramidal

** l'exposition retrace l'histoire de l'ancien hôtel des Anglais et son rôle dans les relations anglo-russes
Moscou, Patrimoine Architectural, éd. Flammarion p.434