jeudi 26 juin 2008

La tour d'Ostankino




La tour d'Ostankino est une tour autoportante de radio-télédiffusion, haute de 537 mètres (tour Eiffel 325 mètres) qui fut construite en 1967, l'année du cinquantième anniversaire de la révolution d'Octobre. Elle a été conçue par Nikolaï Nikitine, l'un des plus grands ingénieurs de la période soviétique. Elle fut une composante du rêve communiste de l'époque du dégel, après l'arrivée de Krouchtchev au pouvoir. Son édification fut associée au premier vol des cosmonautes soviétiques autour de la terre. Elle a gardé son titre de plus haute tour du monde jusqu'à la construction de la CN Tower à Toronto.

On y trouve des restaurants et une plate forme d'observation se situant à 337 mètres, dont le plancher en verre à de quoi vous donnez le vertige. Il y a 1706 marches jusqu'au sommet!




Adresse: Akademika Koroliova Oul., 12.

mercredi 25 juin 2008

Le chiffre de la semaine

D'ci 2030, 20,000 kilomètres de voies ferrées seront construites en Russie!

"The Moscow News" n°24

lundi 23 juin 2008

L'alcool au volant

Dès le 1er juillet la tolérance zèro va s'assouplir, et permettre aux conducteurs de prendre le volant avec 0,3 grammes/l. Bonne ou mauvaise nouvelle, une chose est sûre c'est une occasion pour les policiers de s'en mettre plein les poches!
"The Moscow Times" du 23 juin 2008

dimanche 22 juin 2008

L'image du jour

vendredi 20 juin 2008

Le palais d'Ostankino



photo: bâtiment principal du palais abritant le théâtre. Les appartements privés étaient situés dans une aile qui n'existe plus aujourd'hui.



L'ensemble formant le palais d'Ostankino, avec son palais et son théâtre, était célèbre dans le monde entier il y a encore deux siècles. Propriété de la famille Chérémetiev, la propriété appartenu d'abord, dans les années 1580 à Vassili Chtchelkalov, directeur du service des affaires étrangères du Kremlin. Ce-dernier reçut la propriété directement du tsar en remerciement des services fournis à la couronne. La propriété passera ensuite dans les mains du prince Tcherkasski. Les domaines avoisinants seront transformés en domaine de chasse pour le tsar. Autrefois situé en pleine campagne, le domaine est aujourd'hui situé en plein Moscou. La première église en bois construite sur la propriété fut, sous la propriété du prince Tcherkasski transformée en une église en brique, toujours existante aujourd'hui (l'église de la Trinité).



En 1730, le domaine s'étend sur 1614 hectares. Il agrandit les bâtiments mais les travaux sont interrompus par sa mort.

Sa fille unique épousera Piotr Chérémetiev et en unissant leurs domaines, le comte Chérémétiev devînt l'un des plus riches propriétaires de Russie.


photo: le plafond situé au dessus de la scène du théâtre

Retiré à Moscou et amoureux du théâtre, il monte une petite troupe qu'il fait jouer dans son autre domaine de Kouskovo, également situé à Moscou. Son fils, Nikolaï Chérémétiev, également grand amateur de théâtre, continuera l'oeuvre de son père en imaginant une salle des arts bien plus vaste et originale que celle de Kouskovo. En 1787, il demandera alors à différents architectes russes et étrangers un projet de palais des arts pour son domaine d'Ostankino. Son idée était de créer deux parties. L'une serait consacrée à la vie quotidienne et l'autre uniquement dédiée aux arts; avec un théâtre mais aussi une galerie de tableaux et de sculptures. Les collections remplissent tout le palais. La galerie de peinture comptait des oeuvres de Titien, Rubens, Van Dyck. Malheureusement, elles furent emportées par les soldats de Napoléon en 1812. Dans le pavillon italien se trouve encore aujourd'hui un buste d'Aphrodite parmi 200 autres sculptures.


