mardi 28 octobre 2008

Ne bavarde pas!



"Ne bavarde pas", intime sur une célèbre affiche de 1954 une femme au visage sévère, un doigt sur la bouche, "sois vigilant, de nos jours les murs ont des oreilles. Il n'y a pas loin des bavardages et des commérages à la trahison".


Cette crainte que toute parole imprudente puisse être utilisée par les ennemis de l'URSS renvoie à la tendance de la société soviétique des années trente à voir partout des espions, des saboteurs ou des agents des puissances étrangères. Toute parole qui n'est pas soigneusement pesée est une imprudence, car sérieusement ou non, "Bavarder, c'est aider l'ennemi".


Tiré du livre d'Amandine Regamey, "Prolétaires de tous pays, excusez-moi!", Ed. Buchet Chastel, Paris 2007.

jeudi 23 octobre 2008

La maisonnette de Pierre le Grand



Une halte devant la maisonnette de Pierre le Grand fait partie du circuit touristique si vous demandez à un taxi de vous faire un tour de ville de Saint-Pétersbourg. Située non loin de la forteresse Pierre-et-Paul, "Domik Petra Piervovo" fut la première habitation digne de ce nom sur le territoire de la future ville en construction. Afin de surveiller les travaux de la forteresse, qui fut le pemier grand ouvrage de la ville, le tsar avait installé ses quartiers dans une très modeste cabane en bois.


Voilà tout le paradoxe de cet homme. Il est motivé par des projets grandioses et ambitieux mais en même temps il est capable d'une très grande simplicité naturelle. Il était d'ailleurs un homme aux intérêts très variés, et était très doué pour les métiers manuels (menuiserie etc...), c'est d'ailleurs lui qui a construit le petit voilier derrière la maison. Bref, cette maison fut la première habitation de la ville, construite dit-on en trois jours. Par la suite elle a été conservée à l'abri d'un bâtiment en briques rouges.

samedi 18 octobre 2008

Sotheby's: la plus grande exposition avant-vente jamais tenue en Russie!


"Portrait d'un indien américain" (1976) d'Andy Warhol. Propriété d'un collectionneur privé. Estimation $1,500,000-$2,000.000

Sur les conseils d'une amie, je pars voir l'exposition avant vente de Sotheby's qui a lieu en ce moment à Moscou. C'est la première fois qu'un événement d'une telle ampleur à lieu en Russie, et je me dis que ça vaut le coup de se rincer un oeil, et de voir certaines oeuvres classiques et contemporaines estimées, pour certaines, entre 40 et 50 millions de dollars. Bien évidemment l'estimation n'est un prix de départ!

"Still Life #58, 1969-1972, de Tom Wesselmann. Estimation $3,500,000-$4,500,000

Ça tombe bien car aujourd'hui le temps couvert ne donne pas envie de passer des heures dehors. J'arrive au 10 Gogolevski Boulvar, dans une des annexes du Musée d'art moderne de Moscou. Les gens entrent et sortent, je me dis que cette exposition de trois jours attire les foules. Je présente mon passeport à l'entrée, et hop je me retrouve dans les salles d'expo. Entre vous et moi je n'y connais pas vraiment grand chose dans le marché de l'art, mais j'ai quand même de la peine à comprendre pourquoi certains tableaux contemporains se vendent à de tels prix. Certes, les connaisseurs diront que c'est de l'art abstrait, et quand partant de là il suffit d'imaginer, d'interpréter comme on l'entend etc.... Et attention évitez parfois de dire que vous n'aimez pas, car on vous dira que vous n'avez rien compris. Je pense que certains artistes se sont bien éclatés devant leur toile et qu'ils sont aujourd'hui ravis de les voir partir à des prix exorbitants (je serai aussi contente qu'eux). Je pense tout de même que nos Monet, Manet, Degas et autres doivent se retourner dans leur tombe...

"Interior with Red Wall", 1991 de Roy Lichtenstein. Propriété d'un collectionneur privé. Estimation: $8,000,000-$10,000,000
Heureusement pour moi, l'exposition Sotheby's qui est une pré-vente des oeuvres sélectionnées, en vue des enchères qui auront lieu à New York et Londres en novembre, est dans l'ensemble plutôt sympa. Et puis pour vous donnez une idée de certaines estimations (c'est le plus intéressant), on peut voir notamment: la "Danseuse au repos" d'Edgar Degas (mis en vente au prix de 40 millions de dollars), le célèbre "Arlequin" de Pablo Picasso (30 millions), le "Portrait d'un homme assis" d'Amadeo Modigliani (18 à 25 millions), ainsi que le "Vampire" d'Edvard Munch (plus de 35 millions). Du doux délire...


