lundi 15 septembre 2008

Tsarskoïe Selo "village du tsar"

Pendant deux siècles, Tsarskoïe Selo fut l'une des résidences de campagne préférées des tsars et tsarines de Russie. En 1710, Pierre le Grand offrit à sa seconde épouse Catherine I un modeste domaine en pierre composé de six chambres uniquement. Lorsqu'Elisabeth, la fille de Catherine I et Pierre le Grand monta sur le trône, la mode était au faste et il ne pouvait exister, selon elle, de beauté sans luxe. Connue pour sa nature dépensière, Elisabeth le transforma en un palais luxueux. 1 200 000 roubles furent dépensés, une somme énorme pour l'époque alors que les ouvriers n'étaient payés que cinq kopecks par jour. cent kilos d'or pur ont été utilisés pour les ornements intérieurs et extérieurs. L'architecte Rastrelli (et oui encore lui), roi incontesté du style baroque, rajouta deux ailes latérales ainsi que deux nouveaux pavillons. Le résultat est impressionnant puisque l'édifice se déploie sur plus de trois cents mètres de long. En mémoire de leur première propriétaire, le parc et le palais furent baptisés "Ekaterinski" ce qui veut dire "de Catherine" et le blason de la ville porte son monogramme.





Très capricieuse, la tsarine Elisabeth exigeait souvent de reconstruire ce qui venait d'être fini... Le palais fut entièrement défait six fois et reconstruit de nouveau. On comprend alors pourquoi, les caisses étant vides il a fallu augmenter l'impôt sur le sel!. Plus tard, Catherine II, devenue impératrice, mena la construction avec diligence. C'est à cette époque, vers 1760 que le palais et le parc prirent leur apparence actuelle et que le domaine pris le nom de Tsarskoïe Selo (village du tsar).



Tous les souverains russes vivaient, travaillaient, organisaient des réceptions, des bals etc dans les superbes salles du palais. Catherine II qui préférait Tsarskoïe Selo aux autres résidences de campagne, y passait l'été mais aussi l'hiver. Nicolas II (le dernier tsar) et sa famille préféraient également la résidence de Tsarskoïe Salo, car ils pouvaient plus facilement, loin de la cour y garder le secret sur la maladie incurable (hémophilie) dont était atteint Alexis, le tsarevitch.



Les souverains de l'Empire se succédaient et différents styles d'architectures naissaient et disparaissaient au gré des modes. Lors de la visite des salles d'apparat vous remarquerez les mélanges de style témoins de leur époque (baroque, classique...). La salle d'ambre, où il est malheureusement interdit de prendre des photos, est certainement la pièce dont la décoration est la plus originale et la plus impressionnante (à ne surtout pas manquer). Du sol au plafond, toute la pièce est tapissée d'une mosaïque d'ambre!




Selon la légende, Pierre le Grand, proposa à Frédéric I de Prusse cinquante cinq grenadiers russes en échange de la salle d'ambre; et cet échange eut lieu. La huitième merveille du monde se trouva ainsi en Russie. Ce salon d'ambre fut monté après la mort de Pierre le Grand, sous le règne de sa fille Elisabeth dans le palais d'hiver (résidence d'hiver des souverains abritant aujourd'hui le musée de l'Ermitage), et transféré plus tard dans la nouvelle résidence d'apparat. Pour ne pas risquer de la démolir, un régiment de soldats tenant dans les bras vingt deux grands panneaux et cent quatre vingt plaques d'ambre les transporta soigneusement de Saint-Pétersbourg à Tsarskoïe Selo!!





La salle d'ambre fut montée par (devinez qui?) Rastrelli. L'éventail de couleurs des mosaïques d'ambre traverse toute la gamme des jaunes, du topaze au citron clair. Effet spectaculaire garanti! Il est malheureusement impossible de prendre cette salle en photo...


Tout comme à Peterhof, Tsarskoïe Selo ne se limite pas à son palais principal, de multiples pavillons, tout aussi beaux constituent le domaine. On y trouvent notamment le pavillon d'Agate et le pavillon de l'Ermitage. Le pavillon d'Agate abritait notamment les bains froids. Catherine II n'aimant pas les bains chauds à la russe, préféra l'aménagement de bains froids pour ses ablutions.



À ne pas manquer également, la visite du lycée impérial où l'enfant chéri du pays, le poète Alexandre Pouchkine fit ses études. Malheureusement lors de mon passage l'institut était en rénovation. L'institut est relié au flanc ouest du palais par une arche. Des jeunes gens nobles, âgés de dix à douze ans, y ont été admis pour obtenir l'instruction supérieure. L'enseignement comprenait deux étapes: durant les trois premières années on y étudiait le programme des classes supérieures de l'école secondaire classique. Les trois années suivantes comprenaient les matières qu'on étudiait à l'université. C'est ici que Pouchkine lut pour la première fois ses poésies! Le lycée était une école internat où chaque élève avait sa chambre à l'étage supérieur. Tout y a été soigneusement gardé depuis l'époque de Pouchkine.

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