photo: intérieur du pavillon italien


Le théâtre d'Ostankino était pourvu d'une machinerie qui permettait les effets les plus compliqués pour l'époque tels que le vent, la pluie, les orages etc. Toute la salle, y compris la scène, pouvait, en cas de nécessité, être transformée en salle de danse. La scène, profonde de 22 mètres et large de 16 mètres était la plus grande scène de Russie à l'époque. Le théâtre se compose également d'un parterre et d'un amphithéâtre défini par une colonnade derrière laquelle sont disposées les loges. Cette disposition commandée par Nikolaï Chérémétiev répond à son programme qui insistait sur la qualité acoustique, la visibilité et l'originalité.

photo: détails du pavillon italien



La troupe du comte se constituait de serfs et parmi les actrices serves, Prascovia Kovaliova-Jemtchougova, une chanteuse sublime se distingua particulièrement. Ce fut elle qui d'ailleurs eu le premier rôle, lors de l'inauguration du théâtre en 1795, dans la représentation d'un opéra. Sous son charme, le comte l'épousa allant à l'encontre des conventions de l'époque.

photo: détail d'un plafond


Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, les murs du palais furent construits exclusivement en bois. Une couche de plâtre, savamment étudiée, imitant la pierre et la brique, devait recouvrir l'ensemble. Mais ce n'est pas tout, les salles offrent un extraordinaire exemple de décor en trompe l'oeil. Des moulures en bois sculpté peint imitent le bronze, l'or et le marbre. Les planchers sont en marqueterie de bouleau et d'acajou. toutes les colonnes en marbre sont également soigneusement imitées. À l'époque les imitations étaient très à la mode.

photo: l'église de la Trinité datant du XVII siècle

L'église de la Trinité, richement décorée, est surmontée de dômes verts. Elle fut construite entre 1678 et 1683 sous les Tcherkasski.


Adresse: Piervaïa Ostankinskaïa Oul., 5. Métro VDNK, puis tram n°7 ou 11. Ouvert pour la visite libre de mi mai au 30 septembre de 15h30 à 18h. Les caisses ferment 1 heure avant. Fermé les lundis et mardis, ainsi que pendant et après les orages (jardins). Tél: 286 6288. Durant l'été des concerts ont lieu dans le théâtre du palais. Renseignements et réservations sur place.

mardi 17 juin 2008

Le calendrier russe

Jusqu'en 1923, la Russie a conservé l'usage du calendrier Julien crée en 45 avant J.-C. par Jules César et réformé en 1582 par le pape Grégoire XIII sous le nom de calendrier Grégorien.

Lors de la réforme grégorienne, le calendrier Julien se trouva en retard de 10 jours sur le nouveau calendrier. Ainsi, le 5 octobre 1582 devint le 15 octobre 1582. Lors de la Révolution soviétique, en 1917, le calendrier Julien (et ce jusqu'en l'an 2100) était en retard de 13 jours par rapport au grégorien. Le 1er janvier 1917 correspondait à 1+13 soit le 14 janvier Grégorien. Ainsi s'explique le curieux décalage de la Révolution dite d'Octobre qui, en fait pour l'occident, eut lieu en novembre. Lorsque le gouvernement soviétique décida en 1923 d'adopter le calendrier grégorien, l'anniversaire des 25-26 octobre fut fêté les 7 et 8 novembre.

L'alignement par décret du calendrier russe sur le calendrier occidental a été de la part du gouvernement socialiste de l'époque une décision politique pratique. La conservation du calendrier Julien par l'Église Orthodoxe avait été, de la part de celle-ci en 1582, une prise de position contestataire vis-à-vis du modernisme de la papauté romaine. Ce même conservatisme anime toujours l'Église russe depuis 1917. Pour les orthodoxes, Noël se fête le 7 janvier, le jour de l'an le 14, etc.
Mais attention, en pratique les russes ne ratent jamais une occasion de faire la fête, et donc le 1 janvier a maintenant supplanté la date traditionnelle du calendrier. Ceci est notamment du au fait que le 14 janvier les russes sont déjà de retour de vacances...

samedi 14 juin 2008

Sochi, on s'y prépare!

mercredi 11 juin 2008

L'église de l'Intercession-de-la-Vierge-à-Fili



Les Narychkine, famille de la mère de Pierre le Grand (seconde épouse d'Alexeï 1er Romanov), s'imposent après l'éviction de Sophie (fille d'Alexis 1er et de sa première épouse Maria Miloslavski, qui allait devenir régente lors du règne de ses deux frères Fédor III et Yvan V), et le clan des Miloslavski en 1689. Suivant la coutume, ils reçoivent alors de vastes terres à Moscou et dans les environs.