"Eva Mudocci (after Munch), 1984, d'Andy Warhol. Propriété d'une collection privée européenne. Estimation: $1,500,000-$2,000,000

Que ce type d'exposition ait lieu à Moscou n'a rien d'étrange, puisque le pouvoir d'achat de certains moscovites en ferait pâlir plus d'un. La vente de toiles et d'objets de grande valeur a pris un essor particulier en Russie ces dernières années et ne cesse d'augmenter. Et puis il y a aussi les artistes russes qui vendent de plus en plus chez eux mais surtout à l'étranger. Pour vous donnez une idée, En 2005, l'art russe figurait en sixième position du classement des ventes de Sotheby's, après les impressionnistes, l'art moderne, les anciens maîtres, l'orfèvrerie et l'art chinois, contre la 26e position en 2003 et la 12e en 2004.

Toutes les photos ont été prises à l'exposition

mardi 14 octobre 2008

La cathédrale de Smolny



Rastrelli (et oui! toujours le même), le plus russe de tous les architectes italiens, qui mit tout son talent au service de la tsarine Elisabeth, commença la construction du couvent Smolny en 1748, mais il ne termina pas son oeuvre. L'impératrice désirait cette demeure pour y terminer sa vie mais elle mourut trop jeune, à l'âge de 52 ans. Cette intention orienta alors les idées de l'architecte vers la réalisation d'un palais religieux. Cependant le projet initial et grandiose baroque de Rastrelli n'a jamais vu le jour. En effet, bien qu'Elisabeth I soit une ardente adepte du baroque, ce ne fut pas le cas de Catherine II qui y préférait le classicisme. Elle congédia alors Rastrelli et le fit achever par Stasov.


Catherine II, malgré son aversion pour le baroque, installa à Smolny un institut d'éducation pour jeunes filles de la noblesse. Cette école allait environ cent cinquante ans plus tard connaître un destin moins douillet.



Le 4 août 1917, le bâtiment déserté par les demoiselles en vacances fut envahi par une troupe d'hommes: le Soviet des députés ouvriers et soldats de Petrograd s'installait chez les pensionnaires. En quelques jours, l'Institut devint le coeur de la Révolution, le centre où aboutissaient les ordres du jour de Lénine. C'est de là que partaient les détachements armés vers le palais d'Hiver, où le gouvernement provisoire vivait ses dernières heures...

dimanche 12 octobre 2008

Kremlin Cup 2008 - Finale

Finale homme Marat Safin (RUS) et Igor Kunitsin (RUS)




Igor Kunitsin

Marat Safin



Igor Kunitsin remporte le match


Intermède musical

Elena Jankovic (SRB) et Vera Zvonareva (RUS)

Elena Jankovic (SRB) et Vera Zvonareva (RUS)

La mère d'Elena Jankovic, son entraineur (casquette bleue) et son père

Elena Jankovic (numéro 1 mondiale) remporte la finale simple dame de la Kremlin Cup 2008



Beauté des mains!

"PALCHIKI"

Au détour d'une rue, par le plus grand des hasards, je suis tombée sur une vitrine très "juicy" qui me rappelait un peu les dégradés de couleurs à la Paul Smith. J'y suis entrée et c'est un salon de beauté qui ne fait que les manucures et pedicures. Je n'ai pas encore testé mais les prix sont très corrects...reste à voir si le travail est bien fait! suite au prochain numéro. Il y a plusieurs adresses à Moscou mais le site internet n'est qu'en russe.
м. Тверская Б.Палашевский пер., д. 14/7. Тел.: (495) 699-35-93 .Часы работы: с 0800 до 2400
Métro: Tverskaïa. Bol, Palachevskii oul. 14/7, Tél: (495) 699-35-93. Ouvert tous les jours de 8h à 24h.

samedi 11 octobre 2008

Kremlin Cup 2008 - les demi finales


Fabrice Santoro (FRA)

Elena Jankovic (SRB)

Dinara Safina (RUS)

vendredi 10 octobre 2008

Sotheby's: la plus grande exposition avant-vente jamais tenue en Russie

La maison Sotheby's organisera du 16 au 19 octobre à Moscou la plus grande présentation en Russie d'oeuvres d'art sélectionnées pour les ventes aux enchères qui auront lieu cet automne à Londres et à New York. L'exposition est ouverte au public. 10, Gogolevski Boul.
Ria Novosti du 7 octobre

mercredi 8 octobre 2008

Kremlin Cup 2008



Mardi 7 octobre - rencontre Marat Safin (RUS) et Noam Okun (ISR)


Noam Okun

Marat Safin



Mardi 7 octobre - rencontre Nicolas Davidenko (RUS) et Florent Serra (FRA)

Nicolas Davidenko

Florent Serra

Mardi 7 octobre - rencontre Venus William (USA) et Flavia Pennetta (ITA)
Flavia Pennetta

Venus Williams



Yuri Schukin (KAZ) au lendemain de son match perdu contre Fabrice Santoro (FRA)

mardi 7 octobre 2008

Week-end automnal


L'arrivée de l'automne est synonyme pour les moscovites d'une prochaine période qui n'est pas des plus agréables. Je ne pense pas à un grand froid sec continental, comme cela devrait être le cas; avec beaucoup de neige et un beau ciel bleu, comme il était coutume d'en avoir il y a encore quelques années. Les hivers moscovites ont bien changés ces derniers temps. C'est une période de l'année qui s'est adoucie, la neige arrive tardivement, et elle ne tient vraiment qu'à partir du mois de janvier. Ces deux dernières années, il n'y avait pas un flocon de neige dans les rues de Moscou avant le 10 janvier; et puis quand elle arrive enfin, les températures sont trop douces. La neige ne tient que quelques jours puis se transforme d'abord en une gadoue brunâtre puis en une eau tout aussi sale, qui s'agglutinent dans les innombrables trous qui ornent les chaussées et les trottoirs. Le temps est couvert et une épaisse couche nuageuse nous tombe sur la tête et ne semble plus vouloir laisser place au ciel. L'hiver semble alors terriblement long et dur pour les expatriés et les moscovites! Certains choisiront alors l'option luminothérapie, ce n'est pas vraiment mon truc, je suis plutôt du genre à illuminer mon appartement de dizaines de bougies; ça à le mérite, d'éclairer, de réchauffer et de créer une atmosphère festive qui met du baume au coeur...



Lorsqu'on a pas de chance, ce temps peut durer jusqu'au mois de mai. On a d'ailleurs coutume de dire ici que le printemps n'arrive que le 1er mai. Une paire de bottes ne dure alors que deux mois, la neige et la glace se transforment vite en une espèce de gadoue mouillée, et les voitures qui roulent sur des routes qui ne sont pas toujours aussi plates que les nôtres nous éclaboussent sans vergogne. Les chaussées défoncées sont notre pire ennemi jusqu'au printemps. Il m'est bien arrivé deux ou trois fois d'arriver au théâtre à moitié trempée parce que je n'avais pas pris garde de longer les murs des immeubles! On ne m'y reprendra pas...



Sinon dans un registre un peu plus atypique, c'est à Moscou, où les filles sont connues pour rester élégantes et féminines malgré les épreuves du temps que j'ai remarqué quelque chose de rigolo. Enfin disons que j'étais très moqueuse lorsque je voyais ses filles aux jambes qui n'en finissaient plus se balader sur la glace avec des talons aiguilles. C'est une image que les étrangers (ères) ont du mal à comprendre. Je me disais à quoi bon se dandiner avec des talons de 10 cm, voir plus, dans la neige et sur la glace alors qu'on pourrait opter pour une tenue plus confortable et tout aussi élégante. Et bien j'ai testé, résultat, le talon fait crampon et dans bien des cas on peut éviter certaines glissades! par contre parcourir des kilomètres par jour, comme je le fais, à 15 cm du sol c'est au dessus de mes forces et même avec la meilleure volonté du monde je ne veux pas sacrifier mon dos. J'ai donc opté pour la méthode new-yorkaise: chaussures tout confort et mes escarpins dans un sac à main. J'avoue que la féminité slave fait ces preuves sur le terrain!


Des bruits courts murmurant que cet hiver sera rigoureux. Et bien, si c'est le cas je ne peux que m'en réjouir. Je ne rêve que d'une chose: voir le soleil cet hiver! En attendant, l'automne tente de vouloir se frayer un dernier chemin entre un mois de septembre désespérément pluvieux (ça fait 120 ans qu'il n'a pas autant plus en Russie!) et un mois de novembre qui est moche partout. Nous voici dans une période charnière où les feuilles jaunes et dorées semblent nous donner un dernier éclat avant l'hiver.

Le week-end dernier il faisait entre 17 et 23 degrés, autant vous dire que j'ai passé un moment très agréable. Nous avons sauté dans la voiture direction l'ouest, à environ 40 kilomètres de Moscou, et j'y ai respiré l'odeur de la montagne, un mélange de résine et de feuilles. Ce qui est génial à Moscou, c'est que lorsqu'on quitte la ville, nous arrivons très vite dans une énorme forêt de sapins et de bouleaux, ce qu'on appelle la taïga. Les arbres sont partout, et même les routes qui s'y enfoncent semblent ne plus pouvoir en sortir. C'est un endroit magique, que je ne cesse d'imaginer à une époque où il n'y avait pas de voitures, et que seuls des traineaux et des troïkas s'y aventuraient...
La nature respire tout autour de vous, les odeurs ont une teinte humide et vit ses derniers instants avant que les températures ne baissent. Les lacs ne sont pas encore gelés, alors on fait une dernière sortie sur l'eau. Il n'y a plus un bruit dans ce pays immense.