mardi 7 octobre 2008

Week-end automnal


L'arrivée de l'automne est synonyme pour les moscovites d'une prochaine période qui n'est pas des plus agréables. Je ne pense pas à un grand froid sec continental, comme cela devrait être le cas; avec beaucoup de neige et un beau ciel bleu, comme il était coutume d'en avoir il y a encore quelques années. Les hivers moscovites ont bien changés ces derniers temps. C'est une période de l'année qui s'est adoucie, la neige arrive tardivement, et elle ne tient vraiment qu'à partir du mois de janvier. Ces deux dernières années, il n'y avait pas un flocon de neige dans les rues de Moscou avant le 10 janvier; et puis quand elle arrive enfin, les températures sont trop douces. La neige ne tient que quelques jours puis se transforme d'abord en une gadoue brunâtre puis en une eau tout aussi sale, qui s'agglutinent dans les innombrables trous qui ornent les chaussées et les trottoirs. Le temps est couvert et une épaisse couche nuageuse nous tombe sur la tête et ne semble plus vouloir laisser place au ciel. L'hiver semble alors terriblement long et dur pour les expatriés et les moscovites! Certains choisiront alors l'option luminothérapie, ce n'est pas vraiment mon truc, je suis plutôt du genre à illuminer mon appartement de dizaines de bougies; ça à le mérite, d'éclairer, de réchauffer et de créer une atmosphère festive qui met du baume au coeur...



Lorsqu'on a pas de chance, ce temps peut durer jusqu'au mois de mai. On a d'ailleurs coutume de dire ici que le printemps n'arrive que le 1er mai. Une paire de bottes ne dure alors que deux mois, la neige et la glace se transforment vite en une espèce de gadoue mouillée, et les voitures qui roulent sur des routes qui ne sont pas toujours aussi plates que les nôtres nous éclaboussent sans vergogne. Les chaussées défoncées sont notre pire ennemi jusqu'au printemps. Il m'est bien arrivé deux ou trois fois d'arriver au théâtre à moitié trempée parce que je n'avais pas pris garde de longer les murs des immeubles! On ne m'y reprendra pas...



Sinon dans un registre un peu plus atypique, c'est à Moscou, où les filles sont connues pour rester élégantes et féminines malgré les épreuves du temps que j'ai remarqué quelque chose de rigolo. Enfin disons que j'étais très moqueuse lorsque je voyais ses filles aux jambes qui n'en finissaient plus se balader sur la glace avec des talons aiguilles. C'est une image que les étrangers (ères) ont du mal à comprendre. Je me disais à quoi bon se dandiner avec des talons de 10 cm, voir plus, dans la neige et sur la glace alors qu'on pourrait opter pour une tenue plus confortable et tout aussi élégante. Et bien j'ai testé, résultat, le talon fait crampon et dans bien des cas on peut éviter certaines glissades! par contre parcourir des kilomètres par jour, comme je le fais, à 15 cm du sol c'est au dessus de mes forces et même avec la meilleure volonté du monde je ne veux pas sacrifier mon dos. J'ai donc opté pour la méthode new-yorkaise: chaussures tout confort et mes escarpins dans un sac à main. J'avoue que la féminité slave fait ces preuves sur le terrain!


Des bruits courts murmurant que cet hiver sera rigoureux. Et bien, si c'est le cas je ne peux que m'en réjouir. Je ne rêve que d'une chose: voir le soleil cet hiver! En attendant, l'automne tente de vouloir se frayer un dernier chemin entre un mois de septembre désespérément pluvieux (ça fait 120 ans qu'il n'a pas autant plus en Russie!) et un mois de novembre qui est moche partout. Nous voici dans une période charnière où les feuilles jaunes et dorées semblent nous donner un dernier éclat avant l'hiver.

Le week-end dernier il faisait entre 17 et 23 degrés, autant vous dire que j'ai passé un moment très agréable. Nous avons sauté dans la voiture direction l'ouest, à environ 40 kilomètres de Moscou, et j'y ai respiré l'odeur de la montagne, un mélange de résine et de feuilles. Ce qui est génial à Moscou, c'est que lorsqu'on quitte la ville, nous arrivons très vite dans une énorme forêt de sapins et de bouleaux, ce qu'on appelle la taïga. Les arbres sont partout, et même les routes qui s'y enfoncent semblent ne plus pouvoir en sortir. C'est un endroit magique, que je ne cesse d'imaginer à une époque où il n'y avait pas de voitures, et que seuls des traineaux et des troïkas s'y aventuraient...
La nature respire tout autour de vous, les odeurs ont une teinte humide et vit ses derniers instants avant que les températures ne baissent. Les lacs ne sont pas encore gelés, alors on fait une dernière sortie sur l'eau. Il n'y a plus un bruit dans ce pays immense.













2 commentaires:

Joseph a dit…

très belles photos!

C'est vrai que des jours pluvieux comme aujourd'hui sont durs physiquement (et pour le moral aussi). Il faut traverser des torrents d'eau et des formations lacustres soudainement apparues, éviter les projections et les gouttières qui font des cascades... pour peu que l'on ai plusieurs endroits à aller voir on est forcément trempé.

A cela il faut ajouter que plus de monde encore prend la voiture pour éviter de trop se mouiller ce qui aggrave encore les embouteillages.

Vérone a dit…

Merci pour les photos !
C'est Superbe !
Au plaisir
Vérone