Dès les années 1690, une intense activité de construction se déploie alors dans leurs domaines et donne naissance au style architectural que l'on a appelé au XIXème siècle le baroque Nyrichkine, bien qu'il ne s'agisse pas d'un style baroque à proprement parler. En effet, le baroque Narychkine est un mélange d'éléments ukrainiens (orientation des quatre coupoles en direction des points cardinaux), d'éléments d'Europe occidentale (décoration maniériste) et d'éléments russes (la galerie et les clochers). Ce modèle fut introduit en Russie dès 1680 à travers la Biélorussie et l'Ukraine.



Il existe encore quelques églises à Moscou représentatives de ce style mais l'église de Fili est unique dans le sens où elle est la seule dont le style Narychkine fut préservé à l'extérieur mais aussi à l'intérieur. Parmi les chefs-d'oeuvre du baroque Narychkine, il y a également l'église de la Résurrection-à-Kadachi (1680-1710), située dans le quartier de Zamoskvorietchie en plein coeur de Moscou. Elle est depuis 2004 en longue restauration intérieure.


Lorsque Alexeï 1er épousa sa première femme Maria Miloslavski, le domaine existait déjà et appartenait à la famille Romanov. C'est Alexis 1er qui en fit cadeau à sa famille. A cette époque l'église telle que nous la voyons aujourd'hui n'existait pas mais sur le domaine s'y trouvaient un palais en bois, une première église de style typiquement russe également en bois, et un vaste domaine de chasse. L'église en bois ne se trouvait pas exactement là où se trouve l'église actuelle mais plus près de la rivière Moskva sur un terrain marécageux. Le nom de Fili d'ailleurs vient du mot "Filka", qui fut le nom de la rivière qui traversait jadis le domaine.


photo: détails floraux de la chaîne en argent soutenant l'énorme candélabre dans le centre de l'église


Devenu propriétaire du domaine de Fili en 1689, Liév Narychkine, oncle de Pierre le Grand et fervent "européen", y fera construire l'église en pierre en 1690. C'est d'ailleurs sous son impulsion que l'architecture citadine évoluera et que les constructions en bois laisseront place à une construction en pierre, plus pratique, plus solide et moins "barbare".

photo: icône représentant Pierre le Grand

L'édifice est formé de deux églises superposées. L'église basse est ceinturée d'une galerie faisant terrasse autour de l'église haute. Des escaliers permettent d'y accéder. Les étages sont emboîtés sur un axe central. Le plan en "quatre feuilles" (comme un trèfle) de l'église haute est un carré flanqué de quatre absides et portant une tour-lanterne octogonale, elle-même surmontée d'un lanternon. La façade de l'église en brique rouge est toute décorée d'éléments en pierre blanche créant une légèreté très agréable à l'oeil.

photo: l'icône du Christ "non faite de main d'homme" (partie blanche) qui a été enlevée puis détruite lors de la révolution de 1917.




Dans l'église on remarque tout d'abord l'iconostase, oeuvre de Karp Zolotariev, composée d'écrins à icônes dont la forme suit la forme architecturale de la façade. Sur le premier registre où figurent les grandes icônes remarquons celle représentant Pierre 1er et celle représentant son frère Féodor. Sur les "portes royales" la représentation des quatre évangéliste n'a malheureusement pas survécu aux nombres des années car celles-ci ont été peintes à l'huile directement sur le métal. À sa droite, l'icône du Christ "non faite de main d'homme" est l'oeuvre de Kirill Oulianov, peintre majeur du tsar. Cette icône (photo précédente), qui fut détruite lors de la Révolution de 1917, était entourée d'un large cadre toujours existant qui est également une icône.


photo: icône non canonique située dans l'église représentant Dieu et Jésus

Sur le mur ouest fut aménagée une loge en hauteur, qui rappelle les chaires des églises catholiques, d'où le propriétaire du domaine suivait les offices. L'escalier y menant se trouve caché à l'intérieur du mur. À noter la présence du vieil autel en bois datant de l'époque de la première église du domaine construite en bois (1619). Chose rare puisque la coutume voulait que tout soit brûlé!

photo: icône centrale du troisième registre représentant Jésus et Marie dans les vêtements portés en Russie à la fin du XVII siècle



On ne sait pas par quel miracle l'église de Fili a survécu jusqu'à nos jours, puisqu'il était encore question de la détruire sous Krouchtchev. Durant la période soviétique elle servit de dépôt où étaient entreposés lavabos et cuvette de WC! elle fut réouverte en 1980 à l'occasion des jeux olympiques de Moscou...

photo: l'autel de l'ancienne église en bois de Fili

Adresse: Novozavodskaïa oulitsa, 6. Métro: Fili (ligne bleue ciel). À 8 minutes à pied de la sortie de métro. L'église est ouverte uniquement l'été de 11h à 17h. Elle est fermée les mardis et mercredis, ainsi que le dernier jour du mois.



Source: Moscou, Patrimoine Archtectural, Ed. Flammarion, Paris, 1997.

Quelques photos ont été prises par Estelle Knafou.

dimanche 8 juin 2008

Le Dietski Mir ferme pour rénovation!



L'incontournable bâtiment massif, situé à deux pas de l'ancien siège du KGB va fermer le 1er juillet, pour 2 ans de travaux gigantesques. La façade extérieure et ses arches seront préservées, mais l'intérieur va subir une cure de jouvence afin de le moderniser. Bien qu'il restera en grande partie dédié aux enfants, le nouveau Dietski Mir comprendra notamment des cinémas et des restaurants.




Ce magasin mythique, ouvert en 1957, fut dessiné à l'époque pour être une vitrine du système soviétique. Effectivement, il fut le premier magasin a être doté d'escaliers roulants et d'air conditionné. L'agencement de l'espace intérieur préservait au mieux les énormes volumes, et la décoration intérieure passait pour l'époque comme le nec plus ultra du modernisme. Son vaste hall central, dans lequel était placé chaque année à noël un gigantesque sapin, révélait la magie des fêtes à des centaines d'enfants moscovites, accompagnés de leurs parents qui n'hésitaient pas à rester debout des heures, suivant une file qui pouvait comprendre 1000 personnes; tout cela dans l'espoir de trouver des vêtements qu'il était difficile de trouver!




Le bâtiment, privatisé en 1992 a donc senti passer le nombre des années et on a pu tous s'apercevoir que le magasin nécessitait une profonde rénovation. Outre l'état général plutôt décrépit du bâtiment, les escaliers roulants ne fonctionnaient plus depuis longtemps, et les clients tout comme les employés souffraient de la chaleur, tant le système d'air conditionné était désuet.



Source: The Moscow Times du 3 juin 2008.


jeudi 5 juin 2008

La neige de Staline!



Il existe à Moscou une neige d'un ordre différent, qui pointe son nez fin mai ou début juin, selon les années, et qui habille les rues de Moscou d'un duvet blanc assez ennuyeux pour tous les allergiques au pollen. Merci Staline! amoureux des peupliers, c'est en effet lui qui ordonna leur plantation en grand nombre dans toute la ville. Voilà pourquoi aujourd'hui le qualificatif de neige de Staline est communément utilisé pour décrire ce phénomène.

mercredi 4 juin 2008

Les sept merveilles du système soviétique

1) il n'y a pas de chômage, mais personne ne travaille;

2) personne ne travaille mais le plan est rempli;

3) le plan est rempli, mais il n'y a rien à acheter;

4) il n'y a rien à acheter, mais il y a des queues partout;

5) il y a des queues partout, mais nous sommes au seuil de l'abondance;

6) nous sommes au seuil de l'abondance, mais tout le monde est mécontent;

7) tout le monde est mécontent, mais tous votent "pour".