dimanche 6 avril 2008

Pâques en Russie

Tout d’abord, ajustons nos calendriers ! Le jour de Pâques ne tombe pas au même moment chez les catholiques et les orthodoxes (même s’il arrive que se soit le cas de temps en temps, comme cela le fut en 2007 et le sera en 2010, 2011 et 2014). Cette date faisant l’objet d’une définition de nature astronomique - « Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune de printemps » - comment se fait-il qu’en suivant la même règle, la date ne coïncide pas toujours ? Bien que le calcul de la date soit très complexe et prenne en compte de nombreux paramètres, il est tout de même possible de relever les deux raisons suivantes :

La première est le décalage des dates des deux calendriers, l’occident ayant introduit une réforme pour mieux suivre le soleil. L’occident se base donc sur le calendrier grégorien, alors que les orthodoxes russes se basent sur le calendrier julien pour fixer toutes les dates des fêtes religieuses. La seconde est due à la lune. Aucun des deux calendriers ne se base sur les phases véritables de la lune, mais chacun utilise une lune fictive différente.

Si l’on se base sur le calendrier julien, la date de la fête de Pâques orthodoxe est en principe 13 jours après la date du calendrier grégorien, mais en pratique la date est difficile à calculer !
Cette année Pâques sera célébrée dans la nuit du 26 au 27 avril.

Considérée comme la plus grande fête du calendrier orthodoxe, c’est en Russie que la célébration de Pâques atteint son plus grand éclat et est fêtée avec le plus grand faste. Pour les orthodoxes, Pâques est la fête principale qui structure toute l’année liturgique. Son sens profond, c’est le mystère chrétien. Sans résurrection du Christ, il n’y a pas de christianisme. Le jour de Pâques est précédé d’une longue période de jeûne de 40 jours qui est appelé le Grand Carême. Durant cette période les plus pratiquants ne mangeront ni viande, ni laitage, ni œufs.

Quelques jours avant Pâques, les babouchkas se mettent à la tâche et confectionnent artisanalement et avec la plus grande minutie les deux desserts de Pâques : le koulitch et la paskha ; qui ne vont jamais l’un sans l’autre. Le koulitch se prépare plusieurs jours à l’avance. C’est un gâteau parfumé au rhum et au safran dont la fabrication ressemble étrangement à celle d’un pain ou d’une brioche. Il contient des fruits confits, des amandes et des raisins. Sa forme, toute en hauteur est très spéciale. On le décore des lettres XB en fruits confits, représentant en caractère cyrillique les lettres pour « Christos voskres » - « le Christ est ressuscité ». Le koulitch est toujours accompagné de la paskha, en forme de pyramide. La paskha est un genre de fromage blanc que l’on doit laisser égoutter longuement et que l’on agrémente de diverses façons. Le jour de Pâques, il est d’usage d’apporter le koulitch à l’église pour le faire bénir par le prêtre. On le présente avec un cierge planté en son centre dans un joli panier fleuri.

Si vous souhaitez les recettes, je vous invite à regarder le site http://www.saveursdumonde.net/ Attention ! Ayez tout de même de la patience et les instruments adéquats car ce n’est ni facile ni rapide à faire. Si vous avez peu de temps ou peu de patience vous pourrez les trouver déjà tout prêt dans le commerce.





Traditionnellement, comme nous l’avons vu précédemment, les russes préparent ou achètent de la paskha et du koulitch; mais ils peignent aussi des œufs. L’œuf, symbole du commencement d’une vie nouvelle et de perfection sera le grand héros de cette période. Pour peindre les œufs on se sert de peintures diverses, mais les plus beaux œufs sont peints suivant une tradition populaire ancienne : on cuit simplement les œufs durant deux ou trois heures dans une cocotte remplie d’eau et de pelures d’oignons. Ce colorant naturel permettra d’obtenir une couleur rouge qui symbolise le sang du Christ. Les œufs vont ainsi prendre des couleurs différentes allant du rouge au marron. De nos jours la couleur rouge a moins d’importance et vous trouverez des œufs de toutes les couleurs, parfois même décorés de très jolis motifs. La décoration des œufs est souvent un moment sacré qui est considéré comme un art. Munis de leurs œufs, les russes vont chez leurs parents et leurs amis pour se les échanger. En les offrant à quelqu’un ils diront toujours « Jésus-Christ est ressuscité » l’interlocuteur répondra « En vérité il est ressuscité ». Après l’échange ils se feront trois baisers accolade (le baiser de Pâques).

La tradition de l’œuf peint et décoré a une origine pratique. Comme il n’était pas possible de manger des œufs durant le Carême, les œufs étaient cuits pour être conservés, et, pour reconnaître les plus vieux des plus frais on les colorait.

Toutes ces traditions : la peinture des œufs, la préparation du koulitch et de la paskha ont leur origine dans la fête païenne du printemps.

Le grand soir venu, tout le monde se presse à la messe de minuit. Ce soir-là, exceptionnellement, les fidèles entrent dans une église éteinte. Les chœurs entonnent des chants qui progressivement s’intensifient, recréant ainsi par la seule force de la voix un mouvement d’élévation. Les fidèles, précédés par le prêtre, sortent en procession de l’église. Tous munis d’un cierge allumé, ils feront ainsi trois fois le tour de l’église en chantant joyeusement. Pendant ce temps toutes les lumières de l’église seront allumées, cierges, chandelles… pour qu’à leur retour les fidèles entrent dans une église entièrement illuminée. Cette grande illumination symbolise la résurrection du Christ. Les prêtres annoncent alors Sa Résurrection tandis que la foule répond « En vérité il est ressuscité » en russe «Kristos Vaskres » (phonétiquement). À ce moment là les voix s’élèvent à l’unisson dans une église chatoyante de mille feux.


http://www.lexilogos.com/, http://www.saveursdumonde.net/

clin d'oeil à Cécile Mardoukaev!

Aucun commentaire: